LE BRAU PAYS
Je ne suis pas le fils des îles lumineuses Qui parfument la mer d'un éternel printemps, Et je n'ai pas connu leurs nuits mystérieuses, (!!ar je ne suis pas né sous leurs cieux éclatants.
J'ai vécu les premiers des jours que j'eus à vivre Dans l'étroite maison fournée au vent du Nord, Ecoutant, à travers la vitre où luit le g"ivre, La rumeur de la rue et les sifflets du port.
24 LE Miaom DES HEURES
Les barques qui partaient, hissant leurs blanches voiles Dans l'aube pâle encore ou dans le clair matin, S'en revenaient toujours aux premières étoiles, Et leur vojag-e prompt n'était jamais lointain.
Elles ne rapportaient de leur course voisine Ni les fleurs, ni les fruits d'un rivag-e inconnu, Ni, prise ruisselante à l'écume divine, Dans leur filet marin, la Sirène au sein nu.
Elles n'avaient vu poindre en quelque ardente aurore Ni Charjbde aboyant ni le rauque Scylla, Ni salué de loin, au cap, debout encore, Quelque temple en ruine et pourtant toujours là.
Cependant, à mes yeux d'enfant qui rit et joue Et dont le cœur pensif bat d'un désir obscur, La voile la plus rude et la plus humble proue Evoquaient des pays de musique et d'azar.
Beau pays! ton mirag-e enivra ma jeunesse, Et mon cœur a connu tes aubes et tes nuiU ; Devant moi, ta Sirène a dénoué sa tresse, Et j'ai goûté tes fleurs, tes sources et tes fruits.
LE HlUOia DUS U£UnES
0 toi, dont nul regret n'a terni le mensong-e, Parce qu'il me sufiit que je ferme les yeux Pour sentir en mon rêve et pour voir en mon song-e Ta forme ton parfum, ta lumière et tes Dieux!
LE MIUOIK DES IIEUHÊSJ