‹ Le miroir des heures, 1906-1910Chapitre 92 sur 105 · LES VILLES · texte numérisé non relu

LES VILLES

Vous êtes à mon cœur plus douce que les villes Oue l'on voit apparaître à l'aurore et qui sont Chères au souvenir par l'ccho de leur nom, Venises au beau ciel ou dansantes Sévilles.

Qu'elles dressent dans l'air dômes ou campaniles, Flèches, clochers, tour à créneaux, porte à blason, Et que leur fier passé domine, à l'horizon, Plaines, forêts, lacs, ports ou golfes semés d'îles :

C'est en vous, pour jamais, que j'ai cherché l'abri ;

Vous êtes le séjour où murmure sans bruit

Le peuple roug-e et chaud du sang- qui vous habite,

Tandis qu'à vos pieds nus coule, souple et joyeux, Parmi les roseaux d'or où je chante sa fuite, Le fleuve de mes jours qui reflète vos yeux.

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