‹ Le miroir aux alouettesChapitre 7 sur 11 · SIGNÉ LEPEINTRE JEUNE · texte numérisé non relu

SIGNÉ LEPEINTRE JEUNE

CLICHt EN 1850.

On m’a cité, parmi les incarcérateurs, une maison de banque du 2e arrondissement, qui, après avoir, pendant plusieurs années, renouvelé une somme de 24,000 fr. à raison de 3,000 fr. d’intérêt par chaque trimestre , a fini par loger à Glichy son noble débiteur.

Une autre maison, — très-connue pour ses sentiments royalistes, — retient en ce moment sous les verrous un jeune écrivain dont les services rendus à la cause réactionnaire se trouvent ainsi récompensés. On peut ajouter pour compléter l’anecdote que ce détenu ne doit le malheur de sa situation qu’à l’insuccès d’une entreprise littéraire et politique, conçue et exécutée dans les vues des] banquiers ses incarcérateurs. Les légitimistes se mangent donc ?

11 faut dire au reste que la plupart des détenus de Clichy n’y seraient pas entrés, s’ils connaissaient la loi. Vendredi dernier, sur quatre procès portés au tribunal civil pour nullité d’incarcération, quatre ordonnances de mise en liberté immédiate étaient rendues. C’est aussi Thistoire de celui qui écrit ces lignes, et presque tous les procès intentés par Clichy sont gagnés.

Un négociant, à la veille d’une échéance, envoie un ami toucher pour lui une somme importante destinée aux paiements du lendemain.

L’ami ne revient pas : il vole la somme.

Le négociant est protesté.

Surviennent, des deux parts, les robes noires — au civil et au criminel.

Or,

— Comme, d’une part, un jury trouve toujours bien un petit moyen de faire lever le lièvre de la circonstance atténuante ,

— Attendu, d’autre part, que le juge qui applique la contrainte par corps n’a pas ce privilège,

Il pourra arMver ceci :

— L’ami voleur sera condamné à six mois de prison pour vol ;

— Et le négociant, insolvable par le fait dudit vol dudit ami, fera ses trois années de prison — pour dette.

Il est juste de dire qu’avant la loi de 1848, au lieu du maximum de trois ans, notre négociant pouvait trèsbien en faire cinq.

A propos de cette loi de 1848, ce qui suit a été écrit par un des hommes, que je sache, qui ont le plus d’honnêteté en même temps que de logique, d’esprit, de bon sens, d’équité, — un des hommes que j’estime et que j’aime le plus : Alphonse Karr.

(( La loi française ne pourrait-elle permettre au débiteur français ce que la loi turque permet, dit-on, au débiteur turc : a savoir, de ne livrer à son créancier qu’une partie de son corps, c’est-à-dire de lui laisser couper seulement une once ou deux de sa chair, s’il ne paie pas une somme due à l’échéance fixée? La loi turque est beaucoup moins barbare que la loi française : elle ne prive pas l’homme de sa liberté, elle ne l’enlève pas a ux besoins de sa famille condamnée à mourir de faim. — Espérons que cet amendement sera adopté.

)> Une des raisons qui ont paru entraîner le vote de la

chambre a été celle-ci : un représentant appelé M. Bonjean est venu dire : La durée moyenne de l’emprisonnement n’excède pas cinquante-cinq jours. — Vraiment ! se sont dit plusieurs députés et entre autres M. Chambolle, qui se montre tout convaincu dans le Siècle. Cinquante-cinq jours, ce n’est pas trop, ce n’est guère ; on n’est pas bien malheureux, après tout, de passer cinquante-cinq jours en prison.

» M. Bonjean n’a pas dit comment se partage cette moyenne de cinquante-cinq jours. Quelques-uns sont restés cinquante-cinq jours, c’est vrai; quelques-uns seulement vingt-quatre heures, c’est encore vrai ; — mais aussi beaucoup y sont restés cinq ans, d’autres dix ans (bien des gens ont tué leur père à meilleur marché) ; beaucoup de prisonniers enfin sont morts dans la prison dé misère et de désespoir. »

M’y àVâit-il pas à s’extasier peut-être tin peu plus longuement sur cette éblouissante et homicide bêtise qui a fini par gagner la partie ? Mon âmi le 33 aurait ëu là de quoi parler pour toute une semaine. — 5e sous-gënre. Fous dangereux et incurables : les statisticiens.

