‹ Le missionnaire des enfants [microforme]Chapitre 108 sur 228 · À « HI SOUP · texte numérisé non relu

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tructions de la mission. Environ six mois après, il tomba malade. Son mal fit de rapides Progrès, et on jugea à propos d'appeler un prêtre, En entrant dans la chambre du malade, le prêtre l'entendit chanter ; et que chantait-il? Un des cantiques qu'on avait fait

chanter aux enfants pendant la mission, Le prêtre entendit en particulier ces paroles :

Petit Jésus, doux ami de l'enfance, Jetez sur moi vos yeux pleins de clémence. Ayez pitié des miens, ‘ayez pitié de nous.

Et laissez-moi voler 4 vous!

Ausmoment méme où l'enfant achevait ces derniers mots “ El laissez-moi voler à vous ? » il s'affaissa et rendit le dernier soupir,

Une petite fille brûlée vive apres une mission. — Pendant la mission des enfants à Somerstown, quartier de Londres, une petite fille de neuf ans environ avait été admise pour la première communion, Voilà que quelques jours après Ja Mission, dans une après-midi, elle s'approche trop près du foyer. Par malheur, sa robe prend feu; bientôt la pauvre petite est toute environnée de flammes et si horriblement brûlée, qu'elle ne survit plus que deux jours. Pendant ces deux jours, elle se montre d'une patience inaltérable : pas une plainte ne lui échappe, malgré la vivacité des souffrances qu'elle endure, Sa grande consolation est de chanter les cantiques de la mission. Sa mort arriva un dimanche matin. Environ une heure avant d'expirer, la bonne petite se rappelant que c'était l'heure de la messe des enfants,

être portée à l’église pour chanter avec les autres enfants? » — Sa mère lui répond qu'elle est trop mal Pour être portée À l'église. Alors la petite malade garde le silence pendant quelque temps; puis, levant les mains, elle dit : « O Père céleste, prenezmoi! » et aussitôt elle rendit l'âme,

Ce que les prières des enfants ont obtenu, — Une mission se donnait pour les enfants dans une certaine localité, Un jour de la mission, le curé rentre chez lui et dit au missionnaire qu'il à une bien triste nouvelle à lui apprendre. Et quoi donc? dit le missionnaire, — Voici : « Un jeune homme de vingt-cinq ans, qui a fait sa première Communion dans cette église même où l'on prêche la mission, se trouve au plus mal : il meurt de phthisie: on ne croit pas qu'il puisse encore vivre plus de deux ou trois jours. Je suis allé le Voir, je lui ai dit que sa mort est proche et que par conséquent il doit songer à se confesser; mais il m'a répondu qu'il ne se confessera pas et qu'il veut mourir sans confession, +

Le lendemain, pendant ja Sainte messe, le missionnaire

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s'adressant aux enfants, « Songez, mes enfants, leur dit-il, que ce jeune homme est sur le point de mourir, qu'il a fréquenté la même école qué vous, et qu'il a fait sa première communion dans cette église où vous vous trouvez en ce moment! Priez donc le bon Dieu pour lui; priez Dieu d'avoir pitié de son âme, » — Les enfants récitent trois fois « Je vous salue, Marie, » pour le pauvre jeune homme, — Immédiatement après la Messe, le curé retourne t.uyrès du malade, et trouve ses dispositions entièrement changées, Lui qui, la veille encore, ne voulait pas entendre parler de confession, le voilà maintenant on ne peut plus désireux de se confesser, On le voit pénétré de repentir pour ses fautes et plein de résignation au milieu de ses souffrances, Le prêtre lui administre les derniers sacrements, le jour suivant, le jeune homme meurt de la manière la plus édifiante,

