‹ Le missionnaire des enfants [microforme]Chapitre 55 sur 228 · CDR CR RS OR · texte numérisé non relu

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orbites ; sa respiration est courte et difficile; il a le râle de Ja mort. C'était un spectacle effrayant que celui de cet homme à l'agonie ; encore un moment et son âme allait passer de ce monde au jugement de Dieu. Mais il ÿ avait là un autre spectacle encore plus triste, Autour de leur père mourant, se trouvaient à genoux cinq petits enfants. Ils savaient bien ce qui se passait : ils savaient que leur pauvre père allait mourir. Oh! quelle n'était pas leur tristesse, leur désolation! Ils pleuraient, ils gémissaient, ils sanglotaient à la vue de leur père agonisant,

Petit enfant, peut-être la mort a-t-elle visité votre maison aussi bien que la maison dont je vous parle, Peut-être y a-t-il dans votre maison une mort plus effrayante : la mort d'une âme causée par le péché mortel, Comment cette mort est-elle entrée dans votre maison? — C'était un dimanche peut-être, Votre frère manqua à la messe par sa faute ; il revint donc chez vous ayant une âme morte, tuée par un péché mortel. Lorsqu'il ouvrit la porte de la maison, il introduisit auprès de vous une âme assassinée ! Vous, ses frères et ses Sœurs, Vous êtes-vous réunis autour de lui pour pleurer, pour gémir, pour sangloter à la vue de sa pauvre âme? Avez-vous dit : « O mon frère, votre âme est morte! pauvre âme! Nous pleurons sur vous, mon frère, et des larmes coulent de nos yeux parce que votre me est morte ? « — « J/4 se lamenteront sur vous à haute voiæ, et ils pousseront des cris amers... et, dans l'amertume de leur Cœur, is verseront des larmes sur vous avec un regret sensible et cuisant.\ »

L'enfant mortde peur. — « Lis mouraient tout tremblants.? » — Votre œil rencontre parfois certaines choses qui rappellent la mort à votre souvenir, C'est, par exemple, le plumet flottant d'un char funèbre qui porte un défunt à sa dernière demeure, ou bien un visage pâle comme un cadavre, etc. Alors la frayeur s'empare de vous; car, « 6 mort, que ton souvenir est amer 13» — Pécheur, vous portez la mort au-dedans de VOUS, Vous avez en vous une âme morte ; et vous n’en êtes pas effrayé!

Un petit enfant n'avait Jamais vu un mort. Quelqu'un étant venu à mourir, on conduisit l'enfant le soir dans la chambre où le défunt était exposé sur un lit funèbre, De tout près et à la pâle lueur d'un cierge, il vit pour la première fois un corps inanimé! Le pauvre enfant se mit à trembler à Ja vue de l'étrange pâleur de ce visage, de ces yeux fixes, de ces lèvres qui ne respiraient plus, de ces mains sans mouvement, de l'immobilité étonnante de ce cadavre, On lui dit : « Vous allez rester ici toute la nuit, dans l'obscurité, sans aucune lumière, tout seul avec le mort! » Tous en effet se retirent, laissant l'enfant seul avec le cadavre; mais ils se tiennent en dehors, tout près de la chambre, pour voir s’il éprouvera quelque frayeur!

(1) Ezech. xxvrr, 30-91. (2) Sag. xvrr, 9, (8) Eccli, xur, 1.

Au bout de quelques instants, ils entendent un cri de terreur, puis un bruit comme si quelque chose tombait lourdement sur le plancher, Ils ouvrent aussitôt la porte et trouvent le pauvre enfant étendu par terre. Ils le relèvent : il était mort! La frayeur qu'il avait éprouvée en se trouvant seul, dans l'obscurité, avec un cadavre, lui avait ôté la vie.

O pécheur, dans l'obscurité de la nuit, vous êtes seul, non pas avec un corps mort, mais avec une âme morte! et vous n'êtes pas effrayé ! Mais si Dieu vous ouvrait les jeux, pour vous montrer quel monstre épouvantable et horrible est cette âme morte qui est au-dedans de vous, vous ne vous léveriez plus de votre lit. La vue de votre propre âme tuée par le péché vous ôterait la respiration, le sentiment et la vie,

