‹ Le miroir des heures, 1906-1910Chapitre 5 sur 105 · L'AMI · texte numérisé non relu

L'AMI

Dites-moi la douceur que vous avez connue A la tenir long-temps en vos bras, lasse et nue, Après la longue attente et l'inquiet désir, Comment vos mains savaient doucement la servir Et, promptes, dénouer d'une hâte inégale La ceinture flexible et l'étroite sandale, Tandis que, devant vous, docile à votre amour, Lascive, rougissante ou grave, tour à tour, Ses regards souriaient à la porte fermée;

LK Mmom DES HEUnES

Dites-moi, mon ami, que vous l'avez aimée,

Que jamais le soleil ne vous parut plus beau, i

Que la terre, le ciel, le vent, la feuille, l'eau

Vous semblaient pleins de chants, de joie et de lumière, ,

Qu'elle était douce, et tendre, et simple, et jeune, et fière ; i

Dites-moi son visa ce et ses yeux et sa voix, ■

La fleur qu'elle tenait, vivante, entre ses doig-ts, ;

Que le jour était pur parce qu'elle était belle, '

Et, lorsque jusqu'au soir vous m'aurez parlé d'elle, '•

Je m'en irai, et, dans la nuit, sur le chemin, |

En me ressouvenant de mon printemps lointain, '

Je croirai, par la vôtre à la mienne rendue.

Entendre me parler ma jeunesse perdue. :

f.fi MIROIR DEa HEUnfiS ii

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