‹ Le misanthrope, comédie. Publiée sur les textes originaux avec une préf. et des notesChapitre 70 sur 96 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CELIMENE, ALCESTE

ALCESTE A part.

Ciel! de mes transports puis-je estre icy le maistre?

CELIMENE A part.

Ouais !

102 LE xMISANTHROPE

A Alceste.

Quel est donc le trouble où je vous paroistre? Et que me veulent dire, et ces soupirs poussez, Et ces sombres regards que sur nxoy vous lancez?

ALCESTE Que toutes les horreurs dont une âme est capable, A vos déloyautés n'ont rien de comparable ; Que le sort, les démons, et le Ciel en courroux. N'ont jamais rien produit de si méchant que vous.

CÉLIMÈNE Voilà certainement des douceurs que j'admire.

ALCESTE Ah! ne plaisantez point, il n'est pas tcms de rire, Rougissez bien plutôt, vous en avez raison; Et j'ay de sûrs témoins de vostre trahison. Voilà ce que marquoient les troubles de mon âme : Ce n'estoit pas en vain que s'alarmoit ma flamme ; Par ces fréquens soupçons, qu'on trouvoit odieux. Je cherchois le malheur qu'ont rencontré mes ^eux; Et, malgré tous vos soins et vostre adresse à feindre. Mon astre me disoit ce que j'avois à craindre. Mais ne présumez pas que, sans estre vengé. Je souffre le dépit de me voir outragé. Je sçais que sur les vœux on n'a point de puissance. Que l'amour veut partout naistre sans dépendance.

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