‹ Le miroir du monde; notes et sensations de la vie pittoresqueChapitre 5 sur 14 · L'ÉTUDE · texte numérisé non relu

L'ÉTUDE

découvertes, elle synthétise profondément leurs sensations dans une seule passion dominante, elle emparadise pour ainsi dire leur faible huma-

^'.^ ""'' nité, car elle se montre

toujours inconnue, toujours désirable dans la fraîcheur de ses attraits et elle s'offre à toute heure et sous toutes les formes qu'on lui veut prêter. Dans l'histoire, elle révèle l'ethnologie des peuples; dans la morale, elle déshabille l'homme; dans l'entomologie, elle nous initie à l'adoration de la nature mystérieuse et formidable jusque dans la création des infiniment petits; dans la philosophie, elle nous provoque à l'indulgence et nous rapproche de Dieu.

L'honnête et académique Viennet , en ses vers mirlilonesques, nous a laissé ce précieux distique, paraphrase des anciennes sentences pythagoriciennes :

L'étude orne la vie et nous la rend plus chère ; C'est un plaisir sans fin qui jamais ne s'altère.

L'étude est la gymnastique indispensable à l'esprit; elle le dérouille, le polit, l'élève, l'assouplit, le réglemente et l'aide à dissiper les troubles du cœur et les orages de la raison. « Le genre d'études auquel chacun s'applique, dit Euler, a une influence si forte sur la manière de penser, que l'expérimentateur ne veut que des expériences et le i-aisonneur que des raisonnements. » — L'étude nous amène à la logique, à l'art de penser, à la discipline et à la science de réduire à de certaines règles nos pensées vagues et nos raisonnements sans suite de façon à les faire conclure en mode et en figure, comme disaient nos pères.

Cependant l'étude qui ne conduit qu'à l'érudition pure est peu de chose à nos yeux. — Etre savant est à la portée du premier être doué de patience, de volonté, de mémoire et d'intel ligence normale; on obtient un savant, un archiviste, un archéologue, un assyriologue comme on forme un soldat par l'exercice journalier et persévérant, par la culture d'une même case cérébrale. L'érudition n'est que vulgaire et sans valeur, et reste comme une science domestiquée, si le talent ne vient pas animer cette force de choses accumulées et si l'art du préparateur n'apporte pas les condiments nécessaires à la trituration des documents amassés. Le talent seul donne de la grâce, de la souplesse, du charme, de la séduction aux plus lourds travaux accomplis, et le talent, à vrai dire, c'est la jeunesse dans sa fleur, dans sa force, dans l'expansioii^ de toute sa vitalité; c'est la puissance de la chaleur du sang, ç'eS|t l'outrance des enthousiasmes, c'est la sève abondante de vi^^ jgpi monte au cerveau, se répand dans toute la créature, embrai?ian|i l'imagination et irradiant de sa lumière éclatante touteslos falbultellll — C'est la flamme divine qui brûle et vaporise l'essence humaine dans toute sa gloire et sa beauté. Le talent, c'est le délire de la force, le rut de la passion, l'aveuglement d'une foi que la jeunesse seule alimente. — Quand râgc arrive à l'hiver de la \ie, tout s'éteint et s^'tn ténèbre, de même qu lu crépus- ^ ^^ ^' cule du jour, tout se grise se noie lentement dans

ne demeure plus accusé et en relief, rien ne fait plus ombrage que la pâle électricité de la gloire acquise , maigre compensation qui n'apporte point grande flamme dans le foyer alors fait de cendres tièdes. L'étude cependant reste encore et toujours un refuge où l'on pulvérise la momie de ses croyances, que l'on croit toujours intactes, mais qui se sont desséchées lentement aux basses marées sanguines de l'âge climatérique. Les vendanges sont faites, il n'existe plus que des grappillons qui illusionnent encore ceux qui les produisent. Mais l'âme de l'écrivain ne vient pas enlever comme naguère l'âme du lecteur, elle ne chante plus que les ritournelles; c'est l'heure des études sévères et froides, l'heure de l'abstraction et non plus celles des intuitions sereines qui sont dans le génie de la jeunesse.

