ACTE I, SCÈNE II
'est qu'ils ont Fart de feindre; et moi, je ne l'ai pas. Oronte.
Croyez-vous donc avoir tant d'esprit en partage?
Alceste.
Si je louais vos vers, j'en aurais davantage.
Oronte.
Je me passerai bien que vous les approuviez. 92)
Alceste.
Il faut bien, s'il vous plaît, que vous vous en passiez.
Oronte.
Je voudrais bien, pour voir, que, de votre manière, Vous en composassiez sur la même matière.
Alceste.
J'en pourrais, par malheur, faire d'aussi méchants; Mais je me garderais de les montrer aux gens.
Oronte.
Vous me parlez bien ferme;93) et cette suffisance...
Alceste.
Autre part que chez moi cherchez qui vous encense.
Oronte.
i Mais, mon petit monsieur, prenez-le un peu moins haut.
Alceste.
Ma foi, mon grand monsieur, je le prends comme il faut.
PJlilinte, se mettant entre deux.
Eh! messieurs, c'en est trop. Laissez cela, de grâce.
Oronte.
Ah! j'ai tort, je l'avoue, et je quitte la place. Je suis votre valet, monsieur, de tout mon cœur.
i Et moi, je suis, monsieur, votre humble serviteur.
92) Variante : Je me passerai fort que vous les approuviez.
93) Ferme est un des adjectifs qui s'emploient encore aujourd'hui, dans la même forme, comme adverbes. Au second acte de notre pièce, Alceste s'écrie:
„Allons, ferme! poussez, mes bons amis de cour!"
(Acte II, scène 5).