ELVIRE AUX YEUX BAISSÉS
Quand le désir d'amour écarte ses g^enoux Et que son bi-as plié jusqu'à sa bouche attire, Tout à l'heure si clairs, si baissés et si doux, On ne reconnaît plus les chastes yeux d'Elvire.
Eux qui s'attendrissaient aux roses du jardin Et cherchaient une étoile à travers le feuillag-e, Leur étrange reg-ard est devenu soudain Plus sombre que la nuit et plus noir que l'ora'^e.
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Toute Elvirc à l'amour prend une autre beauté ; D'un souffle plus ardent s'enfle sa gorge dure, Et son visag-e implore avec félicité La caresse trop longue et le plaisir qui dure...
C'est en vain qu'à sa jambe elle a fait, sur sa peau, Monter le bas soyeux et que la cuisse ajuste, Et qu'elle a, ce matin, avec un soin nouveau. Paré son jeune corps délicat et robuste.
La robe, le jupon, le linge, le lacet, Ni la boucle ne l'ont cependant garantie Contre ce feu subtil, langoureux et secret Qui la dresse lascive et l'étend alanguie.
Elvirel il a fallu, pleine de déraison,
Qu'au grand jour, à travers la ville qui vous guette.
Peureuse, vous vinssiez obéir au frisson
Qui brûlait sourdement votre chair inquiète ;
Il a fallu laisser tomber de votre corps
Le corset au long buse et la souple chemise
Et montrer à des yeux, impurs en leurs transports,
Vos yeux d'esclave heureuse, accablée et soumise.
i5a Ls MiRom des heures
Car, sous le rude joug de l'amour souverain, Vous n'êtes plus l'Elvire enfantine et pudique Qui souriait naïve aux roses du jai'din Et qui cherchait l'étoile au ciel mélancolique.
Maintenant le désir écarte vos g-enoux, Mais quand, grave, contente, apaisée et vêtue, Vous ne serez plus là, vous rappellerez-vous Mystérieusement l'heure où vous étiez nue?
Non! Dans votre jardin, doux à vos pas lassés, Où, parmi le feuillag-e, une étoile palpite. De nouveau, vous serez Elvii^e aux jeux baissés Que dispense l'oubli du soin d'être hypocrite.
SEPT ESTAMPKS AMOUREUSES l53
PAULINE AU CŒUR TROP TEiNDRE
Que dira-t-on de vous, Pauline au cœur plus tendre, Que le tendre re;^ ard de vos beaux yeux si doux Et qui semblez toujours en souriant attendre Qu'avant de vous parler on se mette à g-enoux?
Ceux dont la foi s'est prise à la promesse vaine De votre jeune rire et de votre beauté En g-arderont peut-être un souvenir de haine Et maudiront les jeux de votre fausseté ;
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Pour d'autres, vous serez l'Ingrate et l'Infidèle Parce que vous aurez pris un autre chemin Et que la fleur d'amour qu'ils croyaient éteruelle N'aura fleuri pour eux que le temps d'un matin ;
Mais lui, songeant à vous, en silende, dans l'ombre, Il les laissera dire et s'en ira loin d'eux Pour rêver longuement à ce soir tiède et sombre Où sa joue a touché vos seins et vos cheveux.
Car n'est-ce pas assez, Pauline au cœur trop tendre, D'avoir senti frémir entre ses bras, avant Que vous ne soyez plus que poussière et que cendre, Votre corps partagé, sans doute, mais charmant ?
Qu'importe à qui respire une corolle éclose Le bouquet plus nombreux qu'elle eût pu composer, Son parfum n'est-il pas dans une seule rose Comme toute la bouche est dans un seul baiser?
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