‹ Le missionnaire des enfants [microforme]Chapitre 169 sur 228 · TROP TARD · texte numérisé non relu

TROP TARD

Invitons une de ces âmes qui brûlent dans les flammes de l'enfer, à venir s’agenouiller devant la croix, afin d'essayer si elle pourra obtenir le pardon de ses péchés et sortir de l'enfer. “ Pauvre âme, qui brûles dans ce feu inextinguible, viens donc

te mettre à genoux devant la croix de Jésus-Christ, et demandelui pardon. »

Maintenant voyez cette âme à

La prière d'une âme damnée, Christ, « O Jésus, dit-elle, je suis

&enoux devant la croix.

— Cette âme S'adresse à Jésustourmentée dans cette flamme !

(1) Ps. Lxxx, 16.

: Jour et nuit les larmes coulent de mes yeux comme par torrents. O Jésus, vous êtes mon Créateur ; vous m'avez rachetée : vous êtes un Dieu miséricordieux. Je viens à vos pieds vous demander si je pourrai un jour sortir de ce feu terrible qui me dévore, »

La réponse de Jésus. —— « Ame infortunée, lui répond Jésus, j'ai pitié de toi, parce que je suis en effet ton Créateur, et que je ne t'avais pas créée pour la souffrance, mais pour le bonheur. Je te voulais au ciel rt non en enfer, Comment aurais-je pu vouloir que tu tombasses en enfer, puisque j'ai tout fait pour t'en préserver? Rappelle-toi comment je suis descendu du ciel sur la terre pour te sauver, Te souviens-tu comment j'ai été méprisé; comment on m'a craché au visage et couronné d'épines ; comment j'ai été cloué au bois de la croix; comment je suis mort chargé d'opprobres après la plus cruelle agonie? Pourquoi tout cela ? Pour te préserver de l'enfer. Et, si cela ne suffit pas, je te dirai que pendant toute l'éternité j'ai pensé à te sauver ; mon cœur a toujours eu soif de ton salu. Je ne me suis épargné en rien pour te sauver; car quittant le ciel où j'avais en partage la félicité, je suis descendu sur la terre afin d'endurer pour toi tous les tourments. En voyant tout ce que j'avais fait pour toi, mon Père céleste dit en parlant de toi : « Oui, assurément, ; donnerai à cette âme toutes les grâces dont elle aura besoin, et mille fois plus qu’il ne lui en faudra pour se sauver, »

Arriva le moment fixé par Dieu pour te donner l'existence, Tu n'as pas été créée comme les vils animaux, Tu as reçu la raison et l'intelligence pour comprendre qu’il est juste de faire le bien, et criminel de faire le mal. De plus, je t'avais dit : « Fais le bien et tu seras heureuse pour toujours dans le ciel ; mais si tu fais le mal, tu seras punie en enfer. » Voilà ce que j'avais gravé dans ton cœur, Tu l'as entendu de tes oreilles des milliers de fois. Tu savais, tu sentais que ce que je te disais était conforme à la vérité et à la justice. Si un homme, sur la terre, mérite d'étre puni lorsqu'il viole une loi purement humaine, combien plus celui-là méritera-t-il d'être puni qui transgresse la loi que j'ai portée, moi, son Créateur et son Dieu? « Ainsi tu savais parfaitement que l'enfer serait ton châtiment, et tu n’en as pas moins fait le mal et transgressé mes commandements. Je pouvais par conséquent en toute justice t'envoyer dès lors en enfer. Je ne l'ai point fait, j'ai eu pitié de toi. Je t'ai exhortée au repentir, en te disant que tu l’obtiendrais facilement; mais au lieu de pleurer ton péché, tu as de nouveau violé ma loi, tu as continué et multiplié tes prévarications. Moi, je continuais de t'exciter à la pénitence ; dans lés angoisses de mon cœur de Père, je te conjurais de ne pas attirer sur toi un supplice éternel ; toi tu méprisais tous mes avis, tu ne te souciais nullement de mes reproches, tu me traitais avec une ingratitude que tu n'aurais point voulu témoigner au dernier des hommes. Tu semblais être ennuyée

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de ma tendresse. Mais moi,

qui savais quel châtiment allait fondre sur toi, je ne m'ennuyai

is pas de faire des efforts pour te sauver,

” Tes jours touchaient : leur fin. Mille fois mémoire la mort qui venait si rapidement ; tu n'as tenu ausun Compte de cet avis. Ta dernière heure allait sonner! et tu n'avais rien fait pour ty préparer, Tu avais tout fait, excepté l'unique