Je dois avouer, pour ma part, que je ne sache pas àu monde d’exemple où la folie du chiffre (manie de la statistique) , le procédé chéri des Conservateurs qui parquent l’humanité par A + B et ne décrètent que par zones et catégories, se soit élevée à une aussi étourdissante hauteur. — pends-toi, Charles dupin ! — mais dépêchez-vous, Monsieur, car il faut tirer l’échelle.

J’ai dit que l’entrée de la prison ést interdite aux in-

carcérateurs : on ne leur accorde que la permission du parloir.

Il est arrivé pourtant deux ou trois fois, par mégardes inouïes, que des incarcérateurs peu défiants sont entrés dans la dernière enceinte. La prison en garde encore le souvenir, — et eux aussi sans doute.

Le cri : Au loup ! au loup ! retentit. — Du préau, du jardin, bn répond : Av loup ! En une seconde, tout le monde est débout, tout le monde accourt : c’est une fourmilière dans laquelle on a donné un coup de pied. Gare au loup ! les moutons se vengent : toute la bergeriè est sur lui.

Le moins qu’il puisse arriver au loup dans un cas semblable, c’est — comme une fois — d’être tenu sous le gros robinet de la fontaine pendant une heure.

Un autre loup fut pendu, — et il fallut l’arrivée des baïonnettes du poste de la prison pour le tirer d’affaire.

Vous comprenez et au delà, maintenant, pourquoi les loups n’ont pas le droit d’entrer dans la prison.

Les autres animaux non plus. Chiens, chats,- singes, perruches et perroquets sont proscrits : le ver à soie lui-même n’est que toléré. — Il y a pourtant bien un ou deux simples moineaux en cage ; mais ceux-là n’ont pas demandé la permission au greffe. On les a pris dans le jardin.

Il y a quelques mois, par une exception due au hasard, un détenu parvint à faire pénétrer son écureuil. Ce fut une telle fête pour toute la maison, la petite bête était si douce et elle lia si bien tout de suite commerce

CLIGHY EN 1850.

d’amitié avec tout le monde, qu’il y aurait eu une émeute si l’on eût tenté de nous l’arracher : la direction ferma les yeux et l’écureuil eut droit de cité. Il connaissait avec un instinct surprenant tous les prisonniers et se laissait caresser par eux : avec les visiteurs, il usait d’un peu plus de réserve. Il vivait la journée avec tout le monde ; le soir, il choisissait son propriétaire pour la nuit, tantôt l’un, tantôt l’autre, et donnait sa préférence. La cellule privilégiée faisait des jalouses.

Nous avions tous tant d’affection pour le joli petit animal que son maître, lorsqu’il fut mis en liberté, ne put résister aux instances générales et dut nous le laisser.

Un jour, quelques instants avant la fermeture du jardin, l’écureuil disparut par un des conduits d’eau, et alla se promener dans le mur de ronde. Les soldats l’aperçurent et coururent après lui tant et tant qu’un d’eux l’attrapa. Grand souci dans la Dette ; mais un gardien vint nous donner des nouvelles. — L’écureuil est au poste, par conséquent en sûreté. Le soldat qui a voulu le garder ce soir ne pourra pas se refuser à le rendre demain matin.

Le gardien y retourne donc le lendemain. Le soldat ne veut rien entendre, sinon qu’il garde son prisonnier; et, comme le gardien insiste, — car, enfin, c’était bien un peu, à lui aussi, son écureuil, comme à nous, — le soldat étouffe l’écureuil...

Si nous eussions pu tenir une seconde dans la prison cette brute féroce, on l’eût déchiré avec les ongles : nous ne l’eussions pas rendu vivant, lui, non plus.

