LES ARBRES D'OCTOBRE
Au soleil, le matin, les arbres sont en or ; Octobre leur a fait des feuilles précieuses
Qui tremblent à la brise et, toujours anxieuses, Craignent le vent d'automne en qui passe la mort.
C’est l’immobilité maintenant qu’elles aiment, Ou, venant à l’entour des branches voltiger, Le souffle inoffensif qui les frôle, léger,
Et fait luire les tons jaunes qui les parsèment.
Combien choiront avant le doux soir automnal ! Toujours sur le trottoir il en nei
ge quelqu’une.
Ce doit être,
là-haut, une angoisse à chacune
Quand la petite Soeur quitte l’arbre natal. «
Mais l'orage viendra les pacifier toutes !
Un grand Coup de vent dur tordra V Et comme des oiseaux qu’on chasse Les feuilles partiront en /’
arbre soudain, du jardin, air, tombant aux routes,
Et les seuils en seront dorés jusqu’au matin.