LES NIMBES
MAIS là où révolution et le rajeunissement sont les plus sensibles, c'est dans le surnaturel, c'est-à-dire dans les personnages du ciel qui se joignent, en cette nuit solennelle, à ceux de la terre. Ce sont au point de vue plastique, les seuls personnages surnaturels du tableau. Le groupe divin, lui, n'embarrasse pas les peintres : il a des apj)arences toutes réelles, il a élé vu sous des dehors communs à toute l'humanité. Si la photographie avait existé de son temps, il aurait pu être photographié. Mais, aulour de lui, se groupent des visiteurs venus de deux mondes très dilVérents et l'un de ces mondes est le monde invisible, lllcs réunit, un instant, comme un hôte qui reçoit des amis de conditions sociales très diverses. 11 les rcroit, au début de l'Art, sur un pied parlait d'égalité. De la terre sont venus les liiTgcrs qui sont les anges des troupeaux. Du (•i<'l \icMnciit les Anges qui sont les gardiens des Ames. Les uns ontapporté leurs agneaux, ou leurs fruils. ou leurs IVoniages, qui sont la seule richesse de leurgardenjanger. Lesautresappnrtent leurs musiques ; leurs
luths, leurs vielles, leurs monocordes, qui sont les seuls outils qu'on a jamais imaginé de loger au Paradis. Qui d'entre eux retournera au ciel après cette réunion éphémère? Oui d'entre eux sur la terre? On ne saurait le dire. Il arrive même, chez quelques maîtres italiens, que les Bergers ont le pas sur les Anges et que ceux-ci haussent leurs mentons par dessus l'épaule de leurs compagnons terrestres pour mieux voir. Anges d'Hugues de Gand costumés comme des évoques et couronnés comme des rois; — Anges de Benozzo Gozzoli en files pressées, à genoux, carguant leurs ailes pointues comme des voiles au repos, ou debout, chantant, marquant, sur le bout de leurs doigts, la mesure; — Anges de Piero délia Francesca aux jambes fines, aux tuniques grecques plissées et tombant selon le rythme des statues antiques, bien posés sur le sol qu'ils foulent un instant, sans rien de merveilleux que leur calme en face du grand mystère ni de surnaturel que leur beauté ; — tous ces f( troubadours de Jésus » vivent avec les paysans, « croquans », « nu-pieds » et « bagaudes », dans la plus simple familiarité. Ils empruntent aux clercs leurs ornements, aux bètes leur plumage, et quand on est au palais Biccardi, devant la fresque de Benozzo Gozzoli, si le rayon de soleil porte assez loin ou si l'électricité se met h jouer sur la petite chapelle, il semble qu'on voit les ocelles du beau paon posé sur le treillis glisser sur les ailes des Anges agenouillés au-dessous et toute la joaillerie de l'oiseau de Junon venir enrichir la parure du « troubadour de Jésus ».
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Après la Renaissance, une hiérarchie s'affirme. Les Anges mettent entre eux et les rustres qui les coudoyaient une distance qu'on ne pourra plus franchir. D'un coup de talon, comme l'Ange de Tohii^ chez Rembrandt, ils ont bondi bien au-dessus des tètes et ils y restent. Dorénavant ils considèrent l'Enfant-Dieu du haut de leurs nuages et pour l'adorer, il faut qu'ils se penchent. A la vérité ce n'est pas un sentiment bien nouveau, ni bien profond qui a dicté ces nouvelles attitudes : c'est tout simplement une science plus complète de la perspeclive que le peintre a voulu déployer. Dès que les artistes, à la suite de Mantegna, découvrent le secret des raccourcis, ils s'avisent de faire plafonner les figures. Alors, peu à peu, nous voyons les Anges quitter le terrain solide où reposaient leurs [)ieds et se servir de leurs ailes pour demeurersuspendus en l'air. Sans doute ils n'attendent point, pour le faire, la Renaissance : vous voyez des Anges dans le ciel dès les Primitifs, mais ils ne planent point. Ils se tienneni en l'air selon les lois de la statique ordinaire : debout sur une lamelle de nuage comme sur une dalle de pierre, à genoux sur l'azur comme sur un prie-Dieu, ou bien encore glissant sur la nue comme un patiiu'ur sur la glace dans ce pas des skaling anf/cls que le Pérugin a immortalisé. Les Anges mêmes de Reno/.zo Gozzoli, au palais Riccardi, ne plafonnent pas : pour glisser dans l'air, ils se servent <!(• la nue comme d'un toboggan. Ils sont toujours vus dans le même plan que les personnages inférieurs. Le speclaleur est censé se trouve à leur niveau, si bien <|ue dans la Xaliviléde Rotlicelli, à la N:ili(»tial (iallcry, par
exemple, il n'y a guère de différence entre les Anges qui dansent une ronde en plein azur au-dessus des têtes des arbres, et ceux qui, bien au-dessous du groupe divin, accueillent et embrassent les Bienheureux. Si Ton coupait le tableau à la hauteur des têtes de pins et si Ton remplaçait le bleu du ciel par le vert d'un gazon, personne ne s'aviserait que ces figures ont été construites pour planerau-dessus de la ligne d'horizon. Que l'on fasse la môme expérience, au contraire, avec les Anges de Rubens, du Corrège, de Tintoret, de Tiepolo, de Véronèse, et les seules ellipses de leurs raccourcis diront qu'ils se meuvent bien au-dessus de nos têtes. Depuis la Renaissance, les Anges ne sont plus les camarades des Bergers, mais des hommes-oiseaux.