Nous adressâmes au commandant du poste une plainte

que les 88 détenus signèrent. L’officier eut assez de cœur pour s’indigner avec nous et comprendre qu’il devait punir sévèrement le bourreau.

Mais cette satisfaction légitime ne rendit pas leur pauvre petit pensionnaire aux détenus de la Dette.

Les relations entre détenus sont généralement familières, mais polies. Cette bienveillance réciproque, cette manière de fraternité, tiennent à ce qu’il n’y a plus lutte dans les intérêts, mais, au contraire, souffrance commune. Quelques-uns, comme dans toutes les agglomérations d’individus, servent bien un peu de point de mire aux plaisanteries, mais ces plaisanteries sont sans insistance ni mauvais goût. — Ce n’est pas qu’il manque, parmi tous ces écoliers turbulents, d’amateurs du vieux genre de la mystification.

Un nouveau vient d’être introduit. Le pauvre diable est dans le préau, seul, penaud, et n’ayant encore osé adresser la parole à personne. — Un — détenu terrible — s’est approché de lui en soulevant sa casquette par manière de salut.

— Monsieur est arrêté d’aujourd’hui?

— Oui, monsieur.

— Monsieur ne connaissait pas encore la maison?

— Hélas! non, monsieur ! — Et le nouveau soupire.

— Mais vous étiez appuyé auprès du directeur ?

— Non, monsieur, pas du tout. Je ne le connais même pas. — Mais pourquoi cette question ?

— Il me semblait... — parce qu’il faut que vous ayez joliment des protections ici, pour avoir la permission

de garder votre chapeau sur la tête. — Alors c’est qu’on

se sera trompé !

Le nouveau a quitté son chapeau.

Je n’ai pas vu l’infirmerie.

J’en ai seulement entendu parler, à propos du budget de la maison ; des fonds sont alloués, m’a-t-on dit, pour lè service et le personnel de cette infirmerie. — Le budget seul la connaît.

Un médecin attaché à la prison vient tous les jours à onze heures ; un coup de cloche annonce son arrivée. Il monte jusqu’à une cellule réservée, et s’il ne trouve pas de malade qui l’attende à la porte, il n’ouvre même pas et s’en va. — Dans un cas d’urgence, on peut risquer de l’envoyer chercher, s’il est chez lui.

Quelques détenus lui font la cour, et il y a un empressement singulier à lui soumettre la plus légère indisposition. Les médicaments les plus coûteux, quand il en ordonne, sont les mieux accueillis.

G’est le créancier qui paie.

La plupart des détenus vivent au provisoire, se contentent du mobilier plus que modeste de la maison et ne s’occupent même pas de se faire apporter un fauteuil, une descente de lit ou des rideaux, — puisqu’ils vont sortir !...

J’ai vu pourtant des cellules très-joliment meublées et décorées. Ces exceptions s’expliquent : un détenu — riche, c’est le premier point — - qui sait avoir affaire' à un incarcérateur résolu à le tenir là jusqu’à paiement et exaspéré, appelle les peintres et les tapissiers. H fait,

— nous disons que son affaire en vaut la peine, — tendre somptueusement son petit nid ; des baguettes dorées pincent le damas ou le velours, le pied foule la mousse épaisse d’un tapis d’Aubusson, Erard envoie son meilleur piano, et Quidant est prié pour un an de leçons, — pour commencer. On s’avise en même temps d’un professeur d’anglais, d’un professeur d’allemand, d’un professeur d’italien — pourquoi pas d’un professeur de Tafar-^ant-. choux ? C’est long à apprendre. On commande même le maître à danser. Tout cela se fait avec une mise en scène habile et graud fracas. — Or, tout ce qui se fait à Clichy se dit et se sait, même au dehors. Ce n’est pas qu’il y ait à Clichy de l’espionnage, mon Dieu ! mais enfin, — ça se sait.

Et alors Pincarcérateur, atterré et stupide devant ces provisions de résignation, s’émeut, s’effraie, — et fait des ouvertures. — Et le tour est joué.

