‹ Le miroir du monde; notes et sensations de la vie pittoresqueChapitre 6 sur 14 · I. Viiiimi c^l Kiicliitecto de l'univers · texte numérisé non relu

I. Viiiimi c^l Kiicliitecto de l'univers

(lIÉSIr.riE.-

' C est le [Kl turbuleur du Monde.

(Bacon.)

DEPUIS l'Antiquilé la plus reculée, depuis la jolie légende de la Vénus cylhéréenne, laquelle n'était autre que la Nephtis de l'Egypte ou la femme de Typhon, depuis les âges du paganisme , du bouddhisme et de l'idolâtrie jusqu'aux temps modernes, chez tous les peuples, à travers toute l'hiérographie des civilisations disparues, plus on étudie, plus on cherche, plus on considère, plus on approfondit la philosophie des faits, plus il semble qu'on puisse affirmer que l'histoire de l'amour a toujours été l'histoire du Genre humain. — Il faudrait croire, avec Nodier, le doux conteur philologue, que le monde prit naissance dans un merveilleux paradis, décoré des mains de Dieu même, pour servir de palais nuptial à l'humanité, et que la nature tout entière, jeune, virginale et fleurie, fut le berceau enchanté des premières amours.

Après avoir déposé dans le sein des plantes un phénomène organique, au sein des brutes un instinct et dans le cœur de l'homme un sentiment, l'Esprit divin, moitié attendri, moitié ironique, mystificateur et curieux, invita son ouvrage à croître et multiplier, et le ciel vit alors la vibration soudaine des êtres issant à la vie et à la perséité, se cherchant dans le mystère afin de se rencontrer, de se souder, de se transsubstancier, de s'unir théandriquement en essence dans un spasme subit et troublant, pour obéir à la parole de Dieu. — Telle pourrait être l'exposé de notre Genèse chrétienne.

La Légende païenne nous conte la naissance de l'Amour mythologique de cent manières différentes et ingénieuses. — Simonide le fait naître des baisers de Mars et de Vénus, voulant exprimer par cette origine sa force et sa faiblesse, sa puissance et sa grâce, sa vigueur et sa beauté. — Selon Alcméon, Flore et Zéphire l'auraient enfanté, lui donnant les symboles du charme et de l'inconstance, de la fraîcheur et du parfum, de la fragilité et' de la caresse enve- , , loppante; Hésiode nous le fait

jjVoir sortant du chaos et

-'^ apportant au monde le

,* '^éfe* trouble et la dévas-

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