L'ARENE
L'arène est vaste, nue, ardente, circulaire, Et le soleil couchant, de ses rayons, éclaire Los gradins. Déjà, l'ombre en gravit la moitié. Le bloc soutient le bloc à sa masse appuyé, Et tout le large cirque, en sa rondeur immense, Semble une cuve creuse et pleine de silence, Tandis que, sur le ciel, se dresse un pan de mur Debout et fruste, avec trois arcades d'azur. Et l'on sonije devant ces débris, taciturnej
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Comme on respire un vin à l'argile de l'urne, Que, peut-être, jadis, coula du sang- chrétien Sur ce sable... Et déjà le crépuscule vient Avec, vers l'occident, des lueurs empourprées; Et l'on pense à des bonds de bêtes éventrées, Et dans l'air rôde encor une odeur de martyr... Mais l'ombre est plus épaisse et dit qu'il faut partir. Les derniers visiteurs s'en vont vers la sortie. D'un campanile sonne une cloche amortie. Il ne reste à présent dans l'arène que nous Et, là-haut, dans l'arcade claire du mur roux Qui semble fauve encor de lorihes et de flammes, Un gros prêti'e qui rit, très fort, entre deux Marnes.
LE MlHOm nES HEIRES 53