‹ Le miroir des joursChapitre 42 sur 120 · LA NEIGE · texte numérisé non relu

LA NEIGE

Je te salue, ô Reine immaculée et fine, 'Souveraine que vêt un long manteau d'hermine !

Tu t'es vue à ma vitre, et ma vitre, en honunage, A retenu captif ton radieux visage I

"0 Reine de blancheur, si fragile et si douce, Le sol noir sous tes pas fleurit de blanche mousse I

Le Vent porte ta traîne et balance tes voiles, La Nuit pose à ton front sa couronne d'étoiles !

Et l'arbre, qui n'a plus de sève ni de force,

Frémit quand tes bras clairs étreignent son écorce !

Si le petit enfant t'adore, ô pure Dame,

C'est qu'il peut comparer ta candeur à son âme !

Et pour te caresser, rieur, ses deux mains frêles Ont la légèreté de deux petites ailes !

Tu marches sur les toits, secrète, à l'heure brune, Et tu reçois le grand baiser bleu de la lune ! . . .

En ce jour où tu vas en robe lumineuse, Je te salue, ô Neige humble et silencieuse !

LE MIROIR DES JOURS g-|^

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