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mouvement, il le jette à terre, A l'instant, c'est une pluie de bonnets qui tombent sur lui; car les singes, l'ayant vu tirer son: bonnet et le jeter à terre, ont suivi son exemple et ont fait la même chose. Le marchand tout consolé r'amassa ses bonnets et se remit en route pour les vendre.
Vous voyez comment les êtres mêmes qui n'ont pas d'intelligence, apprennent vite à imiter ce qu'ils voient faire aux autres. Un petit enfant entend du bruit dans l’église, il tourne la tête pour voir ce que c'est ; aussitôt tous les autres enfants suivent son exemple et tournent Ja tête également. Croyez-moi donc, mon enfant, éloignez-vous de ceux qui font mal, de peur d’apprendre à faire comme eux; Car on est plus porté à suivre les mauvais exemples que les bons. Par conséquent, que les petits enfants, et non seulement les petits enfants, mais que tous s'éloignent des mauvaises compagnies, s'ils veulent échapper à l'enfer,
Le petit garçon dans les rues. — Ecoutez le langage de saint Jean Chrysostôme : « Dites-moi quelle compagnie fréquente une personne et je vous dirai ce qu’elie est, parce qu’il est certain qu’elle ressemble à ceux qu'elle fréquente. » « Celui qui touche de
munique avec le superbe, se revêtira d'orgueil.! » — Comment ce petit garçon est-il devenu si méchant? Il était bon autrefois. Ah! il a fréquenté de mauvais Compagnons qu’il a rencontrés dans les rues. Il a dès lors commencé à jurer ; car en entendant ses mauvais amis jurer, il a eu honte de ne pas faire comme eux. Dans son idée, ne pas faire comme eux, c’eût été s'exposer à leur blâme et à leurs moqueries,
Le petit garçon en classe. -— Dans les écoles, il peut se faire que vous rencontriez de mauvais Compagnons ; et un ou deux enfants peuvent perdre toute une classe. Ve Savez-vous pas qu'un peu de levain corrompt toute une masse ?? — Un petit garçon fréquenta pendant sept ans une école où il était en contact avec de mauvais compagnons et avec des maitres qui parlaient rarement aux élèves de leurs devoirs religieux. Jusque-là bon et vertueux, il devint bientôt Mauvais ; car les mauvais entretiens, dit l’Apôtre, corrompent les bonnes mœurs.3 Pendant sept ans il n’entendit pas une seule fois la messe avec la moindre attention ; il n'ouvrit pas un bon livre pour faire une lecture édifiante. Au bout de ces sept ans, ses parents le mirent dans une bonne école. Si vous respirez un air malsain, vous devenez malade; et si vous respirez un air pur, vous reccuvrez la santé, C'est pourquoi cet enfant redevint vertueux aussitôt qu’il fut dans cette bonne maison. Plus tard, prêtre saint et savant, il travailla zvec un zèle admirable au salut des âmes. — Cet exemple prouve que, lorsque les enfants sont en mauvaise Compagnie, ils deviennent
) Eccli: xt, 1. (2) Cor. v, 6. (3) I Cor. xv, 38.
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mauvais, tandis qu’ils restent vertueux ou le deviennent lorsqu'ils fréquentent de bonnes sociétés, Un ou deux mauvais enfants ont quelquefois perdu toute une école : Un peu de levain corrompt toute la masse.
Sainte Térése, — Sainte Térèse fut d'une conduite exemplaire dès sa plus tendre enfance. Or, écoutez ce qu'elle dit du mal que lui fit une mauvaise compagne : « Je conseille, dit-elle, aux pères et aux mères de famille, de veiller à ce que leurs enfants ne forment
jamais des liaisons suspectes, Je sais par expérience le mal qui en résulte. La compagnie d'une jeune parente avec qui je liai amitié me fut très-nuisible, J'aimais à me trouver avec elle, à m'entretenir avec elle de vanités et de frivolités et à partager ses amusements, Sa conversation opéra en moi un tel changement, que toutes mes bonnes dispositions disparurent : Je trouvai bientôt que j'avais en moi toutes les mauvaises inclinations de cette parente, et je perdais la crainte de Dieu, »
Heureusement son père s'aperçut de ce qui se passait, Il mit Térèse dans un pensionnat dirige par des religieuses, et bientôt elle recouvra cette ancienne ferveur que lui avait fait perdre sa mauvaise compagne. Combien on a vu d'enfants perdre dans de mauvaises compagnies les grâces dont Dieu avait favorisé leurs jeunes années ! :
Les deux enfants. — Ce sont les mauvaises relations qui le plus souvent détournént une personne du service de Dieu; car « les mauvais entretiens corrompent les bonnes mœurs.? » Une mauvaise compagnie est une chose désastreuse pour l'enfance, mais généralement plus désastreuse encore pour la jeunesse. Ecoutez la triste histoire d’une fille qui se perdit à cause d’une mauvaise rencontre qu'elle eut le malheur de faire. C'est saint Alphonse qui rapporte ce fait, Une petite fille allait chaque jour à une école dirigée par des religieuses. Un matin, après son déjeuner, munie du petit sac dans lequel elle portait ses livres, elle ouvre la porte de sa maison et sort pour aller en classe, Elle suivait la rue du monastère, lorsqu'un méchant garçon la rencontre et lui dit : « Petite fille, où vas-tu? » — « Je vais en classe, » lui répond-elle, — « Mais, reprend le garçon, vois quel beau temps, quel beau soleil! Viens plutôt avec moi, nous irons jouer dans les champs ; nous aurons du plaisir et personne n’en Saura rien. » — « Je veux bien, dit la petite fille, » —. « Eh bien! allons, et nous jouerons ensemble. » — La voilà donc en mauvaise compagnie ! Ils s’en vont ils sortent de la ville et s'avancent dans la campagne. Ils y restent toute la matinée ; mais au bout de quelque temps, le démon vient les tenter et ils font une mauvaise action. Hélas ! ils savaient que c'était un péché mortel et qu'en le commettant ils méritaient l'enfer!
