‹ Le miroir des joursChapitre 92 sur 120 · L'AME CACHEE · texte numérisé non relu

L'AME CACHEE

H n'est pas bon de trop se regarder agir Ni de scruter le fond obscur de ses pensées : Que d'oeuvres chaque jour par l'esprit commencées Dont l'intime secret force l'âme à rougir I

Marche naïvement comme un enfant candide, Sans rechercher toujours la raison de tes pas ; Peut-être que, honteux, tu n'avancerais pas Connaissant le motif ignoré qui te guide.

Rien n'est pur tout à fait dans le coeur des humains ; Le mal originel, comme une sombre tache, Aux plus beaux sentiments subtilement s'attache, — Et le poignard est dans la loyauté des mains I

Ne te regarde pas au miroir de ton âme Accomplir doucement ton paisible destia . Devant ton acte clair et ton désir certain Le dégoût te prendrait de te savoir infâme 1

Vis sans te croire bon, sans te craindre méchant ; Ton amour est pareil à celui qu'on te donne. Par la tienne, sachant la faiblesse, pardonne. Ta voix d'ange déchu peut encore être un chant.

L'homme est fourbe, orgueilleux, imparfait, misérable j Sur son fumier, le rêve éclot comme une fleur : Respire son arôme, admire sa couleur.

Et rends grâce à jamais au rêve secourable

S'il te fait oublier quel mal ronge ton coeur !

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