La plus noble qualité de l'érudition seule est l'amour du vrai, mais cet amour du vrai n'est que ridicule lorsqu'il s'attaque au génie. Qu'importe que Shakespeare ait commis mille anachronismes, que Voltaire ait donné des entorses à l'histoire et que Hugo ait cité des textes inexistants ! Le feu de leur génie ne purifie-t-il point ces misérables erreurs et le vrai des belles légendes ne sera-t-il pas toujours plus saisissant, plus conforme à nos croyances idéales que le vrai contrôlé par l'historien minutieux et pédant? — La moitié de Caldéron et de Molière se retrouve chez Baudello, Geraldi Cintio et Lasca; mais cette moitié est faite principalement de matériaux, et le génie assassine si bien ceux qu'il pille qu'il faut toute la niaiserie, la basse envie des chacals de l'érudition méticuleuse pour oser déterrer ces cadavres et venir ouvrir l'enquête de la postérité.

Il est certaines études f'^'^^^ qui tiennent à la gérocomie des travailleurs; on se figure (^ ^Ij/ \ — ^-\mal la paléographie en 'H/^ i -/^"^^K

tant que passion juvénile, et, bien que beaucoup d'hommes jeunes et ardents se soient livrés à la recherche des écritures hiératiques, à l'analyse des hiéroglyphes et des anaglyphes, nous ne pouvons guère nous représenter l'égyptologue que sous les aspects vénérables d'un vieil Hiérogrammate, blanchi dans la lente observation des stèles, des canopes et des mystères isiaques. C'est que ces études patientes ne nous paraissent point convenir à la jeunesse, dont le poste est aux avant-gardes de combat, dans la modernité de la mêlée, dans la lutte de l'idée nouvelle, de la formule originale, dans la tempête du style et de la couleur. Au sortir des admirations ordonnées par l'éducation professoi'ale, après les classiques éludes des dialogues des morts et les vagues notions d'antiquité absorbées par la force de la gaveuse universitaire, après l'indigestion d'Homère, de Virgile, du Dante et de Molière, et les hygiéniques promena(lc'> dan^ |,illi<|U( liltf'i^tUue^i^esprit d'un néo-baclielier a l)e'^om dosy ife>(-nei.^( i <k >-^é[>tniliL cn'plein air, de se griser de ^ " " '''' ■^le indépé^Mante, et de se for-

jt')^^' I t' ' ' nitr dans*Î3\Vecherche du soi,

^^a\\ yy ou l'homme commence à naître

a\ i L •%- X - ^^ -à-^se connaître; il sent un

~ d( ^oùt du fatras des langues

'f \"^'^^ mortes et une curiosité impé-

\\ * ^ '— joueuse vers l'inconnu des lan-

V^ ^ 'ï^ ^j!;^ ,^ puoï vivantes, dans le miel et le

Ah de Icl/fcn-me cherchée et non diiH rah^ijilh'V selon la forpîiiie|s^iïfu'il a dû jusqu'alors déguster; il a -'îr ^ ?<' "''comme une notion de la /Z 11 ^""^ i.^ v^^ ^^^Icjpmplete incertitude des

-^■^ynjir 7J^^ Ai -'•^^^■^•^ Sciences générales et la

^"^smir

nature lui offre trop d'inépui-

sables trésors, trop de ressources et d^attractions, ""pour qu'il songe à se plonger dans la docte ignorance des myopes reconstituteurs des temps passés.

Il se lancera donc dans les arts, dans les lettres, dans la jurisprudence, dans les questions géographiques, aujourd'hui si captivantes, dans les études militaires qui lui font mille promesses de gloire ou dans les sciences physiologiques. Les mensonges de la médecine attireront surtout son attention, il y trouvera une carrière florissante en raison de l'inquiétude, de la névrose et du détraquement général qui régnent dans les hautes classes sociales.

