CHAPITRE IV
ENFANTS MA RTYRS,
Les premiers Martyrs de Jésus, — Un jour, on entendit de grandes lamentations dans la ville de Bethléem : beaucoup de Pauvres petits enfants venaient d'être massacrés, Un roi cruel appelé Hérode, voulant tuer l'Enfant-Jésus et ne sachant comment le distinguer des autres enfants, enveloppa ceux-ci dans un massacre général, Il y eut donc bien des pleurs et des gémissements à Bethléem, Les mères refusaient toute consolation, parce que leurs petits enfants n'étaient plus. Mais même dans les affictions qu’envoie la divine Providence, il y a des bénédictions : ces
: mères si affligées ne savaient pas que la mort était un bienfait, une bénédiction pour leurs petits innocents, En effet, ils mouru-
rent pour l’Enfant-Jésus, et Par conséquent ils sont pour toujours heureux dans le ciel avec Jésus,
Les enfants et la Vraie Cr avaient enfoui dans la terre | Sauveur, Personne ne sav
- À Jérusalem, des méchants à croix sur laquelle était mort le
où elle se trouvait, Cent quatrevingts ans plus tard, sainte Hélène étant allée dans la Terre- Sainte, voulut à toute force découvrir ce précieux trésor, Elle fit donc faire des reche: ‘hes, On prit des bêches, on creusa, on fouilla longtemps; enfin on trouva trois croix enfouies dans la terre, et près d'elles une planche avec l’écriteau : « Jésus de Nazareth, Roi du Juifs. » De ces trois croix l’une était certainement celle de Not: e-Seigneur, une autre celle du bon larron, et l
troisième celle du mauvais larron; mais comment distinguer la vraie Croix du Sauveur? I] y avoit alors à Jérusalem une femme dangereusement malade. L'évé ;1e Macaire se met aussitôt en prière pour obtenir de Dieu un signe qui fasse reconnaitre d'une rvi d'instrument à notre
manière évidente la Croix qui a se Rédemption. Ensuite les trois croix ayant été portées dans la maison de la malade, il les lui fait toucher l'une après l’autre,
; On lui en applique une
On lui en applique une, point de résultat Seconde sans plus d'effet ; enfin on lui fait toucher la troisième, et parfaitement guérie, Il était évident que
à l'instant elle est c'était là la vraie croix de Jésus-Christ, Sainte Hélène fit bâtir une magnifique église et y déposa la sainte Croix, après l'avoir
fait enfermer dans un étui d'argent.
Rene Cet
- sr TES
3 0 À LA RQ TL D A MDI GE SP
ge et À mn mon
Bien longtemps après, les Sarrasins fondirent sur Jérusalem et enlevèrent aux chrétiens ce précieux trésor. Lorsqu'on apprit dans le monde entier que la Vraie Croix était au pouvoir des Infidèles, ce fut une tristesse et un deuil universels. Tous se dirent : « Il nous faut recouvrer la Croix du Sauveur ; » et l’on vit des milliers d'hommes prendre la route de Jérusalem pour la reconquérir. Les enfants eux aussi aimaient la sainte Croix : et vous allez voir comment ils s’efforcèrent pour leur part de l'arracher des mains des Infidèles.
Les enfants se mettent en route pour recouvrer la Vraie Croix. — Un petit berger qui habitait le village de Cloies en France, déclara un jour que N otre-Seigneur lui était apparu, et lui avait dit de faire savoir aux peuples chrétiens qu’ils devaient s’efforcer de reconquérir la Vraie Croix. Il se mit donc à parcourir les villes et les villages en chantant ces paroles : « Seigneur Jésus, aidez-nous à recouvrer votre Croix! » Ces accents touchaient les cœurs de ceux qui les entendaient, comme s'ils étaient sortis de la bouche de Dieu même. Une multitude d'enfants se joignirent au petit berger et marchèrent à sa suite. De Paris seul, il y en eut quinze mille âgés de moins de douze ans. Partout où ils passaient, on leur faisait un accueil favorable.
Le Pape Innocent entendit parler de ces armées d'enfants et il s'écria : « Ces enfants nous font honte, Tandis que nous dormons, ils vont avec ardeur à la conquête de la sainte Croix, » — Après avoir marché longtemps, ils arrivèrent à une ville située sur les bords de la mer, à Marseille, où ils s'embarquèrent. Ils firent sur mer plus de six cents lieues et arrivèrent enfin à Jérusalem. Là, les méchants qui avaient enlevé la Vraie Croix, s'emparèrent d'un grand nombre d’entre eux et leur dirent : “ Vous allez abjurer votre religion ou bien vous serez mis à mort. » Ces généreux enfants méprisèrent leurs menaces, et moururent martyrs pour l'amour de Jésus.
