‹ Le miroir de la vie (volume 3)Chapitre 4 sur 57 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

où les périodes de paix furent les plus longues et où la querre, au lieu d'étre à l’état endémique, devint un accident. « Dis-moi quel est ton réve el je te dirai

quelle est La vie », peut étre une formule philosophi-

que aussi jusle que toule autre, mais à la condition :

qu’il soil entendu qu'on juge des deux par antithèse el que les œuvres où les meilleurs d'entre nous mirent leur rêve expriment précisément ce qu'ils trouvatent le moins dans leur vie.

Ce qui garde, malgré loul, à ces visions ou à ces réves une valeur hislorique, c'est qu'ils ne furent pas ceux des seuls artistes et qu’ils échappent, en leurs plus vivantes expressions, à tout ce que l'histoire nous raconte des lois, des règlements, des inspiralions de leurs patrons ou de leurs protecteurs. L'art n'est pas seulement universel par son objet : ul l’est encore par ses sources. Îl ne montre pas seulement mieux la vie universelle d’un lemps : il révèle mieux l'universalilé des sentiments de ce Lemps. Par là, il nous touche. Désirs des peuples, rêves des aïeux inconnus, chimères de ces millions d'étres qui ont cheminé silencieux de la naissance à la mort, idéals obscurs des foules endormies sans avoir tracé un mot qui les exprime, seul l'artiste les a balbutiés dans sa langue mystérieuse el passionnée. De profundis clamavit.. Ce qui lui fut imposé d'attiludes ou de sentiments par ses prolecteurs ou ses maîtres, est froid et mort. Cela tombe, tout le long des siècles, comme des fruits flétris: Ce qu’il a senti, avec le cœur de toute sa race, ce qu’il a dit-non parce qu'il fallait le dire, mais parce qu'il ne pouvait plus le

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