La petite marchande d'attumettes, Si vous étiez passés par un des plus pauvres quartiers de I ‘ondres, vous auriez pu remarquer une cave dans laquelle se trouvaient à peine quelques meubles, Une table brisée, une petite chaise, un lit fait avec quelques poignées de paille et quelques chiffons par-dessus, voilà tout l'ameublement, Une pauvie femme, dont le mari était mort-en Irlande, habitait cette cave avec sa petite fille Marie, Pour comble de malheur, la santé de cette femme était si délabrée, qu'elle ne pouvait plus travailler, Elle n'avait pour vivre que ce que la petite Marie gagnait en vendant quelques paquets d’allumettes, Mais la pauvreté ne l'avait point rendue négligente dans la pratique de ses devoirs envers Dieu, Elle allait à la Messe tous les dimanches ; elle se confessait et communiait tous les mois,

Elle prit surtout grand soin de sa fille Marie, veillant à ce qu'elle ne fréquentât point les Mauvaises compagnies, à ce qu'elle ne manquât jamais de bien dire ses prières, d'assister à la Messe et au Catéchisme, en un mot, à ce qu’elle fût sage et vertueuse. Or un jour d'hiver, la pauvre femme s'était trouvée encore plus mal que d'habitude, À peine un morceau de pain à manger; point de feu sur le gril: la dernière chandelle de suif touchant presque à sa fin, La petite Marie assise près du lit de sa mère pleurait ; car c'était une bien grande peine pour elle de voir sa pauvre mère si mal, sans avoir rien à lui donner pour la soulager, Tout à coup elle quitte sa mère, court à un coin de la cave et se met à chercher, Elle venait de se rappeler qu’il y avait là encore quelques boîtes d'allumettes, et elle se disait qu’en allant les vendre, elle pourrait acheter quelque chose pour sa pauvre mère. Après avoir fureté çà et là, elle trouve trois ou quatre boîtes : elle revient aussitôt au chevet de sa mère et, ses boites en mains, elle lui dit ce qu’elle va faire, et lui demande sa bénédiction : “ Que Dieu te bénisse, ma fille, lui dit sa mère d'une voix faible ; j'espère te revoir encore, » — Mais, hélas! non; la pauvre mère ne revit plus son enfant !

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Marie avait l'habitude de dire un « Je vous salue, Marie, » toutes les fois qu'elle sortait de la maison; de plus, à l'entrée de chaque rue elle disait : « Mon Jésus, tout pour vous, » où bien “ Je vous salue, Marie, » ou bien quelque autre oraison jaculatoire. Ce soir-là, elle pria avec plus de ferveur ; car elle savait que si elle venait à perdre sa mère, il n'y avait plus personne au monde pour prendre soin d'elle. Lorsqu'elle est dans la rue, elle se met à crier :« Allumettes, allumettes, de bonnes allumetles pour deux sous ! » Mais la neige tombait en abondance, le vent soufllait avec force; de plus la nuit venait avec rapidité de sorte ai ii ; avait peu de monde dans les rues pour acheter les alluriettes de ja pauvre Marie, D'ailleurs parmi les personnes qu'elle ’encontrai.. il Y en avait peu qui entendissent la faible voix de l'enfant, :t moins encore qui fissent attention à elle. Marie coitinne :Sanmoins à crier : « Voila des allumettes > Jusqu'à ce :; 2 faible, désolée et mourante de faim, elle ne puisse plus élever la voix. Alors S'asseyant sur une pierre, elle se met à pleurer, Mais bientôt se rappelant sa Mère du ciel, elle dit encore un « Je vous salue, Marie. » À peine l'a-t-elle récité qu'une dame qui passe par là, s'arrête et lui demande pourquoi elle reste assise si tard sur une pierre froide, et pourquoi elle pleure. «“ Ma pauvre mère, lui répond Marie, est très-mal], et elle n'a rien à mañger! » — Pauvre enfant, dit la dame, tenez: prenez ces quelques sous, et allez vite acheter quelque chose pour votre mère, » — Marie allait la remercier; mais la dame avait déjà disparu, La petite achète donc un peu de pain dans une boutique, et s’en retourne le plus vite possible, — Elle descend avec précaution les degrès de la cave. O ciel! elle voit sa mère étendue sans vie et un prêtre à genoux auprès d'elle! — Le prêtre lui avait donné les derniers Sacrements avant qu’elle rendit le dernier soupir,

