LE CHOIX
Je ne me suis pas dit lorsque je vous ai vue
Pour la première fois, Ni lorsque j'ai senti votre main retenue
Frémir entre mes doigts,
Je ne me suis pas dit : « Mon coeur, voici l'orag^e
Avec elle qui vient!
Puisse l'éclair luire en ses yeux, et son visage
S'incliner vers le mien !
Il8 LE MIROIH DES HEURES
« Que quelque magnifique et foudroyant prodige,
Ainsi qu'il n'en est pas, Soudain, et d'un élan de trouble et de vertige,
La jette entre mes brasi
« Qu'elle entre éblouissante et brusque dans ma vie
Et d'un pas si vainqueur Que j'entende souffler comme un vent de folie
Aux échos de mon cœur ! »
Non, quand je vous ai vue et que votre main lasse
Eut frémi doucement En la mienne, j'ai dit votre nom à voix basse
Et pensé simplement :
« Tu es belle, tes yeux, ta bouche et ton visage Sont beaux comme ton corps ;
Heureux celui qui t'aime et qui, la nuit, partage Le lit où tu t'endors !
« Heureux qui, chaque soir, peut dénouer à l'aise
Tes cheveux abondants Et qui touche ta joue et ta gorge et qui baise
Ton rire sur tes dents.