Celte élude des sciences médicales en communion avec la philosophie matérialiste du jour est bien faite pour séduire les esprits studioso-ambilieux. La médecine, cependant, ne vit que d'incertitude, de tâtonnements et d'audace ; elle subit les modes d'une époque qui la font dévier continuellement de ses recherches suivies, et le charlatanisme (ainsi que dans toutes les autres sciences) y fait plus d'adeptes que la sévère et modeste autorité des maîtres véritables. Le dogmatisme d'Hippocrate est abandonné pour un vague éclectisme moderne qui aboutit à un diagnosle très superficiel, et à une thérapeutique toute faite de chimiatrie; de plus, on s'éprend sans raison de toutes les méthodes nouvelles, quille à les rejeter après les avoir expérimentées sur d'innombrables victimes ; après la Diététique, la reconstituante; après l'Enanthéopathie, l'Homéopathie; après l'Hémaphilie, l'Hémaphobie; la Babel de la médecine monte chaque jour d'un étage dans la confusion de ses langues et de ses systèmes, qui combattent le bon sens et la nature. Nous

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avbn'î ou, tour à tour, la médecine 'Hippocratique, Galémque, agissante et expectante, curative et prophylactique, méthodique et empirique, animiste et matérialiste, hermétique et métallolhérapique, sans compter la médecine polypharmaceutique, la plus suivie de toutes et la plus dévastatrice. Quand on regarde d'esprit sain les diverses méthodes de cet écœurant concours d'assassinats légaux, la plupart conçus en dehors de toute étiologie, on demeure éperdu, et l'on aime à se détourner des praticiens avec autant de crainte que des chourineurs du vieux temps; on se demande, non sans un haut mépris des hommes, comment, au milieu de notions si incertaines et si inniarfaites qu'elles n'ont pu encore pénétrer les mystères du corps humain, il se trouve des êtres assez indifférents ou assez audacieux pour oser, à la légère, passer de la théorie à la pratique et prétendre exercer un art dans lequel ils n'ont point l'assurance d'être de concert avec la nature. Il est juste d'ajouter que la sainte Ecriture nous prévient en disant : Honora medicum propter necessitatem, et que la Bible, d'autre part, ne manque point de nous garder très charitablement de nos bourreaux en prophétisant que Celui qui péchera contre le Créateur tombera sûrement entre les mains du médecin. Mais on ne lit plus assez la Bible. Elle renferme toute sagesse et philosophie et nous indique surabondamment que la science médicale n'a été introduite dans le monde que pour punir les criminels, c'est-à-dire les oisifs coupables de lèsecréation et les téméraires orgueilleux qui, en surmenant leurs /' corps et oubliant les lois de l'équilibre vital, deviennent coupables "nrfjoiilEages aux facultés humaines. Le docteur (iuillotin est peut-

être le seul qui ait eu le courage d'afficher franchement son mandat divin en combinant la machine ingénieuse qui lui doit son nom et qu'il devait, plus tard, épouser dans sa triste gloire devant la postérité.

L'étude en elle-même est plus curalive que toutes /X^"^ les drogues des manigraphes ; Osimandias appelait^ fe-^ judicieusement sa bibliothèque : Ph.irmacie de l ,ime «\ et c'est dans les livres, en effet, qu'on trouve le plus grand reconfort des vanités du monde. — Le com- ' merce des livres nous détourne délicieusement du trop fréquent et attristant commerce des vivants et nous accoutume insensiblement à celui des morts; j'entends des glorieux inmiortels qui nous ont légué l'essence de leurs plus nobles pensées. Plante, après une \ie péniblement ballottée de tracas en adversités, répondait un jour à qui l'interrogeait sur la distraction qui lui avait procuré le [)lus de repos et de contentement : "

'i Sachez qu'il n'y a point d'état où l'on ne souhaite le changement ; point de poste d'honneur sans péril, point de richesse sans travail et sans inquiétude, point de prospérité stable et qui ne finisse, ni aucun plaisir si agréable, dont, à la fin, on ne se lasse; de sorte que, si jamais j'ai senti quelque repos et quelque tranquillité, c'est depuis que je me suis entièrement adonné à la lecture. »

La lecture, non la lecture capricante et furtive, mais la lecture saine et absorbante, nous délivre de toutes les agitations et de toutes les maussaderies de la vie extérieure ; elle alimente en notre esprit un foyer de lumières qui lui crée une existence factice mille fois supérieure à l'existence réelle. Elle nous fait voyager comme de jeunes dieux antiques sur les nuages de l'illusion, dans des contrées fantastiques toutes peuplées de poétiques sensations, d'une beauté d'autant plus persuasive qu'elle est plus indécise; elle nous

LE MlUOin Dr MONDE.

crée des sympathies intellectuelles affinées, qu'aucune trahison ne peut détruire et qu'aucune hypocrisie ne saurait empoisonner.