Cette camaraderie n'est pas le seul trait des hôtes surnaturels de la Crèche. Aux premiers siècles de la peinture, il y a aussi la simplicité. Ils vivent tout uniment parmi les hommes sans se mettre en peine d'attitudes surhumaines. Ils ne sentent pas le besoin d'attester leur origine céleste par des exercices de voltige. Ils ne font d'autres gestes que ceux de leur fonction : gestes usuels et quasi professionnels du joueur de luth, du choriste, du clerc assistant à l'office. Voyez ceux de Paolo délia Francesca. A la précision de leur jeu, on dirait qu'ils ont étudié la manière de bien el jusleinent enloucJier les lues el giiilernes, de Bonaventure des Périers. A l'exacte ouverture de leurs lèvres, on pourrait presque dire la partie qu'ils chantent et' le son qu'ils filent. Voyez aussi ceux d'Hugues de Gand. L'apparence de ces évêques-oiseaux peut être
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étrange, mais ils se tiennent aussi naturellcinenl à genoux et les mains jointes devant TEnfant Jésus (|ue le Chanoine de Paele ou que l'Abbé des Dunes. Pour le peintre du Moyen âge, Tange vivait au milieu de nous durant le peu de temps qu'il passait sur la terre sans faire d'autres gestes que les gestes communs à l'humanité. Pour le peintre de la Renaissance, les Anges sont des acteurs de féerie, moins humains sans être plus divins, et l'occasion de déployer une virtuosité détestable. Anges acrobates chez le Corrège, qui joignent les mains en artistes et du haut du portique où ils évoluent, envoient des baisers au public; Anges nageurs, chez le Tintoret, qui tirent leur coupe dans le remous des nuées; Anges déployeurs de biiiideroles, chez Rubens, avec des tours de bras pour faire admirer la (inesse et la solidité des tissus; /h//// de Véronèse, enfin, moucherons ivres de lumière et fourvoyés dans tout rais de soleil, qu'il tombe sur VEnlèvemenl d'Europe, ou qu'il traverse le chaume de Bethléem; — ce ne sont plus là que des faiilaisies d'anatomisles et des prétextes à raccourcis audacieux. L'artiste ne se souvient de leur origine céleste que pour leur faire exécuter des sauts périlleux. Il les lance au plafond, les ressaisit par une culbute et met tout cela sur le compte du surnaturel. Sa maestria est incontestable. Ni les Anges ])atineurs du Pérugin, ni les Anges danseurs de liotticelli, ni Benozzo (Jozzoli avec ses Anges lobogganisles ne donnent à ce poinl l'illusion de l'air conquis. Mais il n'y a rien du tout, là, de divin. Car c'est précisément au moment où ils volent l<' ini.ux
que les Anges ont le moins Tair de venir du cicll Avant, ils semblaient posés à terre, mais comme des oiseaux. Maintenant, ils semblent suspendus en l'air, mais comme des clowns.
Pour cela, il leur faut de grandes ailes et elles grandissent en effet. Chez les Primitifs, elles n'étaient qu'une parure aviatrice, diaprée à la façon du geai, du martin-pêcheur ou du paon, découpée sur le châle pointu de l'hirondelle, du martinet ou du grimpereau, tous oiseaux de petit vol et de battements précipités, dont la bruyante approche ne peut rien avoir de mystérieux. Personne n'eût imaginé que de si petits appendices pussent soutenir en l'air ces longs corps, ni leur permettre de descendre soudainement et mystérieusement parmi les hommes. Les peintres venus après la Pienaissance ont rendu le vol des anges plus plausible. Ils leur ont fait de grandes ailes recourbées en arc de cercle, tel que Dédale, sur les bas-reliefs antiques, en fabrique à Icare. Soutenus par ces vastes rémiges, les hommes-oiseaux, au lieu d'évoquer le gazouillement de l'hirondelle, rappellent la venue soudaine et silencieuse de l'engoulevent.