Règle générale : une fois arrêté, tenez-vous coi, et pas un semblant de démarche auprès du créancier ! Si vous faites le mort, il viendra de lui-même vous flairer, et, en vous tournant et retournant, il vous donnera, attendez-la, la belle. La raison en est simple : l’intérêt que vous avez à ne pas rester, si vif qu’il soit, est négatif, en somme ; celui de Pincarcérateur qui paie pour que vous restiez, est essentiellement àffîrmatif et plus pressé.

Un incarcérateur auquel on oppose la force d’inertie peut, sous le bénéfice de ce procédé primitif, revenir à letat natif de simple créancier ; il ne peut être au plus,

CL1GHY EN 1860.

en tous cas, qu’un incarcérateur. Mais l’incarcérateur, auquel on accorde la moindre attention, est un tigre mâtiné de hyène et croisé de serpent à sonnettes.

Il y a des détenus recommandés. On est recommandé quand un second, un troisième créancier, avec titres en règle et ayant sur l’incarcéré barre de prise de corps, apprenant l’arrestation, viennent, moyennant un acte par huissier, qui leur coûte trois francs, bénéficier de cette arrestation. Ils ont dès lors à s’entendre avec le premier incarcérateur pour collaborer au dépôt des périodes et conserver les mêmes droits que lui sur le détenu.

On cite un détenu, — quel homme recommandable ! — qui a subi le feu de quatorze recommandations.

Nous possédons à Glicby, en ce moment, un loueur de voitures, Jérôme D..., surnommé Jérome V Empereur , parce qu’il a été décoré sous Napoléon. Il a respectueusement détaché son ruban de la boutonnière en franchissant la porte de la prison : d’ailleurs très-fin, avec beaucoup de bonhomie, et ancien crâne, et qui ne doit avoir rien perdu, lui, à la bataille. Pendant des années il a tenté toutes les ruses avec les gardes du commerce, mais toutes ses brillantes manœuvres et l’habileté de sa stratégie n’ont pu faire qu’il ne fût pris sans vert un beau matin. Force a bien été de s’exécuter ; nos hommes savaient de reste à quel gaillard ils avaient affaire, et je vous garantis qu’on le tenait de près.

Une fois pris, donc, et bien pris, Jérôme l’Empereur s’est avoué vaincu de bonne grâce, êt a même fait des

CLiCHY EN 1850.

compliments au garde du commerce. Comme M est plein de rondeur et bon vivant, on est bientôt devenu ami, et avant d'entrer dans la prison, Jérôme l’Empereur n’a pas voulu se séparer sitôt de ces braves gens : — il faut déjeuner ensemble, là, chez le marchand de vins du Rendez vous de la Dette , situé en face de la prison, et où se tiennent les quatre ou cinq commissionnaires privilégiés qui, moyennant deux sous, vous font une commission dans l’intérieur ; ne pensez pas qu’ils fassent de mauvaises journées. — Les recors se passaient la langue sur les lèvres, le garde du commerce hésitait, mais Jérôme l’Empereur a si chaleureusement insisté — le dernier déjeuner de sa liberté ! — qu’on a1 accepté. Jérôme avait fait au préalable sa soumission complète, et déclaré qu’il renonçait à toute tentative de retraite.

Jérôme l’Empereur fait grandement les choses. Il envoie commander au Père Lathuille un déjeuner de premier ordre : on dit même qu’on vit figurer à ce festin deux bouteilles de Médoc première, retour de l’Inde de 181 à : prix, quinze francs la bouteille. C’était superbe.

Mais, hélas î les heures s’écoulent : il faut se séparer. Les quatre nouveaux amis en sont navrés. Jérôme l’Empereur est le plus ferme : un souvenir des adieux de Fontainebleau... — Il demande l’addition :

— Cent trente-deux francs î s’écrie-t-il. Ce n’est pas trop cher ! — Eh bien ! mes petits agneaux, reprend-il tout aimable, ça vous fait trente-trois francs chacun ; voici mon écot. — Et à l’écrou, maintenant !

On vous racontera dans la prison vingt anecdotes de ce sac, dont les gardes du commerce font les frais.