L'enterrement au milieu de la nuit. — « Ils seront en oppr'obre parmi les morts à jamais 1 » — Le cinquième commandement de Dieu dit : « Vous ne tucrez pas, » Sous l’ancienne loi anglaise, le cadavre d'un homme qui s'était suicidé était étendu sur une planche, Au milieu de la nuit, on l'enlevait ainsi couché sur la planche, et on le portait hors de la ville, par des chemins isolés à travers la campagne, jusqu’à ce qu'on arrivât à un endroit où quatre routes se croisaient. Là, on déposait le cadavre. A la lumière d’une lanterne, on creusait une fosse profonde au moyen de pioches et de pelles ; puis on soulevait le cadavre et on le jetait au fond de cette fosse que l'on comblait ensuite. Ainsi celui qui s'était suicidé était enfoui comme un chien, et l'on disait : «Il y a ici quatre routes qui se croisent et beaucoup de monde y passe ; eh bien! que chacun foule au pied la tombe de cet homme qui s'est tué lui-même! » — Misérable pécheur, meurtrier de toi-même, lorsque tu as commis ce péché, tu n'as pas tué ton Corps qui est mortel, mais tu as assassiné ton âme immortelle, ton âme dans laquelle Dieu avait inspiré un souffle de vie; tu as ainsi mérité d'être enfoui comme un chien! « // sera enfoui comme un vil animal corrompu ; ü sera en Putréfaction et on le jettera hors des portes de Jérusalem? »

O âme qui vous êtes donné vous-même le coup de la mort, que vous êtes hideuse et épouvantable !

SECOND EFFET DU PÉCHÉ MORTEL : LA LAIDEUR HORRIBLE D'UNE AME EN ÉTAT DE PÉCHÉ MORTEL,

Un miroir. — Voici un corps qui est dans un état bien lamentable : le crane, l’épine dorsale, les bras et les Jambes, les os des mains et des pieds, tout cela est brisé et broyé ; toutes les chairs sont déchirées et mises en lambeaux, Toutes les maladies pos-

sibles se sont réunies sur ce corps : il a la fièvre typhoïde, la

(1) Sag. 1v, 19, (2) Jer, xx, 19,

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tièvre jaune, la fièvre scarlatine, le choléra, la peste, la phthisie, la jaunisse, l'hypertrophie du cœur ; il est sourd et aveugle; il a une rage de dents; il éprouve enfin toutes les souffrances que peuvent endurer les hommes, — O pécheur, votre âme est un million de fois plus à plaindre, Lorsque vous commettiez ce péché mortel, {a coupe de la cotere de Dieu était versée sur vous, et une plaie cruelle et pernicieuse se faisait dans votre âme.\ » O âme, Ô âme qui êtes en état de péché mortel, quelle blessure cruelle et pernicieuse vous vous êtes faite! Vous pouvez dans un miroir contempler l'image de votre Corps; mais, dans ce corps si misérable que je dépeignais tout à l'heure, vous pouvez voir votre propre image. Toutefois vous êtes mille fois plus horrible encore, « Toute tète est languissante, et tout cœur abattu. Depuis la Plante des pieds Jusqu'au sommet de la tête, Ü n'y à rien de sain en lui ; Ce n'est que blessure, que contusion et que plaie enflammée.? »

Le cimetière, — Dans le voisinage d'une ville, il ÿ a un vaste cimetière dans lequel on compte trois cent soixante-cinq grands Caveaux où tombeaux ; chacun de ces caveaux est assez spacieux pour contenir des centaines de cadavres. On ne les remplit pas de terre ; maisonlesrecouvre seulementaver une grande pierre carrée. Chaque jour de l’année, on ouvre un de ces Caveaux pour y mettre tous les corps qui doivent être ensevelis ce jour-là. C’est la coutume que l’on jette les cadavres sans cercueil dans cette fosse, Or, un homme leva un jour la pierre qui couvrait l’un de ces Caveaux, Oh! quel spectacle! C'est là que vous eussiez vu la mort! Il y avait des cadavres par centaines : les uns avaient la face tournée en haut, les autres .en bas; ceux-ci étaient étendus contre le mur, ceux-là tendaient leurs mains desséchées comme pour montrer un objet, On voyait des Yeux sortant de leurs orbites, des oreilles tombantes, des dents hors de leurs mâchoires, des chevelures éparses çà et là, des mains et des pieds séparés de leurs corps, des os qui perçaient la peau, Cette masse immense de chairs livides et putrides était de toute couleur, depuis le blanc jusqu'au noir. En certains endroits, la chair était dure ; ailleurs, elle était comme liquide. On voyait des milliers et des milliers de vers qui tiraient leur pâture de ces chairs mortes. L'infection de ces matières corrompues était si horrible que, si celui qui avait levé la pierre ne l'avait pas replacée à l'instant, il aurait été asphyxié et serait tombé mort au milieu de ces cadavres.