(A) I Cor, v, 8. (2) 1 Cor. xv, 38.
La matinée se passe et ils rentrent dans la ville, -— Le garçon se retire et la petite ne le revit plus jamais. Rentrée chez elle, elle ne dit point à ses parents où elle a été, ni ce qu’elle a fait, Elle se met à table et dine comme à l'ordinaire. Mais le soir, elle se trouve mal et on la met au lit. Le lendemain matin, on s'aperçoit que son état a encore empiré. Une voisine, entrant par hasard dans la maison, n’a pas plus tôt vu l'enfant qu'elle dit à sa mère : « Vite, Madame, pour l'amour de Dieu, envoyez chercher un prétre : votre enfant se meurt! » Un des ‘rères de la petite malade court en toute hâte appeler un prêtre ; mais arrivé à la demeure de celui-ci, il apprend qu'il s’est absenté pour aller bien loin visiter un eutre malade. Il en résulta qu’à l'arrivée du prêtre la pauvre petite fille était déjà morte!
La mort de la petite fille. — Maintenant écoutez les circonstances de sa mort. Déjà elle avait la pâleur de la mort sur le visage. La mort se hâtait. Environ un quart d'heure avant qu'elle rendit le dernier soupir, sa mère regardait à la fenêtre pour voir si le prêtre venait, lorsque tout à coup la petite fille pousse un cri. La mère court à son lit et la trouve se dressant tout effrayée : « Ma pauvre enfant, lui dit-elle, qu’as-tu donc? pourquoi cries-tu ainsi? » La petite lève la main et montre du doigt le coin du lit en disant : “ Regardez, ma mère, ne les VOYEZ-VOUS pas? » — « Non, dit la mère, je ne vois rien, » Alors l'enfant désigne le même endroit et s'écrie : « Là, ma mère, c'est là qu’ils sont ces hommes noirs ; ils se tiennent près de moi! » Et elle pousse un nouveau cri, — “ Ma pauvre enfant, dit la mère toute consternée, ne fais pas attention à ces hommes noirs : le prêtre va venir et il les chas- Sera. » En parlant ainsi elle fait doucement reposer la tête de sa fille sur l'oreiller, « Sois + iille, ma chère enfant, lui dit-elle, quand le prêtre sera venu tout ira bien. » Et elle va de nouveau à la fenêtre pour voir si le prêtre arrive. À peine s’estelle éloignée, qu'elle entene &e nouveau un cri épouvantable. Elle court au lit de la malade, Rien de plus effrayant qu'un pareil spectacle : l'enfant était sur son séant comme la première fois, mais elle ne regardait plus sa mère, Ses Jeux, comme deux globes de feu, étaient fixés sur un objet qu’elle observait près de son lit. La mère pose la mai1 sur le front de sa file ; elle le trouve bràlant par suite de l'ardeur de la fièvre. Cependant la petite, les Jeux toujours fixés vers le même endroit, ne bougeait ni ne parlait. Sa mère ne savait que penser ni que dire. Tout à coup la malade tourne la tête et, regardant sa mère, elle s'écrie : « Oh! ma mère, les hommes noirs sont revenus : ils sont là ;‘ils me parlent : ce sont les démons, ils disent qu'ils sont venus prendre mon âme avec eux et l'emporter en enfer! » A peine a-t-elle dit ces paroles, qu’elle r-tombe sur son oreiller. Sa mère s'approche, la considère; elle était morte et les démons avaient emporté son âme en enfer, où elle brülera pendant toute l'éternité!
