‹ Le mirroir de la vie, essais sur l'évolution esthétiqueChapitre 2 sur 37 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

lée, soiifi 1(1 décision du c.onloiir et sous Vanfjle du ration lumineux, — ([ui furent, de tout temps, le seul Init de l'artiste, — sera cherché ce qu'il ij a mis, sans le vouloir, des spectacles ou des sentiments de son temps, des réalités ou des dcsirs, des frayeurs ou des espoirs qui traversèrent sa génération : le reflet de sa vie intérieure.

Pourquoi le chercher ici? Pourquoi fermer les livres et ouvrir les fenêtres? tirer les rideaux qui voilent les retables, interroger les visages peints à demi effacés et qui ne nous livreront Jamais que l'apparence extérieure et toute superficielle des cires de Jadis et souvent d'êtres de fantaisie? Quel aspect plus Juste du passé pouvons-nous ainsi découvrir? On a tenté de le dire dans /'Inlroduction du précédent volume de ces Essais*. Le témoignage de l'art sur une époque ou sur une race ne peut égaler en précision celui de rhistoirc ou de la littérature. Mais il est, en un sens, plus universel; il est plus sensible et il est plus sincère. Plus universel, parce qu'il dévoile des choses ou des gens qui n'avaient pour eux que leur beauté pittoresque et semblaient aux chroniqueurs dépourvus d'intérêt historique; plus sensible, parce que des nuances d'âmes ou des états qui ne peuvent s'exprimer par l'action, se sont, à leur insu, inscrites dans le galbe délicat des gestes; plus sincère, parce que l'image fui toujours moins surveillée que la parole écrite, chacun surveillant mieux sa bouche que ses yeux. L'histoire

\. Le Miroir de la vie, première série. Introduction, 1902.

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