LE JUGEMENT EST TERRIBLE
ILest arrété q ils seront jugés.
Quelqu'un qui à vu le jugement. — Ecoutez ce qui arriva un jour à un homme qui n'avait pas mené une vie très-sainte, II tomba malade ; Ja maladie fit de tels progrès qu'on le crut mort.
e moment de l'ensevelir étant venu, le cercueil fut apporté, On allait y déposer son Corps, quand tout à Coup on vit ses mains se
ue les hommes Mourrontune fois, et qu'ensuite
ce Spectacle, la frayeur, l'épouvante s’e
tants. De la main et Sans dire un seul m
signe à tout le monde de se retirer, Quand tous furent sortis, il ferma sa porte et alla s'asseoir au
e sur le plancher. I] ressemblait à un homme frappé d'étonnement et de stupeur au Souvenir de ce qu'il vient
de voir, Constamment il se tenait les yeux baissés, ne parlant point, ne remuant jamais les lèvres. Des larmes sillonnaient
Sa Maison ; ils le trouvaient toujours
(1) Hébr, 1x, 27,
Par une pensée profonde, et personne nesaitce qui le préoccupe. -
Douze ans s'étaient passés ainsi, et cependant on ne voyait:
aucun changement chez le léthargique. Un jour quelques personnes passant pur là, entendirent un bruit qui attira leur attention; car durant douze ans la maison avait été aussi silencieuse que si elle n'avait renfermé qu'un cadavre. Ayant prêté l’oreilie, elles entendirent un gémissement : c'était comme le soupir qui s'échappe de la bouche d’un moribond. Elles forcent la porte qui était resté fermée si longtemps, et trouvent le léthargique sur le point d’expirer, « Mon cher frère, lui disent-elles, pour l'amour de Dieu, dites-nous ce qui s'est passé en vous durant tant d'années. Pourquoi ce silence ? pourquoi ces larmes? Que vous est-il donc arrivé ? Dites-le-nous, parlez-nous avant de mourir, » — Le moribond ouvre des yeux déjà à moitié fermés par la mort :
«“ Mes chers frères, dit-il, je me meurs, Avant de mourir, je veux vous expliquer l’étrangeté de ma conduite. Il y a douze ans, vous pensiez que mon âme s'était définitivement séparée de mon corps. Tandis que Mon Corps paraissait inanimé, mon ame comparaissait au tribunal de N otre-Seigneur Jésus-Christ. L'examen de toutes mes pensées, paroles et actions était commencé, J'en éprouvais une terrible rayeur ; car j'ignorais quelle en serait l'issue, et le moment de l’éternelle sentence approchait. Je ne saurais guère m'étendre sur ce que je vis alors, parce que mon âme était remplie d'horreur et d'effroi. Mais je puis vous certifier que le jugement qui suit la mort est tout différent de ce que nous pensons. Je vis quantité de péchés que j'avais oubliés ; même les péchés dont nous nous sommes repentis paraissent comme si nous n'en avions eu qu'un demi-repentir. Les bonnes œuvres que nous faisons sont, à l'examen que Dieu en fait, mêlées de tant de mal qu'on les prendrait plutôt pour des péchés que pour des bonnes œuvres. Dieu étale devant nous les grâces et les secours innombrables qu'il nous a donnés en vue de notre salut. Si sévère et si terrible est le compte à rendre de chacune des grâces reçues que je ne pourrais vous en donner une idée. Il semble à l'âme qu'elle n’a aucunement profité de la plupart des grâces de Dieu ; et de celles mêmes dont elle a profité, le fruit est si chétif qu'il ressemble presque à un abus. Malheur à celui qui abuse des gràces de Dieu! Au jour du jugement, Dieu se montre plus irrité contre lui qu'il ne le fut contre Sodome, sur laquelle il fit tomber une pluie de feu et de soufre, — Le jour du Jugement sera plus tolérable pour les habitants de Sodome que pour lui! — O jugement de Dieu ! d jugement de Dieu! que tu es terrible, et cependant comme on pense peu à toi! »
À ces mots, la voix du moribond est tellement étouffée par
(1) Matth. x, 15.
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