‹ Le miroir des heures, 1906-1910Chapitre 65 sur 105 · AGRIGENTE · texte numérisé non relu

AGRIGENTE

Sur la colline fauve où l'herbe fut brûlante, Le fronton grec s'appuie encore au chapiteau, Mais plus d'une colonne a chu sous le fardeau El les temples, par blocs, jonchent la noble pente.

Le soir vient. L'olivier dont la feuille s'arg-ente Frissonne au bord poudreux de l'Acragas sans eau. Et dans le sable sec piétine le troupeau Des chèvres que mènent tes pâtres, Agrigente !

Tes médailles jadis, dans l'or et dans l'argent, Montraient l'aigle céleste et le crabe nageant, Quelque profil divin ou le quadrige agile,

Mais aujourd'hui sur toi, dans l'azur noir des cieux,

La lune arrondit seule en la nuit de Sicile

Son disque sans emblème et son orbe sans dieux.

LE MIROm DES HEURES

MÉTAPOiNTE

Que celui-ci, pasteur, s'occupe de la tonte,

Que l'un soig-ne la ruche et l'autre le jardin,

Que tel taille la vig-ne et coupe le raisin,

Qu'un autre encor maîtrise un étalon qu'il dompte,

Que celui-là, du haut de la barque qu'il monte, Lance l'aigu trident ouïe filet marin, Aucun de nos travaux n'est inutile et vain Et notre effort divers enrichit Métaponte!...

Moi, son rustique fils, et qui tiens l'aig-uillon, Je pousse la charrue et creuse le sillon D'où la houle du blé déroulera sa nappe,

Et c'est moi qui lui donne, honneur du sol nat;)l, Pour l'inscrire en symbole aux pièces qu'elle frappe, Le bel Épi qu'on voit au revers du métal.

LE uéuAILLIEI\ i6q

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