PRÉTEXTES ALLÉGUÉS PAR CEUX QUI S'EXPOSENT AUX MAUVAISES OCCASIONS
Premier prétexte ou Comment meurent les ours. — Un gar- Son où une fille dira : « Oh! ne craignez pas; si je vais encore avec cette personne qui m'a fait tomber dans le péché, je ne pécherai plus. Elle n’est plus aussi méchante, elle ne me tentera plus ; elle a été à confesse, elle est tout à fait convertie. La tentation n'existe Plus, elle est morte. »
Vous dites que la tentation est morte! Mais de quelle espèce dé mort la tentation meurt-elle? Voyons un peu.
(1) Eccli. nr, 27, (2) Prov, vi, 28, (3) Eceli, XXx1t, 25,
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On dit qu’en Afrique les ours font la chasse aux singes, et que, lorsqu'ils les attrapent, ils les tuent ot les dévorent. Aussi dès qu'un singe aperçoit un ours, il prend la fuite, — Le singe a plus d'esprit que beaucoup de chrétiens qui se jettent aveuglément dans le danger du péché, au lieu de le fuir, — Mais où donc pensez-vous que le singe s’enfuie, car l'ours court aussi vite que lui? Il s'enfuit sur un arbre ; il grimpe jusqu'au sommet de l'arbre, parce qu'il sait que l'ours est trop pesant pour le suivre jusquelà. Mais alors que se passe-t-il? Lorsque l'ours est arrivé au pied de l'arbre, il regarde en haut et, voyant que le singe est hors de sa portée, il se couche tout proche de l'arbre et fait le mort. Le singe est tout content de voir son ennemi couché par terre comme un mort. Il sait qu'un ours mort ne peut pas mordre; il descend de l'arbre, il s'approche tout près des grandes dents de son epnemi qui continue à faire le mort, et le considère à son aise. Mais voici que tout à coup le mort rssuscite ; il fait un saut, saisit le singe entre ses pattes et l'étouffe. — Eh bien! soyez-en sûr, votre tentation n'est pas plus morte que cet ours. Elle est morte jusqu'à ce que vous retourniez vers elle, jusqu'à ce que vous alliez de nouveau dans cette mauvaise compagnie. Alors, n'en doutez pas, la tentation ressuscitera et vous assaillira aussi vivement que jamais, Vos yeux, vos oreilles, tous vos sens seront captivés par elle. Vos bonnes dispositions s’en iront et vous vous jetterez dans la mort du péché.
Deuxième prétexte. — Vous dites que, si la tentation est forte, vous aussi vous êtes fort contre elle, Vous n'êtes plus faiblé comme auparavant, dites-vous ; vous êtes devenu fervent chrétien, vous vous êtes confessé, vous avez reçu la sainte communion, vous avez pris une ferme résolution de ne plus consentir au péché; de sorte que Vous pouvez sans crainte vous trouver avec telle personne qui a été pour vous une occasion de réché,
Vous menez une vie trés-sainte. je le veux; mais n'avez-vous jamais entendu parler de David? Lui aussi, il vivait saintement, et cependant il tomba dans le péché par suite d’un simple coup d'œil. — Vous n’êtes sans doute pas plus saint que saint Jérôme: eh bien! voyez ce qu'il fit. Tout saint et tout docteur de l'Eglise qu'il était, il quitta le monde pour aller s’ensevelir dans les déserts de la Palestine, où il n'y avait nulle trace d'être humain, mais seulement des bêtes sauvages ; là il passait ses jours dans le jeûne, la prière et la pénitence. Vigilance, son ami, lui ayant écrit pour lui demander pourquoi il n’habitait plus la ville comme auparavant, saint Jérôme lui répondit : « Je vais vous dire pourquoi j'ai quitté le monde. C'est parce que j'ai peur : j'ai peur des occasions dangereuses du péché; j'ai peur des tentations. Je n'ose pas me fier à moi-même. Je crains que mes yeux ne soient captivés par quelque mauvais regard, par les yeux d'une femme. » — Peutêtre avez-vous entendu parler d’un autre saint homme qui, pen-
158 LIVRE V, — Lys OCCASIONS DU PÉCHÉ,
dant le temps des parsécutions, avi it eu la langue arrachée, Par un miracle, Dieu lui avait rendu la faculté de parler, Mais cet
homme ayant imprudemment admis dans sa maison une jeune le péché et
perdit de nouveau la parole,
Ne dites donc Pas que vous avez reçu la grâce des sacrements, et que par conséquent vous Pouvez sor:- crainte vous exposer à l'occasion du péché, Retenez bien ceci : la grâce des sacrements vous est donnée pour vous faire éviter les occasions dangereuses, el non pour vous sauver si vous vous €æp08e3 volontairement à ces occasions.
Troisième prétexte. — Vous dites mauvaises occasions, Dieu vous aidera e péché, Mais
Ru ne
mer; mais Dieu ne permit pas t-il? Lui envoya-t-il des ailes
pour le faire voler hors des flots? — Non, — Pourquoi? — Parce que saint Paul pouvait sortir de l'eau en faisant usage de ses mains et ses pieds,
El bien! si vous vous jetez volontairement dans une mauvaise Occasion, croyez-vous que Dieu vous enverra un secours tout particulier pour vous préserver du péché? — Non. — Et pourquoi ? — Parce que vous Pouvez vous en préserver vous-même : vous n'avez qu'à vous éloigner de cette Mauvaise occasion,
Si donc vous vous exposez volontairement à l'occasion du péché, Vous succomberez certainement; car D raires, lui qui a dit : « Celui qui aime le danger y périra.? » C'est Par conséquent une folie de dire !
occasion et je ne pécherai Pas. » Si vous voulez Vous morde pas, que fautes-vous ? Vo chien, ou bien allez-vous vous mettre sous sa dent? — Tenezdonc à distance de la tentation,
C'est mal de pécher soi-même, mais c'est plus mal encore de
porter les autres au péché, c'est-à-dire de les Scandaliser,
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(L) Eccli. ur. (2) Ibid,
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chée, Par Mais cet ane jeune péché et
rements, xposer à rements ereuses, 'ement à
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