CE QU'ON PEUT FAIRE AVEC LES PETITS ENFANTS
Saint Boniface reçut l'habit religieux à l’âge de quatre ans. Le vénérable Bede, saint Placide et sainte Mechtilde le reçurent à l’âge de six ans. Saint Louis de Gonzague avait coutume de dire qu'il s'était converti à l’âge de six ans.
Le choix de l'enfant. — Comme la princesse Eadberge! était encore à l’âge le plus tendre, le roi Edouard Ie, son père, voulut éprouver ce qu'elle préférerait : des choses «: : onde ou de la religion. Peux tables furent préparées sur loc. du roi. Sur l’une, on vo} un calice semblable à cet lon! : servent les prêtres à l'autc: :endant.la sainte messe, et sus le livre des
(1) Ps. x, 6.
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saints Evangiles; sur l'autre, s'étalaient de riches bracelets et de brillants colliers. Eadberge était sur les genoux de son père : « Mon enfant, lui dit le roi, choisis ce qui te plait le mieux. - Aussitôt, détournant ses regards des bracelets et des colliers, cornme s'ils lui déplaisaient, l'enfant va se mettre À genoux devant les objets sacrés qui sont sur l’autre table. Tous ceux qui étaient présents augurèrent de là que cette enfant deviendrait une grande sainte.
Premières impressions. — « L'enfance, dit le P. Faber, est un <emps d’études incessantes. L'enfant apprend .au jeu aussi bien qu'à l’école. Il observe sans savoir même qu'il observe. Vous trouverez peu d'hommes qui, dans un âge plus avancé, soient devenus plus observateurs qu'ils ne l'étaient dans leur enfance » La croissance de l'enfant a de l'analogie avec celle d'un jeune arbre. Courbez l’arbrisseau à droite, il croîtra à droite; courbez-le à gauche, il croîtra à gauche, L'enfance est comme une feuille de papier blanc : vous pouvez y écrire tout ce qu'il vous plait. L'enfance ressemble à une cire molle, qui est prête à recevoir toutes les formes.
Par considération pour la faiblesse des enfants, aussi bien qu’à raison des grâces dont ils sont susceptibles, saint Pacôme déployait un zèle particulier pour les former aux pratiques de la piété. Il disait qu'à cet âge on peut facilement contracter l'habitude de marcher en la présence de Dieu,'et faire des progrès dans la perfection, à l'exemple du jeune Samuël. Il comparait les enfants à une terre qui produit à proportion des soins que l'on met à la cultiver, mais qui ne donne que des
‘ ronces el des broussailles, quand on la néglige. Prenous donc,
concluait-il, un soin particulier des jeunes gens, comme Dieu nous l'ordonne ; et alors nous aurons lieu d'espérer que Dieu aussi prendra soin de nous.
« Nos premières affections et nos plus lointains souvenirs sont, selon Digby, comme le phare de nos jours futurs. Occupations distrayantes, ajoute-t-il, efforts violents, noirs chagrins, rien ne pourra les effacer complètement. Notre cœur restera attaché jusqu’à son dernier battement à ce qui à conquis ses premières . sympathies, comme aussi notre mémoire conservera toujours le souvenir de ce qui a tout d'abord frappé nos regards, et cela en dépit de tous les obstacles qui pourraient survenir.1 ;
Voici un fait historique, Un père, se voyant dans la nécessité de laisser souvent son enfant seul dans son berceau, avait cou-
S petites mains pour l’amuser.
térieuse qui ne fit que s'accroître avec l'âge ; et celui qui jouait
avec les fleurs dans son berceau devint le célèbre Linnée.
(1) Digby. Compitum, pag. 28.
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