‹ Le MirlitonChapitre 4 sur 47 · LA FILLE AUX DRAGONS · texte numérisé non relu

LA FILLE AUX DRAGONS

Petit soldat de guerre A la guer' tu t'en vas A la guer' tu t'en vas,

La la h A la guer' tu t'en vas.

Hélas ! hélas ! ma fille, Tu perdras ton honneur, Le dragon est trompeur

Séducteur Le dragon est trompeur.

Hirondelle jolie,

Tu chantes tes amours';

J'ai perdu mes amours

Pour toujours J'ai perdu mes amours.

La pauvrette est partie Son paquet sous le bras.

Sa mère tant pleura

Trépassa Sa mère en trépassa.

Ne pleure pas, la belle, Viens voir en garnison; Nous te régalerons,

Bons dragons Nous te régalerons.

Les dragons, ils l'ont prise Du soir jusqu'au matin ; L'ont fait gagner son pain

Sans chagrin L'ont fait gagner son pain.

Adieu, adieu, ma mère Et mon frère de lait; Je m'en vais m'en aller

Au quartier, Je m'en vais m'en aller.

Les soldats l'ont laissée En travers du chemin, Sans chemise et sans pain

C'est sa fin Sans chemise et sans pain.

Et vous, jolies fillettes Qu'entendez ma chanson N'suivez pas les dragons

C'est fripon N'suivez pas les dragons.

LE CABARET DU MIRLITON

EST SITUÉ PRÈS DE

L'ELYSÉE MONTMARTRE

Le plus chouette bal de Paris

EN VENTE

AUX BUREAUX DU JOURNAL Les six premières années du " MIRLITON 1 volume broché 15 , ,

Envoi franco, contre mandat poste, à l'adresse de M. ARISTIDE BRUANT, 8i, Boulevard Rochechouart, Paris.

Imp. Patjuult 4 <?•, 3, Pas»age Nollet.— Paris

Robert promit tout ce qu'elle voulut; il était dix heures du matin quand il se réveilla.

Il regarda autour de lui, surpris, ne se

rendait à son travail, la blouse blanche roulée sous le bras et qui leva machinalement, en passant, les yeux vers sa fenêtre. Il se recula instinctivement de peur d'être

rendant pas bien compte comment il était aperçu. Un mouvement de regret lui vint

là, couché, contemplant avec curiosité le bahut en vieux chêne sur lequel venait se jouer un rayon de soleil. Il se rappela, et ses yeux se portèrent sur Mélanie.

Elle dormait, ses cheveux éparpillés sur l'oreiller, sa bouche entr'ouverte, ses bras

de s'être laissé si vite enjôler par cette plâtrée qui s'avachissait là, comme une bête vautrée, mais sa nature paresseuse reprit le dessus :

- Bah ! pensa-t-il,ça durera, ce que ça durera, quand j'en aurai assez, je partirai,

étendus au-dessus de sa tête. Elle était là en attendant, j'aurai toujours du bon

en pleine nature, sans fard, sans apprêts. Elle lui parut laide. Les pattes d'oies se dessinaient fortement accentuées sur les tempes, ses deux rouflaquettes trempées de sueur pendaient piteusement le long de ses joues flasques, un petit filet de bave coulait de sa bouche et venait se perdre sur le coin de l'oreiller.

temps, et je ne m'éreinterai pas à travailler, je vais la réveiller, j'ai faim. Il la secoua doucement.

— Ah ! c'est toi, dit-elle, que veux-tu?

— J'ai faim, dit-il.

Elle le regarda de ses yeux alourdis.

— Mange, répondit-elle, il y a les restes de cfiner dans le buffet, mais laisse-moi

Il la regarda longuement, se demandant tranquille, j'ai encore envie de dormir. Et

si c'était réellement lui qui avait sacrifié elle se remit à ronfler, sa liberté ei sa jeunesse pour ranimer les Charles Duval.

sens engourdis de cette femme de trentecinq ans. Il était pour se lever, et quitter, POUR PORTER UNE COURONNE il avait honte. Le mouvement qu'il fit pour v LA tombe descendre du lit, la réveilla. d' ANDRÉ GILL

— Robert, murmura-t-elle !...

Elle entr'ouvrit la bouche comme pour Le 3 Novembre 1891

mendier un baiser, mais le sommeil l'era- Reste de la souscription de l'année

lifirnicro • 41 ')••

porta sur sa volonté. Elle se retourna en Aristide Bruant. ■ •■• •

laissant échapper un grognement sourd, Galoche °"

. . , 11 n •* Edouardos de Barros Lobo .... 1 »

et se pelotonnant vers la ruelle, elle se mit jamet architecte 50

à ronfler, étendue sur le dos, avachie de F. de la Bigne - *

e .. . j , • • Majeur de Poligny n

fatigue et de plaisirs. «• J OJ .... 1 »

Quand il la vit, retombée dans un som- Trébad de Beauvais J ■

■ i t -j -i i .l i \d. Puissant 1 »

meil lourd, il se leva, passa son pantalon, n'Heillv .... 2 b

roula une cigarette, et se mit à fumer en Eug. Baillet ~ n

regardant a travers les carreaux, le mouve- {,, Riôn ' B •"'ll

ment qui se faisait sur le quai de la Tour- Alfred B 50

nelie Henri Watripon I »

neiie- Alfred ' ■•"

De lourds camions du chemin de fer N'importe qui ? * ■

d'Orléans passaient rapidement revenant Museau ' ' ' '. -2 50

des halles, et chargés d'une pyramide de Badran - .."

paniers, a droite le petit toit carré de la ^«^ t ' ....-'»

Morgue apparaissait à travers les arbres de Patara et Gnars 1 "

l'archevêché, en face de lui, la vieille ca- |lûte (Madame) . . . • • • • 2 »

thédrale se profilait dans sa structure car- Saint-Clair

rée et grandiose. Legay Marcel . • •

° Gagougnolle .... - »

11 reconnut un de ses camarades qui se Charles l M

VIEILLES CHANSONS

Page 1