Il y a donc bien peu de parenté entre les Anges qui viennent chanter à Jésus des paroles iVamnr fîno avant le xvr siècle et ceux qui s'ébattent, depuis Paphaël, au-dessus des Nativités. Toutefois, si différents qu'ils soient d'allures et de rôles, ils ont un trait qui les fait tous se ressembler jusqu'à nos jours et qui les sépare nettement des Anges imaginés par nos contemporains, les peintres du xix" siècle : c'est leur objectivité.
Un même sentiment de surnaturel les créait jadis : un sentiment de croyance positive. C'étaient des Anges bien en chair, robustes, Anges exterminateurs au besoin, Anges lutteurs. Anges boxeurs. Regardez-les dans telle œuvre que vous voudrez jusqu'au xix*^ siècle. Ils ont une forte objectivité. On les touche. Ils obstruent le passage, bien installés dans le paysage. Ils ne projettent pas d'ombre, mais à ce détail nul ne fait attention. Volontiers on leur offrirait de ces volailles ou de ces « olives picholines » que, dans un Noël provençal, Espérite et Tounin croient devoir apporter à llMifant Jésus avec une « rouelle » de nougat. Aucun de ces Anges même les plus frêles, même ceux de Fra Angelico ne peut passer pour une hallucination, non plus que les personnages qu'ils conduisent à la Crèche, ni pour une vision : c'est un fait.
Plus tard, ce fait devient un phénomène. Les Anges dans la peinture du wiT et du xviiT siècle conservent bien leur forme robuste et parfois l'exagèrent, mais comme ils ne se montrent plus en des attitudes normales et coutumières, l'étonnement remplace en nous la foi et le nuage qui les enveloppe, sans les dissimuler à noti-e vue, nous permet cependant de les considérer comme un phénomène violent et fortuit. Ils passent et repassent froissant leurs plumes aux madriers d(> la toiture en ruines, se suspendant selon les mille aspérités imprévues des portiques et des corbeaux de pierre, (•omme des nuées apportées par un vent dOrageel <|u"un autre souffle va peut-être emporter.
Le souffle du positivisme les a emporlf'-s. en ell'el.
Au xix" siècle, ils n'apparaissent plus, ou bien ils apparaissent dans une éclatante lumière, incorporels, d'une substance brouillée et niôlée à tous les objets qui les entourent, diaphanes, transparents comme les voix fameuses de la Jeanne dArc de Bastien-Lcpage. Ils ne descendent plus du ciel ; ils semblent bien plutôt soulevés de terre, par un phénomène de lévitation : tels les Anges, vêtus de tuyaux d'orgue , que montre si souvent Burne- Jones. Ce surnaturel a quelque chose de subjectif. C'est une vision sur les confins de l'hallucination. En même temps, pâlit et s'efface la lumière surnaturelle qui enveloppait les têtes du groupe divin. Les Byzantins et aussi les Primitifs, jusqu'au xiV^ siècle, fabriquaient des auréoles énormes, visibles même en plein jour, solides et brillantes comme des armets d'or, lourdes comme des casques de scaphandriers. Peu à peu, cette gloire solide s'effrite. Il n'y a plus, autour des têtes auréolées par Ghirlandajo, que le globe duveteux du pissenlit. Ce diadème s'élime progressivement, comme une bague qui s'use jusqu'à ne -plus tracer dans l'air qu'un cercle, un fil d'or. Ce cercle, lui-même, fond tout à fait, tandis que, timidement, naît autour des saints une phosphorescence, une lueur tremblante, incertaine, assez semblable aux irradiations fluidiques que les photographes croient saisir autour des têtes de personnes impressionnées par un vif mouvement d'alïection, de tristesse ou de colère. L'auréole devient une aura. On sent le peintre gêné par l'affirmation d'une coiffure surnaturelle qu'il n'a jamais vue et par l'intrusion brutale dun accès-
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soire irréel au plus bel endroit d'une scène justement attachante par sa réalité!
Mais en même temps que lesprit réaliste grandit en lui, voici que croît aussi Ihabilelé technique et (ju'il pénètre les secrets du clair-obscur. Dès lors, il peut oser des glorifications nouvelles. Le Jour de la Nativité devient la Nuit de Noël. La lumière, discrètement dosée par Rembrandt, prend une apparence surnaturelle, fantastique. Kn dissimulant son foyer derrière (|uelques détails de premier plan, le groupe divin, seul éclairé, semble fait d'une matière céleste et Tombre, enveloppant la j)lus grande partie des figures, leur prête cette grandeur que donnent toujours, même aux choses les plus banales, le mystère et l'inconnu. A mesure que j>àlit l'auréole surnaturelle, la lumière naturelle se fait plus mystérieuse, plus divine et, pour ainsi dire, se « surnaturalise )>.
