‹ Le miroir des heures, 1906-1910Chapitre 70 sur 105 · LA BEAUTE · texte numérisé non relu

LA BEAUTE

Ta divine présence éparse en chaque chose Se révèle parfois à nos yeux, ô Beauté, Et tu es, tour à tour, en ta diversité. Aussi bien ce fruit clos que cette étoile éclose.

Tu es cette eau qui fuit et cette eau qui repose Entre les herbes d'or et le sable arg'enté. Cette senteur d'automne et ce parfum d'été, Et tu es cette aurore et tu es cette rose.

Le chang-eant univers est ta forme secrète; La nature en son jeu te reprend et te prête Les visages nombreux où je te reconnais,

Mais jamais, ô Beauté, tu ne m'es apparue

Pl'is belle que quand, grave et soudaine, tu fais

D'une femme sans voile une Déesse nue.

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