SALOMÉ
Salomé, vous avez les parfums et les baumes Et les jardins royaux dans la pourpre des soirs, Les étoffes, les fards, les g-emmes, les miroirs, Et les citernes d'eau, sonores sous leurs dômes!
Salomé, vous avez les danses. A vos paumes On a peint des sig-nes magiques, verts et noirs; Votre corps qui les guide à d'infâmes espoirs Rend aux morts le désir et l'ardeur aux fantômes.
Alors pourquoi voulûtes-vous, ô Salomé, Que, du tronc nu, roulât le chef inanimé? Fut-ce enfin que se tût la voix âpre et farouche?
Ou pour voir si, parjure à ses rêves divins, Ne tressaillirait pas au feu de votre bouche La tête aux yeux fermés qui saignait en vos mains?
LE MÉDAILLIEI\ 177