‹ Le missionnaire des enfants [microforme]Chapitre 14 sur 228 · COMMENT DIEU PREND SOIN DE NOUS, OÙ IA DIVINE PROVIDENCE · texte numérisé non relu

COMMENT DIEU PREND SOIN DE NOUS, OÙ IA DIVINE PROVIDENCE

Les rosiers. — Un petit garcon possédait un jardin, et dans ce jardin il y avait des rosiers, Vous eussiez admiré le soin avec lequel cet enfant cultivait son jardin. Le temps était-il sec ? il creusait la terre au pied de ses rosiers, et allait chercher de l’eau à un puits fort éloigné pour les arroser. Un vent piquant et glacial venait-il à souffler? il les entourait de planches pour les garantir. Voyait-il une chenille ronger les feuilles de ses chers rosiers? il la tuait à l'instant, C'était avec. une sorte d'impatience qu’il attendait le temps où Les roses paraîtraient, Lorsque les boutons commencèrent à poindre, il allait voir tous les matins les progrès qu'ils avaient faits pendant la nuit, Quelle joie lorsque les roses furent épanouies, et qu'il put aû irer ces belles fleurs aux couleurs brillantes comme celles de l’arc-en-ciel!

Mais pourquoi ce petit garçon s’intéressait-il tant à quelques roses, tandis que beaucoup de personnes traversaient son jardin sans en faire aucun cas, sans même les regarder? Ah ! illes aimait et il en prenait tant de soin par la raison que ces roses étaient les siennes : il avait assez de bon sens pour soigner ce qui lui appartenait. Et Dieu, qui est la Sagesse même, n’aura-t-il pas soin de ses créatures, de l'ouvrage de ses mains? Un simple enfant avait dans le cœur un sentiment qui le portait à aimer ses roses. Pensez-vous que Dieu, qui vous a aimé de toute éternité, ne vous aime plus, maintenant que le temps de votre vie est arrivé ?

Comment Dieu prend soin du corps et de l'âme. — Mon petit enfant, voyez quel soin le bon Dieu prend de votre corps. « Toutes choses sont à vous, » vous dit saint Paul.2 Dieu a fait la terre pour qu’elle vous porte et que vous puissiez marcher à sa surface. Il a créé l'air pour que vous puissiez respirer. Le soleil, la lune, les étoiles, c’est lui qui leur a donné l'existence, afin qu'ils brillent au-dessus de votre tête, C’est grâce à lui que la lumière frappe vos yeux pour que vous puissiez voir, et que les

(1) Il Esdras, 1x, 17. (2) I Cor. 11, 22.

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sons arrivent à vos oreilles pour que vous puissiez entendre, Sa main a formé les pierres et l'argile, afin que vous puissiez avoir une maison pour vous abriter. Il vous a donné les animaux, afin que vous ayez des vêtements pour vous couvrir et pour entretenir la chaleur qui vous est nécessaire, Il a fait les plantes et tout ce que la terre produit pour que vous ayez de quoi vous nourrir. C'est ainsi que « £outes choses concourent à votre avantage.l »

Vous ne remuez jamais la main ou le pied, sans que Dieu soit là pour vous aider à le faire. Faites-vous un pas? levez-vous le bras? c'est lui qui donne à votre pied, à votre bras, la force dont il a besoin pour se mouvoir. Si Dieu cessait un seul moment de vous assister, à l'instant vous rentreriez dans le néant. C’est au Seigneur à diriger vos pas.? C'est lui qui met des pensées dans votre esprit ; et s’il ne le faisait pas, vous deviendriez subitement fou ou idiot. C'est ainsi que Dieu est bon pour tous, méme pour les ingrats.3 — Quand vous êtes malade, c’est Dieu qui vous guérit. Ecoutez la leçon que vous donne un lion à ce sujet.

Le lion estropié. — Il y avait près du Jourdain, à peu de distance de la ville de Jéricho, un monastère où demeurait saint Gérasime. Un jour le saint, se promenant sur les rives du Jourdain, fit la rencontre d'un énorme lion. Grande fut sa surprise de voir que ce lion ne marchait que sur trois pattes. La quatrième ne posait pas à terre; elle paraissait blessée, A la vue de saint Gérasime, le lion accourut vers lui, et, levant le membre blessé, il poussa un rugissement comme pour faire connaître combien il souffrait. Le saint lui prit la patte, l'examina et aperçut une grosse épine qui avait pénétré dans les chairs. Touché de compassion en voyant couler le sang du pauvre animal, il saisit l'épine avec précaution et la retira des chairs ;. ensuite il essuya tout le sang et le pus qui en sortaient, lava la plaie et la banda avec un linge bien propre. Après avoir accompli cet acte de bienfaisance, saint Gérasime reprit son chemin, sans plus penser à ce qu'il venait de faire. Quel ne fut pas son étonnement, quand, s'étant retourné par hasard, il s'aperçut que le lion le suivait! Arrivé au monastère, il en ferma la porte; mais le lion ne voulut point se retirer, ni s'éloigner de son bienfaiteur. Il devint un vrai animal domestique, à l'instar d'un chat ou d’un chien. Jamais il n'effraya personne ; au contraire, il rendit toutes sortes de services au monastère. Lorsque le saint sortait, il le suivait et ne le quittait pas uninstant, La mort de son bienfaiteur, qui arriva au bout de cinq ans, le rendit inconsolable; il alla se coucher sur la tombe et y resta trois jours et trois nuits sans boire ni manger; après quoi il rendit le dernier soupir. Telle fut la reconnaissance d’un vil animal envers un homme qui l'avait délivré d'une épine.

