‹ Le miroir des jours [microforme]Chapitre 9 sur 125 · AUX FLEURS · texte numérisé non relu

AUX FLEURS

fleurs des prés - Qnelle peine sincère, Vos c

Parfaites, Vous nous faites !

élancées nt par Ja brise bercées,

beauté frêle n’a pa é e triste et trilenx mois

» Un peu de Vous dans

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Ni réjoui e

Vos grandes soeurs ont eu leur règne séduisant Et c’est le tour des plus petites, à présent. —Eglantines, lilas, tulipes, violettes,

C’est le printemps ! Muguets, agitez vos clochettes ! Dans les cerisiers blancs, dans les pommiers fleuris,

Le merle vous appelle avec de petits cris ;

Et les amants qui font l’amour à lèvres closes, Ne peuvent rien se dire en l’absence des roses... La terre, sous son herbe avare, vous attend, Marguerite au coeur d’or, svelte lys éclatant, Narcisse rose et blanc, pensée au velours sombr Et rêve de sommeil à votre petite omb:

Chantez-nous la chanson délicate du bleu,

Et la gamme du rose exquis au rouge feu $ Détaillez-nous la forme ascétique ou charnue, Epanouie en bouie, étoilée ou menue,

Et la variété soyeuse du satin,

Sa nuance innombrable au soleii du matin,

Ses éblouissements de pierres précieuses,

Ses ors, ses argents mats, ses pourpres somptueuses !

Comme trempé de Sang, qu’on aperçoive au loin L’ardent Coquelicot dressé dans le sainfoin,

Et que dans la forêt, dentelée et légère,

Verte au pied du tronc gris, foisonne la fougère ! Point d’abeilles Sans vous et point de papillons Qui voltigent, de miel en miel, dans les rayons. Vous êtes la lumière éclairant toute chose,

Ou bleue ou blanche où Mauve ou violette ou rose, Et qui s’est incarnée en votre fine chair

Et, sous le ciel de pluie ou le firmament clair,

De vos calices fait de petites veilleuses Frissonnantes au vent, douces et merveilleuses ! Vous êtes les parfums enivrants des sentiers,

Qui s’exhalent sans s’épuiser, des jours entiers, Et, moite, dans le bois profond au vaste dôme, Fume et l’emplit, pareil à l’encens, votre arome | La jeune fille rit en s’embaumant à vous,

Et pour vous respirer baise vos Coeurs si doux. Quand elle vous caresse à sa lèvre, on peut dire Que la lèvre a l’cdeur et ia fleur le sourire |

Vous embellissez tout ; l’eau devient diemant

Dès que sur vous la goutte étincelle un moment,

Et lorsqu'un papillon brun en vous s’aventure,

Vous composez un prodige de la nature ! [jardins, —Fleurs des champs, fleurs des bois. riches fleurs des Splendide floraison : velou:s, tulles, satins ;

Humbles fleurs qui croissez au bord des grandes routes, Fleurs indgentes qui bientôt vous fanez toutes ; Fleurs à qui c'.aque jour le jet de l’arrosoir

Prodigue la fraîcheur qu’entretiendra le soir :

Et vous, chétives fleurs tristes et négligées,

Qui n’êtes pas souvent d'au limpide aspergées,

Qui comptez sur le ciel seulement, et que juin

Négligemment arrose en passant—et de loin, C’est la saison ! Ne nous laissez pas dans la peine : Sans couleurs, sans parfums. qu’est l’existence humaine?

LE MIROIR DEg JOURS

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