LA TORTURE
Une peine est au fond de ton sourire fier; Et de tes bleus regards les larmes retenues Tomberaient lentement sur tes belles mains nues, Si tu n'avais noyé ton âme en leur flot clair.
Ton front est lourd d'angoisse, et tu souffris hier Pour la première fois des douleurs inconnues ; Avec l'amour trahi, les souffrances venues Ont passé sur ton coeur comme un grand vent amer.
Et maintenant, cachant ton chagrin comme un crime, Tu trembles que ta voix familière m'exprime Le sanglot étouffé dans ta gorge, soudain !
Secret intérieur : torture de soi-même, Crainte intime du soir et souci du matin, Pour te garder, qu'il faut de vigilance extrême I
EN FAVEUR DU PARFmi. .
En faveur du parfum je pardonne à la rose L'épine, dont mon doigt garde une larme rose. Je passe au ciel pesant son haleine de feu, Parce que, plus que les beaux yeux bleus, il est bleu. J'excuse tout le mal qui me vient de vous-même, De vos regards, de votre bouche: je vous aime 1 Mais prenez garde ! Un jour arrive oii la beauté, Sentant le poids des ans, abdique sa fierté.
Pourrez-vous seulement plus tard devenir douce T Votre geste retient, mais votre coeur repousse. Ah ! prenez garde, fleur aux fragiles éclats, Qu'on vous adore pour ce qui ne dure pas !