(1) Rom. vin, 28, (?) Prov, xvi, 9, (3) Luc. 1v, 85.

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Apprenez de ce lion à être reconnaissant envers celui qui vous guérit de vos maux. Souvenez-vous que c'est Dieu qui vous envoie la maladie, et que c'est sa main seule qui vous en délivre, Ne dites pas : « Oh! c'est tel remède qui m'a guéri; c'est ce médecin qui m'a rendu la santé, + C’est Dieu qui fait que le médecin et le remède vous guérissent, Dites done plutôt : « Mon Dieu, je vous rends gräces ; car j'étais malade et vous m'avez guéri; vous avez rappelé ma vie du trépas, et vous avez quéri tous mes maux ; | béni soit votre nom, 0 mon Dieu! »

Dieu prend soin non seulement des hommes, mais encore de toutes les autres créatures.

Les pierres et les autres créatures. — Oh! si vous saviez combien Dieu aime tout ce qu'il a fait, combien il prend soin de tout, même de ses moindres créatures, et comment ?/ se réjouit de leur faire au bien à toutes !? Il n’est pas jusqu'aux pierres qui ne soient l'objet de ses soins. Il veille sur elles et leur donne la dureté et la cohésion, La petite fleur des bois que personne peut-être n'a jamais vue, Dieu l’aime. C’est lui qui lui donne ces couleurs si belles, dont l'éclat surpasse celui du plus beau vêtement royal. Les oiseaux du ciel ne travaillent pas, et cependant ils mangent chaque jour à satiété. Qui donc prend soin de les nourrir? C'est le bon Dieu, dont la main a répandu partout la graine qui leur sert d'aliment. Le moucheron qui voltige cà et là, cet insecte si petit que vous pouvez à peine l’apercevoir, Dieu ne l'oublie pas ; il lui donne des ailes, et il aime à le voir voler

tout content aux rayons du soleil. Sa sollicitude s'étend même au vermisseau qui rampe sur la terre ; il ne le laisse pas manquer de nourriture, Or, si Dieu a tant de soin des pierres, des moucherons et de l'herbe des champs, vous oubliera-t-il, vous qui êtes son œuvre, l’œuvre la plus noble et la plus belle de ce monde visible? Et s’il a tant de soin de votre corps, quel soin n’aura-t-il pas de votre âme ?

L'âme. — Nulle langue humaine ou angélique qui puisse raconter les bienfaits dont le Seigneur a comblé votre âme, La Mère de Dieu est votre mère, Les anges qui veillent auprès du trône du Très-Haut, veillent auprès de votre âme. Les sept Sacrements, ces admirables signes producteurs de la grâce dont l'Eglise est la dispensatrice, ont été institués pour remplir votre âme des biens les plus précieux. La lumière du soleil arrive tous les jours jusqu'à vous; mais ce n'est rien en comparaison des lumières surnaturelles et des grâces qui descendent sans cesse du ciel dans votre âme. La félicité même dont Dieu jouit dans les cieux, sera votre félicité après votre mort.

Que d’autres bienfaits votre âme a encore reçus de la libéralité du Seigneur! Le crucifix vous rappelle que Notre-Seigneur

(1) Ps. on, 3-4, (2) Jér. xxx, 41.

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Jésus-Christ a été pour vous attaché à la croix ; le chapelet vous invite à vous mettre en relation avec votre bonne mère Marie ; l'eau bénite chasse le démon loin de votre âme; les médailles Vous servent de bouclier à l'heure de la mort contre les traits de Satan ; le scapulaire vous assure l'intervention de la très-sainte Vierge, pour vous faire promptement sortir du Purgatoire et vous introduire dans le ciel, Vous avez vu parfois tomber une forte averse; les grosses gouttes de pluie se succédaient rapides et serrées, et inondaient bientôt le sol. Ainsi les bienfaits de la divine Providence tombent-ils avec profusion, jour et nuit et

sans un moment d'arrêt, tant sur votre corps que sur votre âme. LU

Vous le voyez donc, « toutes choses sont à vous, » selon la parole de l’apôtre saint Paul.1

Mais Dieu nous envoie la souffrance !

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