LE SOUVENIR
Laisse-moi. Tu sais bien que mon cœur est blessé, 0 Souvenir ! Pourquoi me parles-tu dans l'ombre, A moi qui ne veux plus revoir sous un ciel sombre Le chemin de l'amour où mes pas ont passé?
Pourquoi m'apportes-tu, du temple renversé, Cette pierre choisie au monceau du décombre, Et pourquoi donc choisir, seule parmi leur nombre Celle qui porte encore un nom presque effacé?
Ah ! je n'ai pas besoin, pour que je me souvienne, Que ta cruelle main s'empare de la mienne Afin de la poser sur mon cœur palpitant 1
Il me suffit que, tendre, odorante et farouche. Fleurisse, toujours jeune en le jeune printemps, La rose qui ressemble à ce que fut sa bouche !
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LE DON
J'aurais pu, comme un autre, à la panse du vase Dessiner d'un beau trait la figure des Dieux : Mars irrité, Bacchus, Apollon radieux, Neptune et son trident, Mercure et son pétase ;
Ou bien, sur la paroi dont le contour s'évase, J'aurais pu te montrer, pour réjouir tes yeux, Les Trois Grâces avec le chœur mélodieux Des Neuf Muses qu'à la fontaine suit Pég-ase.
Mais, sachant ton respect des lignes, j'ai voulu Qu'il se dressât en sa beauté, debout et nu, Sans que dansât autour la Nymphe ou le Satyre,
Et si pur en son galbe éloquent et sacré
Que tu crusses, en regardant son flanc pourpré,
Entendre un chant d'aœ,our aux cordes d'une Lyrel
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