0 pécheur, écoutez les paroles de Jésus-Christ. Il vous appelle “ sépulcre plein d'ossements inanimés et de toutes sortes de Pourriture3 » O âme en état de péché mortel! vous êtes donc semblable à une fosse profonde du cimetière, fosse que remplit non une pourriture de chair et de sang, mais une pou-riture

(1) Apoe, xvr, 2. (2) Is. 1, 5-6, (3) Matth. xxrrr, 27,

spirituelle de pensées, de désirs, de paroles et d'actions. Or, si la laideur d'un cadavre est affreuse, la laideur de l'âme doit être bien plus affreuse encore, O âme en état de péché mortel! vous êtes un sépulcre rempli d'une infection diabolique et infernale. Maintenant, vous étes un sépulcre fermé, un monument scellé; aucun œil ne peut y pénétrer, A l'extérieur, on pourrait croire que vous êtes belle, revêtue de satin et de soie, ornée d'or et d'argent; mais le jour viendra où, au son de la dernière trompette, le sceau du monument Sépulcral sera brisé et où le tombeau sera ouvert, Alors tous les Jeux verront votre âme telle qu'elle est, et ce spectacle sera le plus horrible, le plus affreux, le plus abominable qu'on puisse Voir : « wn spectacle odieux à toute chair. \ »

La mort de l'âme est pire même que ce genre de supplice affreux dont nous parle l'histoire ancienne.

Le supplice affreux. — Un homme fut un jour condamné à mourir d'une mort vraiment épouvantable, Il y a de cela longtemps : c'était aux siècles du paganisme, avant l'établissement de la religion chrétienne, On fit approcher le condamné d'un cadavre noir comme s'il avait été Atteint du choléra ; on le lia à ce cadavre, mais si étroitement et si solidement. que tous ses efforts pour s'en détacher devaient être inutiles. Le malheureux &vait tremblé de frayeur à la seule vue de l'horrible fardeau qu'il allait porter, Mais lorsqu'il en sentit la charge peser sur lui, un frisson mortel circula dans tous ses membres. Ce n'était cependant que le commencement de son supplice. L'épouvantable fardeau ne le quittait point; pendant le jour, il voyait de ses yeux ce cadavre horrible qui s’attachait à lui; dans les ténèbres de la nuit, ce même cadavre était son seul compagnon. L'odeur fétide qui s'en exhalait était insupportable, Les vers commençaient à s'y engendrer; ils pénétraient dans la bouche, dans les yeux, dans les oreilles, dans les narines. Impossible d'imaginer un spectacle aussi effrayant. Ceux qui apercevaient de loin ce malheureux poussaient des cris de terreur et prenaient la fuite, Les animaux mêmes s’enfuyaient à son approche. L’infortuné hurlait de désespoir, et ses hurlements retentissaient dans toute la contrée, Il se déchirait la langue et se jetait contre les rochers, Enfin il perdit connaissance et suceomba sous le poids de son horrible fardeau !

Malheureux pécheur! vous marchez, vous aussi, enchaîné à un cadavre, non pas à un cadavre atteint du choléra, non pas à un cadavre de chair et de Sang, mais à un cadavre encore plus affreux, au cadavre d'une âme mise À mort par l'enfer! « Mes béchés, disaitle roi David pénitent, semblables à un lourd fardeau, se sont appesantis sur moi? » Pauvre pécheur, serez-vous donc

(1) Is, Lxvr, 24, (2) Ps, xxxvur, 4.

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abandonné et devrez-vous périr sous ce fardeau accablant? Serez-vous donc réduit à hurler d'épouvante, à vous déchirer la langue dans la rage du désespoir, à vous jeter contre les rochers dans un affreux délire, et enfin à tomber dans les flammes de l'enfer? Votre mal est-il donc incurable? « N'y a=t-il point d’ baume en Galaad? n'y a-t-il point de médecin pour vous guérir Pl » O pauvre pécheur, que telle ne soit point votre pensée! Vous serez délivré.du Poids de cette mort, si vous le voulez. Qui vous en délivrera? La grâce de Dieu par Jésus-Christ Notre- Seigneur? — Peut-être croirez-vous qu'une âme en état de péché mortel n'est pas réellement aussi horrible que je viens de vous le dire, Ecoutez donc la parole d'une sainte, de sainte Catherine de Gênes : « Dieu, dit-elle, me fit voir une âme en état de péché mortel : c’est un monstre si affreux, qu'il n’y a rien de comparable sur la terre ; il est impossible de se figurer quelque chose d'aussi horrible, »

