LE MIROIR DES AMANTS I
« L'homme qui peut jouir de tes beautés secrètes
Est plus heureux qu'un Dieu, Car, lorsqu'un double attrait unit des forces prêtes.
L'amour est un beau jeu.
« Il ne faut rien de plus pour échauffer l'étreinte,
0 chair, que la beauté, Et, de la cendre d'or de la toison éteinte,
Renaît la Volupté! »
C'est pourquoi, quand tu viens, taciturne et docile,
Proposer au plaisir Ton beau corps lang-oureux dont caresse l'argile
La flamme du Désir,
Je raille ces Amants douloureux et farouches
Dont l'amère fureur S'irrite et se nourrit de l'écume, à leurs bouches,
Des oracres du cœur.