‹ Le miroir des heures, 1906-1910Chapitre 90 sur 105 · JOUR DE VENT · texte numérisé non relu

JOUR DE VENT

Ce soir, le rude vent qui sou fils de la mer Est un passant bourru qui brusquement vous frôle ; L'eau du canal s'ix'rite, et la lag-une au môle Pousse son onde forte et son flot plus amer.

Tout gronde, vibre, tremble, en ce fracas de l'air; La masure s'appuie au palais qui l'épaule, Car l'antique Borée, échappé de sa geôle. Gonfle l'Adriatique où le vaisseau se perd.

Jadis, quand l'ouragan hurlait à pleine bouche, Ton Lion, ô Saint-^Marc, anxieux et farouche. Interrogeait les flots de son regard d'airain.

Mais qu'importe, aujourd'hui, leur calme ou leur colère, Venise n'attend plus à Thorizon marin Le retour écumeux de ses rouges galères I

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