LK MIKOIR DES HEURES
Montent dans l'air salubre où luit, courbe et féroce,
Coupante et déjà claire, une lune en croissant.
Au sommet de la tour du Nord, l'étendard pend,
Sans qu'un seul de ses plis ondule, flotte ou bouge,
A sa hampe que semble mordre un lion rouge;
Les veilleurs déjà sont à leurs postes de nuit.
La porte du château s'est fermée avec bruit.
Les fagots épineux où flambent les résines
Empourprent en craquant les dalles des cuisines.
On a donné l'avoine et le foin aux chevaux.
La viande dans les plats et le vin dans les pots
Sont prêts. Mangez, buvez : le maître veut qu'on mange
Et qu'on boive. Ille faut, car, dit-on, l'homme change
En lui le vin en rêve et la viande en sommeil.
Le maître veut qu'on ait le visage vermeil
Autour de lui, et que l'on rie et qu'on soit ivre.
C'est la vie, et la vie, il aime à la voir vivre :
Mangez donc et buvez et dormez, car au roi
Vous devez obéir parce qu'il est la loi.
Que vous importe, à vous, qui connaissez l'aubaine
De dormir d'un seul trait jusqu'à l'aube prochaine,
Que vous importe, à vous, si Macbeth ne dort pas,
Si le remords lui parle à l'oreille tout bas.
Et s'il reste debout lorsque chacun repose.
Si sa paupière en feu, le matin, n'est pas close,
S'il a peur, s'il entend résonner dans l'écho
EN UARGB DB SUAKESPKARK 1 03
Le râle de Malcolm ou le cri de Banquo,
Si, les yeux grands ouverts et le doig-t à la tempe,
Il regarde, hagard, tarir l'huile à la lampe,
Tandis que, devant lui, lasse d'un geste vain,
Sa femme laisse pendre en silence sa main
Oti la tache de sang semble s'être élargie,
Et songe longuement aux parfums d'Arabie?..,
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