‹ Le miroir des joursChapitre 70 sur 120 · LE PORTRAIT · texte numérisé non relu

LE PORTRAIT

Que de rêves, de voeux attendris me rappelle Soudainement ce portrait !

Est-elle, dans son charme élégant, aussi belle ? Est-il encore aussi vrai ¥

Mon ardeur était jeune et mon amour sincère.

La brume des jours lointains Pour l'évoquer, hélas I m'a rendu nécessaire

Cette image aux tons éteints.

Plus vivant, plus précis, plus clair que dans mon âme,

Sur le papier gris fixé, Apparaît délicat son visage de femme,

Un peu pâle du passé.

Je la reconnaîtrais parmi les autres, certe.

Si je la voyais venir ; Mais son absence triste et longue déconcerte

Mon coeur et mon souvenir.

Comme un rideau de nuit, le temps amasse l'ombre

Qui s'épaissit peu à peu.

Et voile au fond de nous le feu du regard sombre

Et l'éclair du regard bleu.

Et sans cet ancien portrait qui la révèle,

De vieux parfums embaumé.

Rien ne resterait plus dans ma mémoire d'elle, —

Rien, sinon d'avoir aimé 1

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