Les contemporains ont été plus hardis encore. Ils ont eu l'idée de rallumer l'auréole en plein jour. Dans TAdoration des Mages, de M. de Uhde, qui est à Magdebourg et dans celle des Bergers, de M. Lerolle, une chute de lumière par la croisée glisse sur la tète de l'Enfant Jésus et de ses boucles Idondes fait autant de fortuits rayons : ainsi la Nature revient, d'elle-même, former autour de la tête divine l'auréole que le réalisnie eu avait, un instant, elïacée.
La nature, en elVet, contient, pour qui sait voir, tout ce dont l'art a besoin. Un jour, .M. Lerolle dessinait une grande meule de paille, dans les environs de Versailles, près de Villeiireux. S'en élanl
approché pour vérifier quelques (hMails, il vil uu grand Irou sous la meule el saperruL qu'elle était édiliée sur les poutres d'une sorte d(; galerie souterraine faite pour y verser des betteraves pendant riiiver. LJn Ilot de soleil ruisselant par cet étroit orifice donnait à tout ce cpTil touchait une surnaturelle apparence. M. Lcrolle vit là, sur-le-champ, une arrivée des Bergers dans lélable. Le tableau qu'il en fit est une dos pages les plus intinuîs, les plus profondes de Tart contemporain. Assurément, elle ne contient plus rien de ce que les siècles de foi naïve ou de crédulité officielle admettaient ou exigeaient dans un pareil tableau. Mais la scène peut, si Ton veut, être dépouillée de toute sa signification historique; les acteurs en sont de pauvres gens de nos jours et, comme on vient de le voir, TefTet surnaturel en est tellement dicté par la nature que l'idée du tableau vient de lui et que de tout ce qu'il contient qu'on puisse voir dans la Nature, la lumière surnaturelle est précisément la seule chose que l'artiste y ait vue.
Arrêtons-nous près de cette meule de Villepreux. Elle sera le terme de notre course. Que nous voilà loin des Noéls d'autrefois ! Figures et gestes. Rois et Bergers, nature môme, paysages et surtout merveilleux, tout a bien changé et bien des fois depuis les premiers âges ! Le palais est devenu une grange, les colonnes se sont tournées en troncs d'arbres. Le chaume nous cache l'étoile. Là faux de la critique a coupé les iris, les lis et les ancolies qui croissaient en plein hiver devant le Bambino. Les Anges se sont envolés, les musiques se sont tues, les
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auréoles se sonl éteintes. Rien ne flotte plus dans le ciel que des nuages. Rien ne chante j)lus dans la toiture que le vent. Rien ne brille plus sur les télés que du soleil. Mais la Nature immortelle élabore; autour de nous, et tous les jours, des miracles dont l'art peut vivre encore. Elle met des nimbes de lumière autour des tètes blondes. Elle peint des fleurs de feu sur les nuits d'hiver et lorsque viennent les vents d'automne, ils font pleuvoir sur les enfants de France, dans les jardins et les parcs de notre pays, plus de merveilleuses sortes de l'oses que les An<i^es, du bout de leurs doigts refombants, n"en t'iTeuilleiit sur TEnfant-Dieu dans les floi-entines Adorations de Filippino Lippi...
Aussi, le charme esthétique des Noëls résisle-t-il à toutes les crises du sentiment el delà raison. La beauté du Christianisme est l'aile de son hninanilé. Tout enfant ([ui naît sur ce glolie, depuis huit de siècles qu'on l'habite, assure, en ([ii<'ii|ii(' iii;iiiicre, le salut du monde. Beaucoup lont désolé, l'ont asservi, l'ont couvert de ruines et de cadavres. Mais le plus grand nombre, les milliards de vies oliseures qu'ignore l'Histoire ont fait leur tAche utile et i)réparé le labeur ascensionnel de l'espèce. La conscience populaire le sentconfusénienl. on jcdfvinr. De là, cette joie, autour de l'Enfanl. qu'on nionire, ([u'on fétc, qu"on célèbre eoniine i:i promesse d'une vie nouvelle, d'une vie nuMllcnrc. Idr (livinr (.11 humaine, jxmi inq)orte'. Ouand nous ùlerions à la Nativité son uindic il resterai! une ji'une mèn; ravie de bonheur devant son |»elil enfant. Oiiand il n'v aurait |»;is de lumière (li\ine, la joie illumi-
LE MIHOllî DK LA VU
nerait encore son visai^e devant rcnilanL adoré. Quand les voisins ne joindraient pas les mains de piété, ils les joindraient d'admiration. Quand on elïacerait du ci(d l'étoile qui les yuida, on n'elTacerait pas les milliers d'autres sphères aussi mystérieuses et providentielles qui guident, chaque nuit, les navigateurs au port.
Le Christianisme vînt-il jamais à être détruit, oublié, perdu, il suffirait, pour ramener vers lui les cœurs des mères et les rêveries des pauvres gens et des poètes, d'un seul retable trouvé parmi les décombres de la dernière chapelle et où Ton put discerner les linéaments d'une Nativité.