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Comprenez la raison de tout cela. Dieu avait créé cette enfant pour qu'elle s’attachät à son service, et elle ne comprit pas qu'elle devait toujours le servir. Un moment arriva où le démon lui ménagea une tentation pour la détourner de son devoir, Elle se dit alors en elle-même : « Continuerai-je de servir Dieu, ou bien, consentant à la tentation, abandonnerai-je le service de Dieu? Je sais qu'il s'agit d'un péché mortel et que, si j'y consens, je mérite l'enfer, » Et alors cette enfant sciemment et volontairement consentit à la tentation. C'est pourquoi les démons se présentèrent à son lit de mort, saisirent son âme et l'emportèrent en enfer!
Pauvre petite fille! vous êtes morte sans confession, vous êtes morte sans contrition! Vous étiez effrayée lorsque les dérnons s'approchaient de vous; mais ce n’était Pas assez : vous auriez dû être triste d’avoir péché. Si d'un cœur sincère vous-aviez dit au moment de votre mort : « O mon Dieu, je suis très-fâchée de vous avoir offensé, parce que vous êtes si bon, et je ne vous offenserai plus à l'avenir; » Dieu vous aurait pardonné votre péché, quoique le prêtre ne püt pas venir entendre votre confession. Mais vous êtes morte sans coutrition, par conséquent vous brûlerez pour toujours au fond de l'enfer! Pauvre enfant, nous prierions pour vous, si par nos prières nous pouvions vous tirer de ce gouffre. Mais nos prières ne vous serviraient de rien; c'est trop tard, Vous êtes pour toujours fixée en enfer, parce que vous n'avez pas bien servi Dieu! Ah! nous pouvons presque entendre vos cris. Oui, nous vous entendons gémir et dire aux petits enfants qui vivent encore en ce monde : O vous, enfants qui êtes encore ‘ur la terre, profitez de mon malheur : éloignez-vous des mauvaises compagnies; car ce sont les mauvaises compagnies qui font abandonner le service de Dieu et qui mènent à l'enfer.
Adieu donc, pauvre petite : adieu! Nous ne vous verrons plus qu'une seule fois : ce sera au jour du jugement général! — Grand Dieu! ayez pitié de l'âme des enfants! Souvenez-vous qu'ils pèchent souvent par ignorance, et qu'ils savent à peine ce qu’ils font quaud ils vous offensent, N'oubliez pas que votre Fils Jésus est mort aussi pour les petits enfants. O mon Dieu, vous avez un cœur qui les aime, Soyez donc plein de bonté et de miséricorde pour eux et, surtout à leurs derniers moments, mettez dans leur cœur le repentir de leurs péchés et un acte de contrition sincère qui puisse sauver leur âme!
Le cri de minuit ! — Un jeune garçon fréquentait de mauvaises compagnies, Un de ses mauvais amis lui ayant appris un péché qu'il ignorzit auparavant, il contracta l'habitude de le commettre au point d'en devenir esclave, Un an ou deux s’écoulèrent sans qu’il se corrigeât, Or, voilà qu’une nuit, il s'éveille en sursaut et se mot à pousser des cris épouvantables! Ses parents courent à son lit et lui demandent pourquoi il crie de la sorte;
mais ils ne peuvent avoir de lui aucune réponse. Le voyant réduit à l'état le plus lamentable, ils lui disent de se recommander à Dieu. — Enfin il parle, et que dit-il? « Malheur, s’écrie-t-il, malheur au mauvais compagnon qui m'a appris le mal! Inutile pour moi de prier : je vois l'enfer déjà ouvert pour m'engloutir! » À peine a-t-il proféré ces paroles qu'il rend le dernier soupir ! Pauvre jeune homme!
Les ours. — Peut-être direz-vous : J'irai avec de mauvais ‘compagnons, mais je ne ferai pas comme eux, — Avez-vous jamais entendu parler du prophète Elie? Il avait perdu les cheveux, il était chauve. Un jour il se rendait à une ville appelée Béthel. Arrivé près de la ville, il fut rencontré par plusieurs petits garçons qui en sortaient. Ces enfants, voyant qu'il était chauve, se mirent à se moquer de lui et à crier : Chauve! chauve! — Dieu fut irrité de ce que ces petits garçons injuriaient ainsi son prophète, et il fit sortir deux ours de la forêt. Ceux-ci se jetèrent sur les enfants êt en tuèrent quarante-deux ! — Vraisemblablement ces quarante-deux enfants n'avaient pas'tous insulté le prophète ; cependant Dieu permit que les ours les tuassent tous. Ah! c’est qu'ils étaient tous en mauvaise compagnie. l
Il se peut que vous ne soyez pas exposé au danger des mauvaises compagnies; mais ne trouvez-vous pas une occasion de tentations dans les mauvais livres?