‹ Le Mirliton (volume 3)Chapitre 70 sur 243 · MORALITÉ · texte numérisé non relu

MORALITÉ

1 n sot trouve toujours un puceau qui l'admire.

Dans son Courrier du Salon ,/r LA JEUNE LARDE. .. oire collaborateur G . Courteline consacre ■[•prédations suivantes à nos amis W11- 1 1 1 il, Franck et Joseph Bail.

l'arrivé à la Veuve de Pierrot, de M. Willette.

C'est la une page toute charmante, pleine de ■ licate et de la mélam olique fantaisie

qui sont les dominantes du talent de cet artiste si éminemment original, de ce rieur étrange dont le rire fait songer à la grimace inquiétante des masques de comédie antique. On y retrouve la main, à la fois câline et puissante, qui a empoigné à la bouche le sinistre cheval de la mort, et l'a guidé, les sabots dans le sang, parmi le pêle-mêle du massacre; qui a élevé le suprême baiser de l'amie jusqu'aux lèvres agonisantes du mauvais larron et suspendu par les queues de leurs chemises, aux ailes du Moulin de la Galette, les petites amoureuses de Montmartre.

La Veuve de Pierrot peut-être comptée au nombre des meilleures inspirations de Willette.

Les frères Franck et Joseph Bail, que j'avais déjà remarqués aux expositions précédentes, affirment définitivement cette année l'essor de leurs talents jeunes et vigoureux, l'un avec un grand portrait d'homme qui se présente comme l'un des meilleurs du Salon, l'autre avec deuxnatures mortes qui le classent au premier rang parmi les coloristes modernes.

La toile de M. Franck Bail, que je signale de la façon la plus particulière à l'attention des curieux isalle 16, n" 89J, dénote chez son auteur la plus rare conscience, l'amour le plus entier et le mieux entendu delà nature et de l'art. Point de trucs, aucune de ces ficelles adroites si chères au cœur des petits collégiens en veine de tendances artistiques et derrière lesquelles se dissimulent si mal les infériorités trop conscientes d'elles-mêmes; mais un œil suprêmement juste, une exécution à la fois sobre et large, une simplicité vigoureuse, autrement plus intéressante que tous ces tire-l'oeil à effet dont l'escamotage fait le fond.

M. Franck Bail est un artiste, dans l'acception la plus élevée du mot, et dont le nom s'imposera avant qu'il soit Ion-temps, comme s'impose dès aujourd'hui sa haute valeur artistique.

Avec tout cela, l'enchaînement des idées. m'a entraîné un peu bien loin des natures mortes de M. Joseph Bail, auxquelles je faisais allusion dans le début de cette Revue, et dont les belles qualités appellent autre chose qu'une simple mention.

Dans le genre qu'il a adopté, M. f oseph Bail apporte un tempérament peu commun et une incontestable originalité. L'exécution suporbe des épaisses cuivreries qui forment le fond de son tableau capital — auquel je ne saurais mieux faire, du reste, que de renvoyer le lecteur isalle [6, n- 0.0), — suffisent à trahir chez lui l'éclosion d'autant plus prochaine d'un maître. que l'artiste, d'année en année, affirme son S sur lui-même.

LE MiaLIIDN

VIEILLES CHANSONS

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