En Allemagne, il y eut aussi vingt mille enfants qui entreprirent le voyage de la l'erre-Sainte, Une croix sur l'épaule et en main un bâton avec un petit sac contenant un peu de pain, ils se mirent en route, ayant à leur tête un petit garçon, appelé Nicolas, qui n'avait pas encore dix ans. Chemin faisant, beaucoup d'entre eux moururent de faim et de froid, et plusieurs furent en proie à des douleurs si cruelles, qu'ils se virent obligés de retourner chez eux. Ils gémissaient non pas à cause de leurs souffrances, mais parce qu’ils ne pouvaient pas rester avec leurs Compagnons et aller à Jérusalem revendiquer la Sainte Croix. Les autres continuèrent leur marche. Arrivés à la mer, ils s’embarquèrent pour Jérusalem; mais les deux vaisseaux qui les portaient ayant été engloutis dans les flots, ces petits soldats de
Jésus furent tous noyés. A cette nouvelle, le pape Grégoire IX ordonna de retirer leurs corps de la mer, et fit bâtir en leur
rent sur Jérusarésor. Lorsqu'on était au pouvoir iversels. Tous se auveur ; » et l’on Jérusalem pour la sainte Croix :
our leur part de
puvrer la Vraie lage de Cloies en | était apparu, et is qu'ils devaient it donc à parcoules : « Seigneur ! » Ces accents lent, comme s'ils
Une multitude èrent à sa suite.
e moins de douze cCueil favorable.
nées d'enfants et 'andis que nous à Sainte Croix, »
ent à une ville s'embarquèrent.
rrivèrent enfin à la Vraie Croix, et leur dirent :
Jus serez mis à urs menaces, et
ants qui entrex sur l'épaule et un peu de pain, ; garçon, appelé aisant, beaucoup plusieurs furent irent obligés de Cause de leurs ester avec leurs à Sainte Croix.
mer, ils s’embartux qui les poretits soldats de pe Grégoire IX t bâtir en leur
honneur une église qu'on appela l'église des nouveaux Suints Innocents. Il voulut que leurs corps fussent gardés dans cette église comme des reliques de martyrs, parce qu’ils avaient donné leur vie pour la foi.
Une leçon pour les enfants. — Ces enfants entreprirent un voyage d'environ mille lieues pour aller à J érusalem reconquérir la Vraie Croix. — Chaque enfant, dès sa naissance, à un long voyage à faire : ce n’est pas un voyage à Jérusalem, c'est un voyage au ciel! Or, le chemin qui conduit au ciel, c’est la vertu, la fuite des mauvais Compagnons ef la fidélité à la prière, — La Vraie Croix est une chose très-sainte, parce que c’est sur elle que Jésus-Christ est mort ; cependant, ce n’est que du bois. Vous, mon petit enfant, vous allez recevoir non pas le bois de la Croix, mais quelque chose de plus noble : vous allez recevoir, dans la sainte communion, le vrai Corps de Jésus, qui a été cloué à la croix!
Enfants anglais martyrs. — 11 ÿ à six cents ans, il y avait dans la ville de Norwich en Angleterre un jeune garçon nommé Guillaume. I] était en apprentissagé chez un corroyeur. Pendant le Carême, vers la fête de Pâques, quelques méchants l'attirèrent chez eux dans le dessein de le tuer, parce qu'il était chrétien. S’étant saisis de lui, ils le lièrent et lui mirent un linge dans la bouche, pour l'empêcher de crier et d’appeler du secours. Une croix était préparée, ils l'y clouèrent ; puis, au moyen d’un couteau, ils lui ouvrirent le côté ; de sorte qu'ils firent subir à cette innocente victime le supplice même que les Juifs avaient fait subir 4 Jésus-Christ. Le petit martyr le souffrit avec une patience admirable : il mourut crucifié pour l'amour de Jésus.
Dès qu’il eut expiré, ses bourreaux le détachèrent de la croix ; puis, le dimanche de Pâques, l'ayant mis dans un sac, ils le portèrent hors de la ville, à un endroit peu éloigné appelé Thorp
sse profonde pour enterrer le saint corps. Mais tandis qu'ils étaient occupés à ce travail, ils
e quelques hommes méchants qui le soufiletérent et le déchirèrent à coups de fouet,
Poussant encore plus loin leur fureur, ils lui coupérent la lèvre
supérieure et lui brisèrent les dents. Enfin ils le clouèrent à une croix et lui percèrent le côté, Le pauvre enfant souffrit ces mauvais traitements avec une patience héroïque et mourut martyr pour l'amour de Jésus.