Les livres sont autant d'amis fidèles et serviables qui nous enseignent doucement sur toutes choses, en nous persuadant de leur docte expérience ; la solidité de conversation de tant d'auteurs disparus est toute faite d'aménilé, d'esprit, d'humour, de croyances, et exempte de ces vivacités, de ces aigreurs, de ces lâchetés qui nous rendent parfois si odieuse la conversation des vivants ; ce sont des guides complaisants qu'on abandonne à son loisir et qu'on reprend aux heures alanguies. '\^oulons-nous revivre l'antiquité, revoir, par les yeux de l'imagination, Rome, Carthage, Athènes, Ninive, Byzance, Memphis ou Babylone et inventorier les richesses d'art de tous ces peuples anéantis? Les livres, sans exiger trop de salaire, nous promènent, du coin de nôtre feu, au milieu des plus vieilles civilisations. Songeons-nous à notre salut? Les Pères de l'Eglise s'offrent tous à nous, sans laste et sans orgueil, pour l'épuration de notre âme.

Désirons-nous apprendre l'astronomie et les mystères du Ciel, nombrer les planètes et apporter un nom à tous tes mijliers de points lumineux qui constellent le firmament, avoir toutes les notions relatives aux corps célestes , à leurs mouvements , à leur distribution dans l'espace, à leur figure et à leur conformation physique, et enfin "' donnaîire le mécanisme compliqué de, l'astroslalique ? Cent astronomes , Galilée , Kepler , Lajîlace , Newton , Halley, ^^^t^J-^A.v^- " ' Lacaille, Lalande, Herschel, Delambijè, Aragôie;t autres, nous initieront clairement à la cosmo-

gonie, à la latitude et à la longitude, à l'uranologie et à la prodigieuse variété de la planisphère. — Laplace nous apprendra que, de toutes les sciences naturelles, l'astronomie est celle qui présente le plus long enchaînement de découvertes et qu'il y a extrêmement loin de la première vue du ciel à la vue générale par laquelle on embrasse aujourd'hui les états passés et futurs du système du monde. Après avoir pénétré par l'étude dans la connaissance du zénith, nous penserons avec Fontenelle que ce sont les travaux des astronomes qui nous donnent des yeux, et que, sans eux, nous ignorerions la prodigieuse magnificence de ce monde presque uniquement habité par des aveugles. 1^

Si les curiosités de la nature.nous tentent et si, d^rè le^ délices des solitudes rustiques, nous voul( égayer par l'étude des plante et des oiseaux les charmer monotones de la vie cor templative, et, par même, apporter dans notre amour des champs plus d'observation, plus d'ini rêt, plus de passion] raisonnée, ce son!

encore nos très cherd amis les livres quil viendront près de' nous prendre une 23elite place dans notre retraite de verdure etv'/* nous permettre d'analyser la: vie et le^ < f ?|" mœurs des êtres organisés qiii pons jenf/ï^t

nogra-

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phies ou les faunes ornilhologiqucs allireront notre attention sur tous ce« gracieux oiseaux qu'adoraient les l'^gyj)liens, et nous aurons des liesses inlînies à étudier, en compagnie de Cuvier, de Geoffroy Sainl-Hilaire, de Vieillot ou de Femminck, les caractères différents des préhenseurs, des rapaces, de»

grimpeurs, des passereaux, des colombins , des gallinacés , des coureurs . échassiers et palmipèdes, qui, dès lors, cesseront d'être à nos yeux des êtres décoratifs de la nature, poUr nous passionner sérieusement par l'examen de la rapidité de leur déplacement ou des particularités les plus infîmes de leurs mœurs et de leur reproduction.