à lon salut. Si, pour te sauver, ième de ces peines que tu t'im-

| serais maintenant au ciel. La mort est venue ; citée à mon tribunal, tu as 6

Supplice éternel ; tu as avoué que

j'ai rappelé à ta

châtiment éternel ceux qui font le mal, Je dois garder ma parole ;

me une miséricorde que l'enfer soit éternel ; car si, malgré la Connaissance de cette vérité, il y en à tant qui violent ma loi; que serait-

l'enfer n'étaient Pas éternels? I] Y à des millions de bienheureux dans le ciel qui n’y sont que parce que les peines de l'enfer sont éternelles, Ils se Sont maintenus dans le devoir, Parce qu'ils ont

e séjour d'horreur, Tu pouvais

, Même encore maintenant le péché est dan comme au moment deta mor

le péché; ton cœur est prêt à vio toujours dans cette disposition.

» Ame maudite! tu me demandes miséricorde. Z/ est trop tard !

d tu étais encore sur la montrer miséricordieux 0p tard! Il faut que tu

L'âme réprouvée sait et sent que Dieu aurait tort de la déli-

vrer du châtiment éternel, Elle retourne donc dans les flammes

de l’enfer, en proie au plus affreux désespoir.

; 4 Point pour toi de Juérison.1 —

& de nous retirer, — miséricorde et qui n’a ent qui le brûle e subisse, Sur la cherche sa nourriture et finit par la son mal et finit par se , le damné tente d'arrêter arvient pas, Alors il se

terre, un homme qui a faim

(1) Jér, xpvi, 11.

met à réfléchir et à se demander combien de temps durera cet horrible embrasement. Ses pensées parcourent une immense série de millions et de millions d'années. Le feu s'éteindra-t-il enfin? Son intelligence lui répond : « Non; jamais — jamais — jamais! »

Voyez-le : dans l'excès de son désespoir, il s'est jeté à genoux, il prie. Il prie les yeux et les mains levés vers le ciel. Oh! qu'il prie bien. Aucune distraction n'éloigne ses pensées de la prière. Mais qui invoque-t-il? Est-ce Dieu? Non; jamais une prière ne monte de l'enfer vers Dieu ; « car, Seigneur, qui vous louera dans l'enfer ?\ » — À qui donc s'adresse-t-il? —’f] s'adresse à la mort: «“ O mort, s'écrie-t-il, viens donc m'arracher à cet horrible supplice ! O mort, lorsque je vivais, j'avais peur de toi, je te fuyais ; mais maintenant je t'aime, O mort, montre-toi donc bonne pour: moi; viens, ôte-moi la vie? » — La mort viendra-t-elle? — Non ; la mort fuit à son aspect. En ces Jours, les hommes chercheront la mort, et ils ne pourront la trouver.2

Voyant que sa prière n'est pas écoutée, il s'incline, prend deux grosses poignées de feu, et enfonce ce feu dans sa gorge pour s’arracher la vie, — 77 cherche la mort, et elle n° vient point.3 Le voilà de nouveau debout, Il court comme un insensé vers les murs de l'enfer, et se jette la tête en avant contre ces murs brûlants, espérant faire voler son crâne en éclats, mourir et mettre fin à ses tourments. Mais vain espoir! Z! cherche la mort, et elle ne vient point.

Le couteau. — Voyez cet homme grand et vigoureux. Emporté par la rage, il parcourt l'enfer avec une rapidité effrayante. Dans sa course, il fait jaillir tout autour de lui des éclairs de feu et de soufre. Ceux qui sont sur son chemin s'enfuient de terreur, Il mugit comme un bœuf en fureur, « Donnez-moi un couteau, s’écrie-t-il, donnez-moi un couteau! » C'est un assassin. Autrefois il a tué un homme avec un couteau, et maintenant il veut avoir un couteau pour se tuer lui-même. Quelquefois il porte la main en avant comme pour saisir un couteau ; ais il se trompe. En effet, il n'y a point de couteau. Z/ cherche la mort, et elle ne vient pas.

(1) Ps, vi, G, (2) Apoc. 1x, 6. (3) Job. ur, 21.

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