POURQUOI SOUFFRONS-NOUS
Dieu aime ses créatures, il en prend un soin ad quoi donc voyons-noùs tant de pauvres qui manquent de pain, de vêtements et d'habitation? Pourquoi, parmi les hommes, y en a-t-il qui sont aveugles, ou sourds, ou estropiés? d’autres qui sont fous, idiots, lunatiques ? — Ah! souvenez-vous que «rien ne se fait dans le monde sans Cause, el que ce n’est point de La terre que naissent les maux qui nous arrivent.2 » Mon enfant, soyez sûr que tout ce que Dieu fait est toujours pour le mieux. Pour le moment, nous ne voyons pas toujours la raison de sa conduite : mais, à la fin du monde, il nous révèlera pourquoi il aura fait chaque chose, 3 Cependant il n’est pas rare que la vie présente nous fasse voir comment les malheurs sont en réalité de grands bienfaits de Dieu. Vous en avez la preuve dans Joseph vendu par ses frères.
Joseph vendu par ses frères. -— Le saint patriarche Jacob avait douze fils. L'un d'eux, appelé Joseph, était d’une haute vertu. Ayant vu ses frères commettre une action abominable, il en avertit son père. Ses frères furent très-irrités de ce qu'il avait fait son devoir en dévoilant leur mauvaise conduite, et résolurent de se venger. Un jour done qu'ils faisaient paitre leurs troupeaux, Joseph alla les visiter; mais eux, le voyant
mirable; pour-
(1) I Cor, ur, 22. (2) Job. v, 6. (3) Jo. x, TT,
ne
RIBUTS,
r'oix ; le chapelet vous e bonne mère Marie ; e âme; les médailles rt contre les traits de tion de la très-sainte ir du Purgatoire et a parfois tomber une succédaient rapides Si les bienfaits de la sion, jour et nuit et S que sur votre âme.
us, » selon la parole
in admirable; pourmanquent de pain, ii les hommes, y en s? d’autres qui sont 1S que « rien ne se st point de la terre Mon enfant, soyez r le mieux, Pour le on de sa conduite ; urquoi il aura fait ue la vie présente n réalité de grands Joseph vendu par
patriarche Jacob était d’une haute ion abominable, il rrités de ce qu’il vaise conduite, et S faisaient paître is eux, le voyant
(3) Jo. xur, 7.
LIVRE I, — DIEU pr SES ATTRIBUTS, 33 venir, se dirent les uns aux autres : Profitons de l'occasion qui se présente, « tuons-le, » Tandis qu'ils hésitaient encore à exécuter leur dessein homicide, - quelques Marchands ismaélites vinrent à passer, Ils résolurent de vendre leur jeune frère à ces marchands, De quoi Joseph s'étant aperçu, se mit à pleurer, à sangloter et à les conjurer d’avoir pitié de lui; mais ils furent inflexibles et ils le vendirent pour vingt pièces d'argent, Les marchands conti-
nuèrent leur voyage, emmenant avec eux le pauvre Joseph jusqu’en Egypte.
Quel malheur! dira un enfant; quel malheur pour Joseph d'être ainsi vendu, de se voir séparé pour toujours de son père, et de ses frères, et d'être emmené dans un pays étranger où il ne Connaissait personne ! Mais il est dans les desseins de Ja divine
Providence que les plus grandes bénédictions résultent des plus
grandes affictions. Quelques années s'étaient à peine écoulées
depuis le malheur arrivé 4 Joseph, que le pays habité par son
pè.e et ses frères fut en proie à une si horrible famine, qu’on n'y
trouvait plus de pain à manger. Ayant appris qu'on vendait du
blé en Egypte, les fils du patriarche Jacob prirent des sacs et S'y
rendirent pour acheter leur provision. Arrivés en Egypte, ils se
présentèrent devant le 8OuVerneur à qui tout le blé appartenait,
O bonheur! il se trouva que le gonverneur était leur trère Joseph
qu'ils avaient vendu. Joseph pleura de joie en rev oyant ses frères.
Après leur avoir donné du blé en abondance, il leur dit de ne
point s'effrayer de leur conduite à son égard; car telle avait été
la volonté de Dieu qu'il fût ainsi traité et qu'il les précédât en Egypte pour leur Procurer du blé pendant la famine, — L'infortune de Joseph fut donc cause que ni lui, ni son père, ni ses frères ne Moururent de faim. Et c’est ainsi, répétons-le, que la divine Providence dispose les choses de manière que les plus grands biens résultent des plus grandes afictions, Elle fait même que n0S pertes deviennent Pour nous de véritables gains, Le vaisseau perdu, — Saint François de Sales était arrivé dans une ville appelée Ancône, et voulait s’y embarquer pour enise, Voyant un navire prêt à faire voile, il va trouver le Capitaine, lui paie sa place, monte à bord, et s’assied en attendant le moment du départ. Tandis qu'il était là tranquille, une personne vient lui dire : « Vous ne pourrez pas être du nombre des Passagers; car j'ai retenu ma place avant vous, etiln'yena point d'autre, » — François demande qu'on veuille bien lui permettre de rester, disant qu'il se contentera d’une toute petite place et qu'une nécessité pressante l'oblige à partir au plus tôt, Vaines paroles ! on ne l'écoute point; force lui est de reprendre son bagage et de sortir du vaisseau.
Le saint considérait comme bien ficheuse 1 belle occasion de se mettre en mer:
resta sur le rivage, regardant le navir.
MISSe
a perte d’une si pendant queue temps il e qui s’éloignait. Un vent
0 ME ni ane. 9h
favorable enflait ses voiles et accélérait sa marche; le soleil brillait ; le temps était calme. Mais à peine le naviré fut-il en pleine mer, que d'épais nuages couvrirent le ciel. Le tonnerre gronda, des éclairs sillonnèrent les nues au-dessus du vaisseau violemment ballotté par un vent impétueux. Pendant quelque temps, les matelots luttèrent contre la tempête; mais les vagues furieuses finirent par l'emporter. Saint François vit le navire s'engouffrer dans la mer, et tous les passagers furent noyés ! Le saint comprit alors que la perte de sa place avait été une faveur : s'il l'avait gardée, il eût péri avec tous ses compagnons de voyage. Mieux que jamais il se persuada que les accidents et les afflictions que la Providence lui ménageait, étaient pour son plus grand bien.
La grande leçon. — Retenez donc cette grande leçon : comine dans la potion amère que donne le médecin, se trouve la sant#: ainsi dans les tribulations que la Providence nous envoie, se trouve la bénédiction. Oui; les plus grandes bénédictions résultent des plus grandes afflictions. Par conséquent, dans les pertes et les revers de fortune, dans la maladie, dans la pauvreté, lorsqu'on se montre cruel envers vous, lorsque vos parents où vos amis viennent à mourir, lorsqu’approche l'heure de votre propre mort, ne dites pas : Quel dommage! Quel malheur! Dites plutôt : Je crois que c’est Dieu qui m'envoie cette affliction; je suis sûr que ce sera pour mon plus grand bien. Tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu, dit l'Apôtre.l
Vous allez voir maintenant que le meilleur parti à prendre, c'est de toujours nous résigner à la volonté de Dieu, et de dire en toutes circonstances : « O mon Dieu, que votre volonté soit faite. » — Ecoutez à ce sujet un pauvre mendiant.