Que les enfants soient au moins patients quand ils ont quelques souffrances à endurer. Il n’est pas probable que vous, mon petit enfant, vous ayez à mourir martyr pour l'amour de Notre-Seigneur ; cependant vous aurez très-probablement à soufrir beau- Coup avant votre mort. Si vous souffrez avec patience pour l'amour de Jésus, ce bon Sauveur en sera satisfait et il vous donnera une magnifique récompense dans le ciel, « Si toutefois nous souffrons avec lui, dit l'Apôtre,l afin que nous régnions avec lur. »
Saint Cyriace, l'enfant mariyr. — Saint Cyriace n'avait que
trois ans, lorsque sa mère, Juliette, fut citée devant le juge parce qu'elle était chrétienne. Elle se présente au tribunal avec son enfant dans les bras. Le juge lui'commande d’adorer les faux dieux. « Je ne le puis, répond-elle ; je suis chrétienne. » A ces mots, le juge ordonne que son enfant lui soit nlevé et qu'elle soit flagellée, Pendant ce temps, le cruel juge tient sur ses genoux le petit Cyriace; mais voilà que celui-ci s’écrie en s’efforçant de se dégager : « Moi aussi, je suis chrétien! » Le juge irrité saisit violemment l'enfant et le lance contre des marches de pierre, qui sont là devant lui. La tête dn petit martyr est brisée; il meurt sur le coup et les pierres sont teintes des débris sanglants de sa cervelle. « Mon Dieu, s’écrie la pieuse mère à ce spectacle, je vous remercie d’avoir appelé mon petit enfant au ciel avant moi! »
Sainte Térèse. — Sainte Térese, étant âgée de six ou sept ans, avait un petit frère à peu près du même âge. Ils lisaient Souvent ensemble les Vies des Saints. Elle-même a écrit sa propre vie, et voici ce qu’on y lit : « En voyant, dit-elle, ces divers genres de supplices que les martyrs enduraient pour Dieu, je trouvais qu’ils achetaient à bon compte le bonheur d'aller jouir de lui, et j'aspirais, moi aussi, à une mort si belle, de toute l'ardeur de mes désirs. Ce n'était pas l'amour de Dieu qui faisait ainsi palpiter mon cœur; je voulais seulement me voir au plus tôt dans le ciel, en possession de cette ineffabie félicité dont les livres nous faisaient la description, Nous délibérions ensemble sur les moyens d'atteindre notre but. Le parti qui nous souriait davantage était de nous en aller, demandant notre pain pour l'amour de Dieu, au pays des Maures, dans l'espoir qu'ils feraient tomber nos têtes sous le glaive. Dans un âge aussi tendre, le Seigneur nous donnait, ce me semble, assez de courage pour exécuter un tel dessein, si nous avions pu gagner le sol infidèle: mais nous avions un père et une mère : et c'était là le grand
(1) Rom.
clouèrent à une ouffrit ces maumourut martyr
ils ont quelques vous, mon petit * de Notre-Seià souffrir beauce pour l'amour us donnera une nous souffrons VEC Lu. »
ace n'avait que it le juge parce bunal avec son dorer les faux tienne, » À ces é et qu’elle soit r ses genoux le efforçant de se ge irrité saisit hes de pierre, r est brisée; il ‘bris sanglants à ce spectacle, au ciel avant
de six ou sept re. Ils lisaient ne à écrit sa t, dit-elle, ces nt pour Dieu, ir d'aller jouir elle, de toute jeu qui faisait > voir au plus icité dont les ons ensemble nous souriait re pain pour qu'ils feraient ssi tendre, le ‘ourage pour > sol infidèle ; là le grand
obstacle à nos yeux. Nous étions frappés d’un étonnement étrange, en lisant dans les livres que les châtiments comme les récompenses doivent durer à jamais. Que de fois cette pensée fut l'objet de nos entretiens! Nous aimions à redire sans nous lasser : Quoi! pour toujours! toujours! toujours ! Et lorsque j'avais ainsi passé un certain temps à répéter ces paroles. Dieu, malgré ma tendre enfance, faisait briller la vérité au fond de mon âme, et m'enflammait du désir de marcher dans le chemin qui conduit à l'éternelle vie.
» Voyant qu'il nous était impossible d'aller au lointain pays des Maures moissonner la palme du martyre, nous résolûmes de mener la vie des ermites du désert. Dans un jardin attenant à la maison, nous nous mimes à bâtir de notre mieux des ermitages, en posant l'une sur l’autre de petites pierres qui tombaient presque aussitôt. Ainsi toute tentative de réaliser nos désirs demeurait impuissante.….
» Je faisais l’aumône autant que je le pouvais, mais aon pouvoir était bien restreint. Je savais trouver des heures de solitude pour m: reices de piété, qui étaient nombreux; je me plaisais sur . réciter le saint rosaire : c'était une dévotion que Ma mère avait extrêmement à cœur, et elle ayait su nous l'inspirer.l »
Les enfants doivent remarquer ‘que sainte Térèse priait Dieu de lui accorder la grâce du martyre. Jamais un enfant ne sera sage, s'il ne dit pas bien ses prières. Si un enfant prie bien, il mène une bonne vie; et s’il mène une bonne vie, il fait une bonne mort.