L'élude seule de la botanicjue suffirait même à nous créer des ressources imprévues et à nous donner goût à la vie dans le désert le plus profond. — La botanique n'est pas, comme le disait Jean- Jacques, la distraction d'un oisif et paresseux solitaire, ou bien l'art d'injurier les plantes en grec, comme le prétendait un jardinier philosophe : c'est un goût qui va sans cesse croissant et rend les mœurs affables, un goût parfois utile pour le végétarien, car la bolanophilie amène souvent à la botanophagie, et je sais des passionnés d'organogénie végétale qui en sont peu à peu arrivés à tout rendre comestible et à donner souvent à leurs amis, outre les charmes de leur exquise aménité, l'inédit de cuisines extraordinaires, tels que des ragoûts d'oignons de dahlias, des platées d'orties ou des purées de coucous printaniers. — Mais cette manie rentre presque dans la physiologie agricole. L'étude de la botanique nous conduirait avec Aristote, le fondateur des sciences d'observation, à accorder aux végétaux une sorte de vie qui les placerait, dans

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l'échelle des êtres, entre les corps bruts et les animaux, et à ne reconnaître entre eux de distinctions que par leurs excrétions, qui ont une odeur agréable, et par la privation des sens qui ne leur permet ni de connaître les objets extérieurs, ni de se connaître euxmêmes.

La botanique, d'autre part, a cet incomparable avantage qu'elle exerce à la fois nos facultés intellectuelles et physiques, et qu'elle sait nous soustraire aux habitudes casanières des études ordinaires pour nous entraîner dans des courses folles et hygiéniques à travers plaines, vallons et montagnes. Elle fait voyager ses amoureux du nord au sud, sous tous les méridiens, car elle embrasse le monde par la géographie de sa flore variée à l'infini ; elle les conduit jusque vers les hauts plateaux du Nouveau Monde, au bord des lacs immenses, au fond des vallées profondes, toujours en quête de particularités et d'inconnu. Plus que toutes les autres science-^, elle rapproche l'homme de la nature qu'il semble confesser, elle élève à la fois en lui le goût du simple, le sens du naturel et le tact du beau, car tout ce qui est du Grand Tout respire et exprime le beau, et la structure de la plus modeste feuille est un incomparable chef-d'œuvre de Dieu.

Toutes les études, pourvu qu^ notre instinct moral nous poubse ^ %.«'f^

vers elles, sont bienfaisante* ^t ^ , ^!^ ^- .jV,5-*' \ J.

régénératrices ; elles donnent à ^

notre âme mille formes diiïéi entes,

mais véritablement heureuses et *jf <f

font entrer dans notre êtie les modes les plus inimaginabîeT-r -îî~==" ^ \ --- :; ,. -^

faut donc, selon le conseil \oUai- "^ -^^'^'^^ ?!^ck^ '^£

rien, ouvrir les portes de i ÎT'^ '^Â^ i

notre esprit à toute^ . ^^ \ ^ , |^' \ ^>i ^ '^Â^

sciences et a tous teàji'êïfe»-' « «*-'^ " -"^ ^ ' "-=.-Tàî- m ' "^ .^

(j-i LE MIROIR DU MONDE.

liments. Pourvu que tout cela n'entre pas pêle-mêle, il y a place pour tout le monde. Il s'agit d'éviter l'indigestion et la congestion, grâce à un labeur sage et réglé, de courtiser les sciences comme les femmes, l'une après l'autre, avec l'infidélité de sa fidélité à la curiosité, de passer de la tragique Histoire à la Philosophie précieuse, de la coquette Littérature à la Jurisprudence rusée et perfide et de ne s'arrêter en légitime mariage que là où la séduction aura été la plus forte, où l'avenir se sera montré le plus souriant. L'étude et les livres sont, pour tout dire, les grands charmeurs de cette vie ; ils n'apportent, si l'on se livre à eux en toute liberté et conscience, ni désillusions ni amertumes, car ils nous enseignent la modestie, nous convaincant chaque jour davantage de notre ignorance infinie et nous laissant en appétit de toujours désirer des connaissances nouvelles. Pour les esprits affinés, il est un livre surtout qui ne lasse jamais, c'est le soi dont l'élude constante suffirait à défrayer la vie, pour peu qu'on y apporte l'humilité nécessaire à l'examen de tout son être moral. — Montaigne disait : J'aime mieux forger mon âme que la meubler, et il n'est point de plus faible ou plus forte occupation que d'entretenir ses pensées : Qui- Jjtis i'ivere est cogi/aré..^ ^^ j-,^

r/AMOUR '-

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