L'ombre de la mort, — « N'oubliez pas que vous êtes assis dans les ténèbres et à l'ombre de la morts » Quelle est cette mort à l'ombre de laquelle vous êtes assis? Est-ce la mort qui séparera votre âme de votre corps ? Non, ce n’est pas cette mort-là ; c'est une autre mort, une mort appelée la « seconde mort! » Cette mort a son séjour en enfer et elle n'en sort pas, Elle nous envoie son ombre, et vous vous asseyez à l'ombre de cette mort, comme si vous vous asseyiez à l'ombre d'un arbre ou d'une maison. Levez les yeux, 6 pécheur, et regardez cette ombre de la mort qui s'élève, s'étend et plane sur vous. Oui, la voilà ; elle s'élève à votre côté. Oh! quelle ombre obscure, quelle ombre triste ! Quel aspect cruel et menaçant! Vite donc, 6 pécheur, retirez-vous de cette ombre de la mort et réfugiez-vous vers Dieu, qui est toujours prêt à éclairer ceux qui sont assis duns les ténèbres et à l'ombre de la mort.5

Mais vous ne savez pas encore ce qu'il y a de pire dans le péché mortel, « La colère de Dieu n'est pas encore apaïsée, Sa main est encore étendue. » Voyez ce que vous perdez, lorsque vous commettez un péché mortel,

TROISIÈME EFFET DU PÉCHÉ MORTEL : LA PERTE DE DIKU OU L'ABOMINATION DE LA DÉSOLATION.

La chambre mortuaire, — Vous êtes-vous jamais trouvé dans une chambre au moment où une Personne venait de mourir? Vous avez dû remarquer quelle étonnante et effrayante solitude il se fait autour de son corps. Oh ! que le corps paraît délaissé au moment où l'âme vient de l'abandonner! — Pécheur, si le corps

(1) Jér, vu, 22, (2) Rom. vir, 24-95. (8) Luc. 1 | (4) Apoc, xx, 14. (5} Luc. 1, 79, (6) Is. v, 25. MISS. 9

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est délaissé lorsque son âme l'a quitté, dans quel délaissement ne doit pas se trouver l'âme, lorsque Dieu, son Créateur, l'a abandonnée parce qu'elle a commis un péché mortel! La mort du corps est la séparation de l'âme d'avec le corps ; la mort de l'âme est la séparation de Dieu d'avec l'âme, séparation opérée par le péché mortel, « L'esprit de notre bouche, le Christ, le Seigneur, a été pris à cause de nos Péchés ; \ et le Saint-Esprit n'habitera point là où entre l'iniquité.? » Sachez done, à pécheur, et comprenez quel mal c'est Pour vous, et combien il vous est amer d'avoir abandonné le Seigneur votre Dieu,3

Un voyage en Amérique, — Avez-vous Jamais pensé à cette expression : « partir, s'en aller ? » — De l'ouest de l'Irlande, les navires partent pour l'Amérique. Un jour, un navire stationnait sur la côte, tout prêt à partir avec des émigrants pour l'Amérique. Le moment était venu d’enfler les voiles, et cependant le vaisseau attendait, Une personne qui devait s'embarquer n'était pas encore arrivée, On aperçut bientôt une famille qui venait de la campagne vers le navire. C'étaient un père, une mère, des frères et sœurs, L'une des sœurs allait partir pour l'Amérique. A peine furent-ils arrivés au vaisseau que l'on donna le signal du départ. Le moment des adieux était done venu. I1 fallait se quitter, Si vous aviez vu comment tous, père, mère, frères et sœurs, pleuraient et sanglotaient ; si vous aviez entendu leurs cris au moment des derniers adieux, vous eussiez dit que leurs cœurs étaient brisés de douleur, Le navire voguait et s'éloignait, Les parents, les frères et sœurs voyaient un espace de plus en plus grand se mettre entre eux et leur fille, leur sœur chérie, Déjà elle était loin; mais Les cris et les gémissements de ces parents et de ces frères et sœurs désolés, dominant le bruit des vagues, parvenaient encore jusqu'au vaisseau, — Pauvre pécheur, lorsque Dieu, qui était pour vous plus qu'un père, plus qu'une mère, plus qu'un frère où une sœur, vous à quitté au moment où vous êtes tombé dans le péché mortel, avez-vous pleuré, avez-vous gémi? — Non, pécheur ; interrogez le passé ; et Vous verrez que, dans ce premier moment d'isolement terrible et affreux où vous vous êtes trouvé séparé de Dieu, aucun soupir, aucun gémissement de tristesse ne s'est échappé de votre cœur!

Le hurlement affreux. — Mon cher enfant, si vous pouviez descendre en enfer et entendre un seul instant les pleurs, les cris, les hurlements d'un damné, hurlements qu'il pousse non

qu'il sait ce que c'est que de perdre Dieu; oh! alors il ne vous

(1) Lam. 1v, 20. (2) Sag. 1, 4. (3) Jér. 11, 19.

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