‹ Le miroir des heures, 1906-1910Chapitre 39 sur 105 · ROMÉO ET JULIETTE · texte numérisé non relu

ROMÉO ET JULIETTE

Juliette Capulet et Roméo Montag-ue, L'amour cruel a mis la fiole et la clag"ue Entre vos jeunes mains faites pour d'autres jeux; L'éclair a lui trop tôt sur vos sorts orag-eux ; Ensemble vous n'avez dormi que dans la tombe; Un funèbre cyprès où pleure une colombe Est l'emblème que veut votre morlel destin. Et cependant, aux grenadiers du vert jardin, Vous avez écouté, dans la nuit, bouche à bouche,

KN MARGE DE SHAKESPEARE I o5

La voix du rossignol amoureux et farouche

Et crier l'alouette au ciel, vers le soleil,

Vous que le noir poison et que le fer vermeil

Devaient unir, un jour, en une même cendre,

0 vous, dont le désir ne voulait pas entendre,

0 sourds amants, gronder de leurs griefs nouveaux

Vos deux palais haineux, ennemis et rivaux,

D'où, la main à l'épée et le poing- à la torche.

Le meurtre et la veng-eance embusqués sous le porche

S'épiaient, l'œil mauvais et le visag-e ardent,

Tandis que, plus subtil que la flamme et le vent.

L'amour astucieux, riant de la querelle,

Parce qu'il était beau, parce qu'elle était belle,

Irrésistiblement l'un vers l'autre appelait,

Vieux Montague, ton fils, — ta fille, Capulet!

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