‹ Le miroir des heures, 1906-1910Chapitre 91 sur 105 · L'ADIEU · texte numérisé non relu

L'ADIEU

« Elle se déclara fort contente de son séjour à Venise, cl quand r!!:; en partit, nous l'accompagnâmes jusqu'à Vérone. »

(Chronique de Baldassare Aldramin.)

Que leur aurez-vous dit de îa ville aux beaux noms Qui fait Zani, de Jean, et, de Louis, Alvise, Et dont notre mémoire à nos yeux divinise Le prestig'e émouvant où nous nous enivrons?

Le marbre noblement y résonne aux talons, Se dispose en façade et se découpe en frise Et, d'un vol sans essor en l'air bleu qui l'irise, Unit des ailes d'aigle à des corps de lions.

Vous avez parcouru la Ville inextricable, Si belle en ses canaux que la lag-une ensable, Et, de tant de beauté^ n'emporterez-vous pas,

Dans un long souvenir d'ardeur et de mollesse, Ce doux regret, mêlé de désir, qu'au cœur laisse Le charme d'un amour qu'on ne satisfait pas?

LE MEDAILLIER

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