Mais comment ce prêtre se trouvait-il 1à? — La pauvre femme se mourait de froid et de besoin. Elle était seule, dans l'obscurité. Il n'y avait auprès d'elle personne qui pût appeler un prêtre, et lui procurer ainsi la plus grande des faveurs que puisse rece-

* voir une âme prête à sortir de ce monde et à comparaître au

tribunal de Jésus-Christ. Mais Dieu est bon, il est extrêmement bon pour les Pauvres qui se sont montrés bons envers lui. Il s'était souvenu de cette pauvre femme ; il s'était rappelé comment elle avait toujours fait de son mieux pour s'approcher des sacrements et pour élever sa petite fille dans la crainte de lui déplaire, Il savait qu'elle allait mourir, et il ne voulut point la laisser mourir sans Je secours des Sacrements, Mais comment Pourrat-elle les recevoir puisqu'il n'y a là personne pour appeler un prêtre? — Tout ce que Dieu veut, s’accomplit infailliblement.

À l'heure même où la pauvre femme était agonisante, il arriva qu'on prêtre fut appelé auprès d'une autre Personne gravement

malade, En se rendant près de celle-ci, le prêtre dut passer: devant la cave où la mère de Marie gisait délaissée, La trappe qui s'ouvrait sur l'escalier de la cave était restée ouverte. L'obscurité était si profonde, que le prêtre, n’apercevant point cette ouverture, y tomba tout d'un Coup, et se trouva ainsi sans le vouloir au fond de la cave, Entendant un gémissement dans un coin de ce triste réduit, il se dirigea de ce côté et trouva la pauvre femme presque expirante, Comme il avait avec lui tout ce qui était nécessaire pour administrer les derniers sacrements, il s'empressa d'entendre la confession de la mourante, lui donna le Saint-Viatiqué et l'Extrême-Onction, puis l'indulgence plénière de la bonne mort, Quelques moments après, la mère de la petite Marie rendait le dernier soupir, — Voilà comment Dieu se montre bon envers ceux qui lui sont fidèles, Cette pauvre femme n'avait pas oublié Dieu pendant sa vie, Dieu ne l’oublia pas à l'heure de sa mort, Sur le point de mourir, elle avait besoin d’un prètre qui entendit sa confession, Un prêtre vint, Mais pourquoi vint-il ? est-ce parce que quelqu'un était allé le chercher? — Non. — Est-ce qu’il vint de lui-même ? — Non; car il ne connaissait nullement cette pauvre fêmme. V int-il par hasard? — Nullement, — Pourquoi donc vint-il? — I] vint là parce que Dieu l'y conduisit, Dieu avait dit : Le prêtre est en route pour aller chez une personne malade ; il n'ira pas auprès de cette personne, mais bien auprès de la pauvre femme qui m'a servi fidèlement,

Conclusion. -— N'oubliez jamais que vous devez mourir que la mort viendra plus tôt que vous ne pensez, Dans toutes vos Œuvres, Souvenez-vous de vos fins dernières et vous ne pécherez Jamais! Dieu a écrit sur vos mains les lettres de la mort. À l'intérieur de vos mains vous voyez les lettres MM. Cela veut dire : « Memento Mori, + souvenez-vous que. vous devez Mourir ! »

Prière de saint Vincent de Paul Pour obtenir une bonne mort. — « Seigneur Jésus, vous désirez que personne ne périsse, C’est votre volonté que quiconque vous prie, espère miséricorde ; car VOUS avez dit : « Tout ce que vous demanderez en mon nom vous sera donné, » Je demande donc par votre saint nom, qu’à l'heure de ma mort je puisse penser et parler; — que j'aie un grand repentir de mes péchés ; — une vraie foi, une espérance ferme et une parfaite charité; — que je puisse dire avec un Cœur pur : « Je remets mon esprit entre vos mains. — Vous m'âvez racheté, à Dieu de vérité, qui êtes béni dans les siècles des siècles, — Ainsi soit-il. »

(1) Eccli, vrr, 40,

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