COMPÈRE GUILLERI
Il était un p'tit homme Qui s'app'lait Guilleri,
Carabi; Il s'en fut à la chasse, A la chasse aux perdrix, Carabi, Toto Carabo, Marchand d'carabas, Compère Guilleri, Te lairas-tu (fer) mouri ?
Il s'en fut à la chasse, A la chasse aux perdrix,
Carabi; Il monta sur un arbre Pour voir ses chiens couri , Carabi, Toto Carabo, Marchand d'carabas, Compère Guilleri, Te lairas-tu (ter) mouri?
Il monta sur un arbre Pour voir ses chiens couri,
Carabi; La branche vint à rompre, Et Guilleri tombi, Carabi, Toto Carabo, Marchand d'carabas, Compère Guilleri, Te lairas-tu (ter) mouri ?
La branche vint à rompre Et Guilleri tombi,
Carabi; Il se cassa la jambe, Et le bras se démit, Carabi, Toto Carabo, Marchand d'carabas Compère Guilleri Te lairas-tu (ter) mouri?
Il se cassa la jambe, Et le bras se démit,
Carabi ; Les dam's de l'hôpital, Sont arrivées au bruit, Carabi, Toto Carabo, Marcnand d'carabas, Compère Guilleri, Te lairas-tu (ter) mouri ?
Les dam's de l'hôpital, Sont arrivées au bruit,
Carabi \ L'une apporte un emplâtre, L'autre de la charpi', Carabi, Toto Carabo, Marchand d'carabas, Compère Guilleri, Te lairas-tu (ter) mouri?
L'une apporte un emplâtre, L'autre de la charpi',
Carabi ; On lui banda la jambe, Et le bras lui remit, Carabi, Toto Carabo, Marchand d'carabas, Compère Guilleri, Te lairas-tu (ter) mouri ?
On lui banda la jambe.
Et le bras lui remit,
Carabi; Pour remercier ces dames, Guill'ri les embrassit, Carabi, Toto Carabo, Marchand d'carabas, Compère Guilleri, Te lairas-tu (ter) mouri?
Pour remercier ces dames Guill'ri les embrassit,
Carabi ; Ça prouv' que par les femmes L'homme est toujours guéri, Carabi, Toto Carabo, Marchand d'carabas, Compère Guilleri, Te lairas-tu (ter) mouri?
Le Gérant, Aristide BRUANT.
Imp. PAIRAULT et Cie, 3, passage Nollet, Paris
Mais tandis que Bras-de-Fer, après avoir lampe un verre de vin, rajustait sa ceinture rouge, un mouvement se fit dans la foule.
Nicolas-le-Boucher venait d'apparaître.
C'était un grand garçon de vingt-cinq ans, trapu, admirablement bâti, à la moustache fine et brune, à l'oeil noir, aux dents blanches. Sous son petit chapeau mascotte frisait une chevelure pommadée, épaisse et très soyeuse. Vêtu d'un complet de velours marron, il marchait en se dandinant, les mains dans les poches de son pantalon à pieds d'éléphant.
Son entrée fit sensation.
Très fier de l'émotion qu'il avait provoquée, il s'approcha de l'hercule qui lui tendit la main.
— Bonjour, Nicolas!
— Bonjour, Borgne!
— Comment les affaires?
— Va pas! J'suis débauché. Y a huit jours que j'en fous pas le coup, rapport à des raisons que j'ai eues avec Marseille. Y a pus rien à frire dans la partie ; j'en veux
dans toute la Maube, pour son audace et ses condamnations. Un vrai artiste, celuilà, et qui connaissait le « travail ». N'y avait que lui pour dégringoler un gonze agréablement et dans les formes. Pas un barbizet qu'aurait osé pousser un coup de vague un peu sérieux sans consulter Napoléon, toujours visible pour les amis, le soir de huit à dix, devant Cluny où il exerçait la lucrative profession de marchand de buffetons. C'est pas à lui que les rousses pouvaient en conter!
De là le sobriquet.
— Y aurait-il du pet dans la cambuse?
demanda Napoléon en posant sa main sur l'épaule du lutteur.
— Non! pas encore. Viens un peu que j'te dévide l'affaire!
Respectueusement, la foule s'écarta et les copains allèrent s'asseoir tout au fond du « Sénat », à coté de deux birbes qui sorgaient à la paire.
— Aboule un litro ! commanda Pacha au garçon.
Pus! — Voyons! de quoi qu'il sagit? demanda
— Alors, qu'est-ce que tu veux faire et Napoléon qui mit les coudes sur la table, comment qu'y faut t'appeler? demanda le tandis que, au milieu d'un cercle qui s'était grand Napoléon qui s'était approché. refermé, Bras-de-Fer continuait ses exer-
— Pacha, pour les dames! Donis, pour cices.
les hommes! — J'suis venu commença Pacha, d'abord
— Donis? Pourquoi Donis? pour te voir et puis pour attendre
— Paraît que c'était un barbe bien foutu quelqu'un. J'ai rendez-vous, rie l'ancien temps, je me suis laissé dire — Avec ton lard?
ça par un type chic qui fait des vers, un — Jamais de la vie.
ami à moi! ^ Alors, qui que t'attends?
— Pacha ça qu'est un nom bath pour — Une copaille.
un barbe! fit une femme très saoule qui Napoléon eut un haut-le-corps.
essaya de glisser subrepticement son bras — Chic la copaille?
sous celui de Nicolas. Très'chic! Trop chic! répliqua Pacha
— Bas les pattes, Mathurine! fit le gars amèrement, dédaigneusement, quand j'veux des gerces, Comprends pjs.
mTes faut plus chouettes! Tu vas voir. Ce type-là, qu'est à la
— Dis donc, reprit Bras-de-Fer, tu vas cloche, m'a fait poser. Ça n'peut pas durer nous fane quelques tours. comme ça. Faut qu'il me le paye, mais tu
— Ma foi, non. dit Pacha, qui affectait sais> moi, je n'y entends rien pour monter des airs penchés, j'dois être rouillé, d'puis Un nib; alors j'suis venu te trouver, toi, le temps! ^ qui es à la coule! 11 va arriver tout à l'heure.
Il se baissa néanmoins, prit de chaque quj qu'y faut faire? main un poids de vingt kilogs et commença Tout dépend de la gravité du lapin, ré-
à jongler en les faisant successivement pliqua sentencieusement Napoléon. C'estsauter d'une main dans l'autre sans fatigue y affaire de cœur ou question d'intérêt? apparente. . , . , ~ ,., ,
On battit un triple ban. <* 5ulvre)' 0scAR Meténier.
— Quand j'vous disais que j'étais rouillé!
fit Pacha en laissant négligemment retom- QUR p0RTER UXE COURONNE
ber les deux poids a terre, de toute sa
hauteur. A LA ™MBE
Et en homme mécontent de lui-même, d'ANDRE GILL
insensible aux marques d'admiration, il £e 2 Novembre 1892
sortit de sa poche son mouchoir et s'essuya les doigt, délicatement. Reste de la souscription de l'année
— J'veux pas t'empêcher de turbiner, . ^ernière k »
vieuxzig!ajouta-t-ilens'adressantàBras- Aristide Bruant 5 »
de-Fer. Continue, j'vas dire deux mots à Albert Gonvibe." .' " .' .'...'. » 50 Napoléon. Cliazurenc, servent au '6m' zouaves. . » 50
Le grand Napoléon étaitun b^rbe fameux N'importe qui? 1 »
VIEILLES CHANSONS