‹ Le miroir des jours [microforme]Chapitre 24 sur 125 · FRAÎCHEUR · texte numérisé non relu

FRAÎCHEUR

Une fraîcheur délicieuse se propage,

Embaumée aux parfums du trèfle et du sainfoin.

On respire l’odeur des champs qu’on ne voit point. Et c’est, de cette rue éblouissante et sèche,

Comme s’il nous montait aux tempes de l’eau fraîche. Les arbres accablés bruisseut de plaisir,

Car ils avaient depuis longtemps le grand désir

Du vent qui les étreint et les berce les aime,

Et qui les fait chanter sous sa caresse même !

Le vent tourne la page.

LE MIROIR DES JOURS ——————— mm us

Chaque feuille reçoit l’effluve bienfaisant, Tremble, s’agite, folle à ce divin présent ;

Et c’est réellement, sous le ciel qui flamboie,

Pour l’herbe qui se dresse et frissonne une joie. C’est comme un oasis dans le désert du jour,

Un doux lit après la fatigue du retour,

Arès la nuit mauvaise où l’on brûla de fièvre, Le calme, avec le goût sain de la vie aux lèvres ! J’aspire la fraîcheur : il fera chaud demain.

Je lui livre mon front, ma poitrine, mes mains... Mais un regret m’attriste aussitôt. Je murmure : Bon vent qui fais frémir de bonheur la ramure, Dont le baiser est plein de repos, de douceur, Bon vent, si tu pouvais me passer sur le coeur !...

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