‹ Le missionnaire des enfants [microforme]Chapitre 38 sur 228 · RE EE · texte numérisé non relu

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« La grande source des maux qui affligent le monde, a dit un homme d'Etat moderne, c’est que les enfants ne reçoivent pas l'instruction précoce qui leur conviendrait dans les premières années de leur vie. Quand vous voulez dessécher un marais, non seulement vous pompez l'eau qui séjourne sous le sol, mais remontant au principe du mal, vous détournez les sources qui fournissent l'eau, et vous changez ainsi le marais en un terrain productif. Ainsi devez-vous arrêter le vice dans sa source première, en semant dans l'esprit des enfants les principes de la religion et de la morale. »

Il suit de là que les parents doivent surveiller leurs petits enfants avec un soin excessif. Qu'ils fassent bien attention à ce que leurs enfants entendent, à ce qu'ils voient, aux compagnons qu’ils fréquentent. Ce que l'on apprend dans l'enfance, on ne l'oublie jamais. Les impressions produites chez un enfant sont à jamais ineffaçables ; elles l'accompagneront pour son bonheur ou pour son malheur durant toute l'éternité.

Impression d'un regard sur un enfant. — Il existe en Belgique une ville appelée Thourout; un tout petit garçon nommé Achas y habitait. Un jour, quelques religieux franciscains entrèrent dans la maison de son père. L'air de bonté et de sainteté peint sur leur visage le frappa singulièrement. Achas se sentit un vif désir d’être vêtu comme eux; en ayant obtenu la permission de son père, il voulut aussi suivre leur genre de vie et prêcher comme il le leur avait vu faire. IL aimait à réunir autour de lui les autres enfants et à leur raconter la vie des saints. Il donnait de bons avis à tous, même à ses parents et aux personnes qui venaient de loin pour l'admirer. Il vécut saintement, et mourut à l’âge de sept ans.

Impression d'une parole sur un enfant. — Saint Grégoire, dans sa vieillesse, alla un jour demander l'hospitalité dans un monastère. Les moines le prièrent de leur raconter l’histoire de sa conversion, « Etant encore tout petit, leur dit-il, j'entendis par hasard prononcer le nom de saint Martin. Je ne savais ni si c'était un martyr ou un confesseur, ni quel bien il avait fait dans le monde; néanmoins je pris l'habitude de jeûner en son honneur, et si quelques petites pièces de monnaie m'étaient données, j'en faisais l’aumône aux pauvres pour l'amour de lui. »

Dans son enfance, sainte Catherine de Sienne entendit parler des saints personnages qui vivaient dans les déserts de l'Egypte. Eprise du désir de leur ressembler, elle sortit de la ville par la porte qu'on appelle maintenant porte de Saint-Marc. Elle marcha jusqu’à ce qu’elle eùt perdu de vue toutes les maisons. Alors elle se crut dans le désert qu’elle cherchait; ayant aperçu une cavité dans le flanc d’une colline, elle s’y tint cachée jusqu'à ce qu’il lui vint la pensée que ses parents allaient étre inquiets de ne

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LIVRE II, — LES PETITS ENFANTS. 75 pas la voir rentrer à la maison, C'est pourquoi elle s'en retourna dans la crainte de manquer à l’obéissance,

De toutes les impressions du jeune âge, aucune n'est comparable à celles de la première communion.

Impressions de la première communion. — Le Tasse fréquentait le collège des Pères Jésuites. I1 fit sa première communion à l'âge de huit ans. Voici les paroles qu'il a écrites à ce sujet : «“ Jamais je n'oublierai le sentiment de dévotion qui s'empara de moi à la vue de la sainte beauté dont resplendissait le temple sacré au jour de ma première communion. Avec quelle piété se frappaient la poitrine ceux qui allaient avec moi recevoir le corps de Jésus-Christ! Ce sont des souvenirs qui ne me quitteront jamais. » — Heureux les enfants dont les premières impressions se rapportent à Jésus au Saint-Sacrement |

Il y avait un grand empereur qui se nommait Napoléon Bonaparte, Un jour, il livra une grande bataille. L'armée ennemie prit la fuite, et il se trouva maître de la moitié de l'Europe. En ce moment, un de ses généraux lui dit : « Sire, voici le plus beau jour de votre vie. » — « Vous vous trompez, répondit

l'empereur : le plus beau jour de ma vie, c’est le jour de ma première communion. »

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