LE SONNET
Sonnet, qui dis beaucoup en prenant peu d’espace, Goutte d'essence en un flacon de cristal pur ; Humble bijou d’argent ouvragé d’un art sûr,
Qui restes, quand l'éclat hautain de l’ode passe ;
Jeu fin de poésie où l'esprit se délasse ;
Petit tableau de maître enfermant tout l’azur ; Chose pleine et légère ainsi qu’un épi mûr ; Etroit sonnet où l’âme immense trouve place ;
Sonnet, flûte de buis dont le quadruple son Chante, en l’ét:rnisant, l’émoi bief du frisson :
Ecrin de grâce où luit la perle d’une arme R
Sonnet, gentil sonnet plus que l'or précieux, Je te rime avec soin, te polis avec charme,
En croyant ciseler une étoile des cieux !
Ceux qui veulent capter, comme un oiseau céleste, Le rêve pour l’enclore en un vers immortel,
Après l'effort, ceux-là savent ce qu’il en reste,
Et mâchent un dégoût plus amer que le fiel !
Donc, le labeur est vain, puisque l’image est fausse,
Comme au reflet menteur d’un miroir déformant 4
Le Verbe, refusant plus souvent qu’il n’exauce, Na pas prêté sa force auguste au sentiment.
La pensée et le coeur disent: Est-ce nous-mêmes ? Dans ces mots imparfaits, que nous sommes confus ! Rends-nous la vérité des profondeurs suprêmes, Souffre et rêve en silence, et ne nous trahis plus !
Et sur son oeuvre froide où l’esprit se consume, Impuissant manieur de phrases aux sons creux, Plein de dépit caché, de honte et d’amertume, Et par son idéal sublime malheureux,
Le poète maudit son labeur et sa plume !
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confus ! LA MUSE es, lus ! La Muse, un soir d’ennui, m’a dit: Console-toi.
N’ai-je pas les beaux yeux des femmes les plus belles ?
Ft la tiède douceur de mes mains maternelles
N’a donc pas caressé ton front penché vers moi ?
Quand ton esprit est las et ton âme en émoi, Je viens à ton chevet sitôt que tu m’appelles ;
Je suis la Femme auguste, incarnant toutes celles Qui retrempent les Coeurs et raniment la foi.
Je suis fidèle, ex je suis tendre, et je suis pure ! Je suis la vierge fière et la compagne sûre, Et mes embrassements font oeuvre de beauté !
Je cvuvre ma splendeur du manteau de mon aile, Mais je me livre nue à qui l’a mérité !
J'ai l'espoir et l'amour, et je suis immortelle !
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