EN FAVEUR DU PARFUM
En faveur du parfum je pardonne à la rose L’épine, dont mon doigt garde une larme rose.
Je passe au ciel pesant son haleine de feu,
Parce que, plus que les beaux yeux bleus, il est bleu. J’excuse tout le mal qui me vient de vous-même,
De vos regards, de votre bouche: je vous aime ! Maïs prenez garde ! Un jour arrive où la beauté, Sentant le poids des ans, abdique sa fierté.
Pourrez-vous seulement plus tard devenir douce ? Votre geste retient, mais votre coeur repousse, Ah ! prenez &arde, fleur aux fragiles éclats,
Qu'on vous adore pour ce qui ne dure pas !
Lé PORTRAIT
Que de rêves, de voeux attendris me rappelle Soudainement ce portrait !
Est-elle, dans son charme élégant, aussi belle ? Est-il encore aussi vrai ?
Mon ardeur était jeune et mon amour sincère.
La brume des jours lointains
Pour l’évoquer, hélas ! m’a rend nécessaire Cette image aux tons éteints.
Sn ene— — R
Sur le Papier gris fixé, Apparaît délicat son visage de femme,
Un peu pâle du passé,
de la Téconnaîtrais parmi les autres, certe, Si je la voyais venir ;
Mais son absence triste et longue déconcerte
Mon coeur et mon souvenir,
Comme un rideau de nuit, le temps amasse |’ Qui s’épaissit peu à peu,
Et voile au fond de nous le feu du regard sombre
‘Et l'éclair du regard bleu.
Et sans cet ancien portrait qui la révèle, De vieux parfums embaumé, Rien ne resterait plus dans ma mémoire d’
elle, — Rien, sinon d’avoir aimé !