‹ Le miroir des jours [microforme]Chapitre 87 sur 125 · LE LIVRE · texte numérisé non relu

LE LIVRE

J’ouvre un livre, et c’est comme une voix que j'entends. Un visage adorable apparaît dans les lignes.

Si je lis Rodenbach, je vois nager des cygnes

Sur des canaux et dans la brume aux plis flottants.

Je vois des ciels, dés mers, des jardins éciatants, Par le miraculeux pouvoir de petils signes ;

Et j'écoute, égayé,—faveur des plus insignes, — Une reine me dire un conte du vieux temps.

Avec un livre, on ne craint pas la solitude.

Le livre, c’est l’ami dont on a l’habitude,

Dont la joie est la nôtre et la douleur aussi;

Le miroir où le coeur se regarde lui-même, Etonné de se voir à nu, triste et saisi Devant la ressemblance effrayante et suprême!

ntends .

jtants.

ants,

L'ÂME REVÉLÉE

Méditer de beaux vers, c’est apprendre son âme. La strophe est un miroir fidèle où l’on se voit Dans les traits d'un visage ami, pareil à soi,

Avec la même angoisse aux Yeux, la même flamme,

Ce que j'ai de secret, un verbe le proclame ;

Ce que j'ai de confus, un mot léclaire en moi ; Et dans sa vérité mon être s’aperçoit,

Cruel et lamentable, ou doux comme une femme.

Je suis là, par moi-même en face regardé, D’espérance où de crainte ou d’amour obsédé, Libre de l'apparence imposée, —6 misère |—

Vraiment tel que je suis intérieurement, Triste, inquiet, rêveur, inconstant et sincère, Mais esclave Soumis d’une bouche qui ment !

ER

Page 1