‹ Le misanthrope, comédie en cinq actes et en versChapitre 1 sur 120 · Le misanthrope, comédie en cinq actes et en vers · texte numérisé non relu

Le misanthrope, comédie en cinq actes et en vers

Parmi les Notes, les unes doivent aplanir les difficultés qu'une connaissance trop peu étendue de l'histoire, des [ institutions, des mœurs du pays oppose souvent à l'intelligence complète d'un passage; les autres ont pour but d'inspirer aux élèves le goût d'une étude plus approfondie de la langue. L'auteur sait très-bien que les dérivations

i latines ou grecques, qu'il a presque toujours eu soin d'appuyer sur l'autorité de l'ouvrage classique de M. Diez, ne peuvent avoir de l'utilité que pour les élèves de collèges. Tout ce qui suppose la connaissance d'une ' jgue morte a été placé entre deux parenthèses, et disposé de

manière à ne pas gêner l'élève à qui ces notes ne sauraient s'adresser.*)

Toutes les notes empruntées aux commentateurs de Molière, outre qu'elles portent le nom de leurs auteurs, ont été marquées de guillemets. Voltaire, Bret, Auger, Génin, sont, parmi les commentateurs, ceux que nous j avons le plus mis à contribution. Quant aux notes que ! nous avons ajoutées nous-même, elles ont pour but principal de faire sentir à l'élève la différence notable qui existe quelquefois entre le langage de Molière et celui d'aujourd'hui. Nous avons dû souvent comparer les locutions employées par Molière avec les expressions analogues qui se trouvent dans les auteurs contemporains, et, voulant familiariser les élèves avec le langage du grand poëte, souvent nous avons cité des passages entiers de ses comédies,; en tachant toujours de mettre en peu de mots le lecteur au fait de la situation.

Notre but, en faisant paraître cette nouvelle édition, est] de préparer pour les classes supérieures des collèges, et!) surtout pour celles des écoles dites réaies et des insti- ff| tutions de jeunes demoiselles une lecture de classiquesj français qui soit, pour ainsi dire plus philologique, et! réponde mieux au besoin d'un enseignement qui visf 1 plus haut qu'à la seule utilité pratique. Trop heureux

*) Voici les titres des ouvrages qui ont été' souvent cite's dans les notes:

F. Diez, Grammatik der romanischen Sprachen. 3 vol. 8.

Bonn 1836—44, chez E. Weber.

Génin, Lexique de la langue de Molière. 1 vol. 8. Paris 1846,

cher Firmin Didot.

Génin, Des variations du langage français depuis le XIIe siècle.

1 vo!. Paris 1845, chez Firmin Didot. Lesaint, Traité complet et méthodique de la Prononciation

française. 1 vol. 8. Hambourg 1850, chez Perthes-

Besser et Mauke.

YIT

si les résultats courronnent au moins une partie de nos efforts.

Sans doute l'utilité pratique ne doit pas être négligée dans Pétude d'une langue vivante. Mais ne serait-il pas possible d'y arriver par un enseignement tel que nous l'entendons? ne pourrait-on pas trouver, pour les élèves des deux sexes, déjà un peu avancés dans l'étude du français, d'autres moyens de les exercer à la pratique, de les faire arriver à parler le français autrement qu'en leur donnant à apprendre par cœur ces fastidieux et insignifiants dialogues, dont on a la naïveté d'espérer de prompts résultats?*)

Pour l'étranger qui vit en France, la connaissance du langage usuel et la facilité de s'exprimer sont le résultat naturel d'un exercice forcé de tous les jours, et mïi ne s'obtient néanmoins qu'après un laps de temps ^beaucoup plus considérable qu'on ne le pense généralement; mais, hors du pays, le même résultat ne peut s'acquérir que par des exercices gradués, et dirigés avec intelligence par un maître qui possède la langue. Il faut Efout d'abord que l'élève acquière une partie suffisante du matériel de la langue, c'est- a- dire qu'il apprenne par ■"scieur un certain nombre de mots et de locutions;*") et l ^e n'est qu'ensuite que Pon doit songer à l'initier, pour tainsi dire, à la facture du langage, qu'on doit l'amener à s'exprimer librement, par des exercices autant que possible en rapport avec la lecture. La reproduction pure

*) Nous ne connaissons qu'un seul recueil de dialogues que

Jous puissions recommander, ce sont les Causeries parisiennes e M. Peschier (Stuttgard, chez Paul Neff), travail d'un homme rie goût et d'esprit, et qui offre une lecture aussi attrayante Qu'instructive aux élèves déjà un peu avancés dans l'étude de i a langue.

< **) Sous le titre de Vocabulaire systématique (Berlin chez F. A. Herbig, seconde édition 1850) l'auteur a publié un recueil de mots et de locutions propres à être appris par cœur.

et simple est le premier degré de cet exercice, qui peut s'appliquer déjà avec succès à de petites anecdotes que1 les élèves viennent de lire ou que le maître vient de leur raconter. Exiger d'eux qu'ils répondent librement à des questions qu'on leur adresse sur le contenu de leurs lectures, voilà le second degré; et c'est cet exercice que nous présentons dans la troisième partie de notre édition. '

Cette troisième partie (le Questionnaire) ne contient en quelque sorte que le développement de la méthode que l'auteur a exposée dans la préface de son Vocabulaire systématique. Nous avons fait suivre chaque scène d'un certain nombre de questions; nous en avons ajouté d'autres propres à récapituler les explications données dans les notes. En composant ce double questionnaire, notre but a été de fournir un moyen facile de puiser dans la lecture même un sujet de conversation. Il est bien entendu que ces questions peuvent se varier d'une manière infinie. Pour ce qui est du maître, nous n'avons eu d'autre prétention que d'indiquer la méthode; c'est à lui d'y apporter tous les changements qu'il jugera convenables et de donner à ce questionnaire plus ou moins d'extension, selon la force et les besoins des élèves aux-j quels il s'adresse. I

Mais, autant nous sommes éloigné de vouloir pres^ crire au maître les questions qu'il devra faire, autant nous croyons que le questionnaire peut être utile et même indispensable aux élèves, soit que ceux d'une certaine force s'adressent mutuellement ces questions hors de( classe, pour s'exercer; soit qu'ils se posent eux-mêmes!' les questions pour se préparer à la répétition que le maître doit faire par questions et réponses, sur un acte, sur une scène, dont on vient de terminer la lecture.

Page 1