CLIGH Y EN 1850.

On vient de me présenter L...., l’un des détenus les plus considérables de la prison, j’entends par son expérience des créanciers, par les grandes luttes qu’il a soutenues et les grands triomphes qu’il a remportés : un coquin émérite.

Cet homme fort étant encore au lit un matin, sa femme , qui regardait dans la rue sous le rideau soulevé, rabat tout à coup ledit rideau en sé rejetant en arriére : — Voici le bottier ! s’écrie -t-elle, et du ton dont elle avait parlé on pouvait deviner que ce bottier était quelque chose de terrible.

— Où est-il? demande L...

— Au coin de la rue.

— Alors nous avons le temps, et puisqu’il s’obstine à venir tous les jours et qu’il se plaint au portier qu’on ne lui ouvre pas....

L.... s’est précipité en bas du lit, a jeté dans le feu, au plus ardent du foyer, la clef de l’appartement, et au bout de quelques instants, à l’aide des pincettes il laretire rougie à blanc, court la glisser dans la serrure en dehors et se recouche, toujours calme.

On entend un pas lourd et hâté dans l’escalier... Le pas monte et se rapproche... — puis tout à coup un hurlement, — et le bottier qui s’enfuit quatre à quatre...

Le lendemain, à la même heure, L . était occupé

à coller des bandes sur des prospectus d’une affaire qu’il montait.

— Ah ! — crie la femme, toujours a son observatoire, — voilà le bottier ! î !

Va chez la voisine, et laisse la porte ëntr’ouverte, dit I jm impassible.

Ët il se met à coller les iules au-dessous des autres des bandes sur la jointure de l’unique fenêtre.

Entrée dti bottier, la main enveloppée ; injures, cris, menaces :

— Je suis à vous dans une minute, îüi répond doucement L... qui achève sa besogne.

— Je ne sors pas d’ici sans mon argent !

— C’est juste ! dit L . — Je ne vous demande

qu’un instant.

Et ce disant il va fermer la -porte à double tour, laissant toutefois la clef dans la serrure, apporte un fourneau bien garni de charbon, s’asseoit à côté, allume — et souffle.

Le bottier regarde tout cela avec quelque surprise et curiosité. — L . souffle toujoürs :

— Vous me réclamez, dit-il, de l’argent que je vous dois. Votre demande est légitime ; vous avez travaillé pour moi et vous devez toucher le prix de votre peine. ..

Il continue à souffler. Le bottier quelque peu ému par ces étranges préparatifs et la solennité de l’exorde, attend :

— Vous n’êtes malheureusement pas le seul, continue L...., dont j’aie été forcé de retarder le trop juste salaire. Bien d’autres encore viennent ici....

Une odeur âcre commence à- se répandre dans la chambre. Le bottier tousse — et commence à considé^ rer ce fourneau avec quelqu’inquiétude. — L.... souffle toujours :

CUCHY EN 1850.

— ..... viennent ici, dis-je, et m’accablent de leurs demandes, et quelquefois, comme vqus, de leurs injures. — Que faire ? Je ne puis payer, et je suis, d’une part, entre le chagrin profond de ne pouvoir satisfaire à des engagements sacrés, et, de l’autre, des affronts que je ne puis supporter. Vous comprenez qu’un homme comme moi ne peut accepter plus longtemps une semblable situation, et j’ai résolu d’en finir avec tout cela.

— Mais ?.. , dit le bottier tout à fait inquiet.

— Mais, — répond L..., soufflant avec énergie, — tout ce que vous pourriez me dire ne changerait rien à ma détermination irrévocable. Vous m’avez tous supplicié pendant ma vie, je vous pardonne...

— S... D.... î s’écrie le bottier, qui commence à ne plus pouvoir respirer, faites de vous ce que vous voudrez; mais ouvrez-moi la porte !...

— Je ne puis vous payer, dit L...., et vous avez dit que vous ne vouliez pas sortir d’ici sans argent. Dans ces circonstances...

— Ouvrez-moi ! hurla le bottier. — Ouvrez-moi, ou je vous étrangle !...

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