LES MAUVAISES ÉCOLES
Comment on ravit à Dieu les enfants des pauvres. — Un jour
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un Jeune garçon, voulant faire une partie de pêche, prit sa ligne et se dirigea vers la rivière, A l’'hameçon, mais de manière à le
(1) Is. Lvn, 14, (2) Ezéch, xx, 7.
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Un jour sa ligne ière à le
in, ouvre une large bouche et l'avale. Mais à l'instant il sent qu'il y a sous le pain un hameçon pointu qui le déchire. Pauvre poisson! il s'est aperçu trop tard, hélas! du piège qui lui était tendu, Soudain en effet le jeune garçon retire sa ligne et, avec elle, le poisson pris à l'hameçon. Ainsi périt le pauvre animal victime de son peu de défiance,
Les donneurs de soupe! sont de très-habiles pécheurs, Ils ont les âmes des enfants pauvres ; mais ils ont bien soin de cacher le piège à ceux qu'ils veu-
lent perdre. Ils ne leur montrent qu'une robe ou‘un habit, un chapeau, une paire de souliers, — Un jour une dame rencontre un petit enfant qui mendie dans les rues, Elle s'approche, et, lui faisant une mine douce et agréable : « Mon cher petit enfant, lui dit-elle, comme vous êtes pâle ! On dirait que vous avez faim! Venez me montrer votre demeure, et je vous procurerai du pain et des habits bien chauds. , — L'enfant la conduit chez sa mère. — “ Ma bonne dame, dit l'étrangère, j'ai rencontré votre petit enfant dans la rue : j'ai été bien triste de le voir si pauvre et si languissant ! » — «Ah! Madame, répond la pauvre femme en faisant une révérence, nous avons vu de meilleurs jours. Mon mari occupait une ferme; mais le propriétaire a congédié tous ses fermiers, de sorte que, n'ayant ni pain ni abri, nous sommes venus ici chercher du travail; mais mon mari n’a pas pu en trouver, » — « Vraiment! dit la dame, E', hien! je tâcherai de procurer de l'ouvrage à votre mari. Voici u j'anc : vous pourrez acheter un peu de pain pour vos enfants. — Mais qu'est-ce que
cette paille dans ce coin? » — « Ah! Madame, c'est le seul lit
que nous ayons dans la maison. Hier, ne pouvant plus supporter la vue de ces pauvres enfants qui pleuraient pour avoir à manger,
nous avons porté notre dernière couverture au mont-de-piété Pour avoir un peu de pain à leur donner. » = « Est-ce possible? reprend la dame; eh bien! je vous procurerai une paire de belles Couvertures de laine, Envoyez-moi cette petite fille dans l’après-
(1) L'auteur appelle ainsi ces protestants qui fondent et entretiennent des écoles hérétiques, et qui y attirent les enfants des catholiques Rae pour leur faire perdre la foi, en leur promettant de la nourriture, de la soupe, des Vêtements, etc.
Ce qui est dit ici des écoles protestantes s'applique en grande partieaux écoles sans Dieu, primaires ou secondaires, instituées par nos impies de France. On y attire aussi les enfants par l'appât d'avantages temporels, tels que bourses, secours des bureaux de bienfaisance, etc.
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midi, et elle aura une robe et des souliers, » — + Oh! Madame, merci, vous êtes vraiment trop bonne pour nous! » .
Pensez-vous que ces couvertures, ces robes et ces souliers seront donnés pour rien? Attendez un peu et vous verrez. — « Cette petite fille sait-elle lire? » dit la dame, — « Non, répond la mère. Nous n'avons pas pu la mettre à l'école ; car nous étions forcés de l'envoyer mendier son pain. » — « Eh bien! je me chargerai de l'instruction de votre fille. Nous avonsune belle école dans le voisinage, votre petite ira à cette école : elle n'aura rien à payer, elle aura chaque jour son déjeuner pour rien; en outre, lorsqu'elle sera bien instruite, nous lui procurerons un état lucratif. » =
Mes enfants, vous ne savez peut-être pas que l’école dont parlait cette dame s'appelle l'école des déguenillés. Ce que la dame voulait dire en parlant de la bonne instruction de la petite fille et d’un bon état à lui procurer, vous le saurez bientôt.
Ce qui se passe dans ces écoles. — La porte de l’école s'ouvre. Un monsieur à l'aspect grave et solennel y entre. Il a un habit noir et luisant ; il porte au cou une cravate blanche comme la neige ; il n'est ni maigre ni pâle. Qui est-ce? C'est un liseur de Bible. I] monte sur un siége. « Mes enfants, dit-il, je suis venu vous prêcher la parole de Dieu; les catholiques n’entendent jamais la parole de Dieu. » « (Voilà un mensonge, murmure tout bas une petite fille catholique : j'ai entendu la parole de Dieu tous les dimanches à Saint-André). » — « Mes enfants, continue le liseur de Bible, les catholiques sont des idolâtres qui adorent du bois et des pierres. » « (Encore un mensonge, dit la petite catholique, je n'ai jamais vu un catholique adorer du bois ou des pierres). » — « Mes enfants, ajoute le Monsieur, le Pape est la bête de l'Apocalypse. » « (Un nouveau mensonge, dit la même enfant : j'ai vu un portrait du Pape; il avait la figure d'un homme et non d’une bête). » — En ce moment le Monsieur s'arrête et tire de sa poche un mouchoir blanc, « {Il va pleurer, se dit la petite catholique). » — Il se mouche et remet son mouchoir dans sa poche. « Mes enfants, reprend-il, je vais vous parler d’une chose qui doit être chère à vos cœurs ; écoutez donc bien. Vous aimez tous vos mères, n'est-ce pas? » — « Oui, Monsieur, disent les enfants, nous aimons nos mères. » — « C’est bien, continue le liseur de Bible, c'est le commandement de Dieu : Honore ton père et ta mére. Maintenant je vais vous parler non de vos propres mères, mais de la mère du Christ. » — Alors il éclaire les intelligences des enfants, en leur parlant pendant un quart d'heure contre la Mère de Notre-Seigneur Jésus- Christ, au sujet de laquelle l'Evangile ditque toutes les générations l'appelleront bienheureuse. La petite fille catholique pâlit et tâche de ne pas entendre le blasphémateur; c’est pourquoi tandis qu'il débite ses blasphèmes, elle dit son chapelet sûr ses doigts.
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Le liseur de Bible est parti. Quatre filles de seize ans environ, ayant chacune une belle robe, un chapeau, un châlé, sont emmenées hors de la classe; les enfants les regardent avec admiration. Quand elles sont sorties, la maitresse parle aux enfants : « Mes enfants, dit-elle, je dois vous parler de ces quatre demoiselles qui viennent de sortir de la classe, C'étaient autrefois de petites papistes sales, déguenillées, n'ayant pas un morceau de pain à manger, Un de nos agents les trouve un jour dans la ruefet les amène ici, Dès qu'elles sont entrées dans l'école, nous leur donnons de la soupe et de la viande, Après qu'elles ont mangé tout leur content, nous voulons leur faire dire que le Pape est l'Antechrist, Elles baissent la tête et gardent Je silence, Nous les pressons de parler; enfin elles s'expriment ainsi : « Nous n'aimons pas à déclarer que le Papeest l'Antechrist, parce que nous ne le croyons pas : nous ferions un mensonge si nous déclarions que le Pape est l'Antechrist, » — Alors un de nos agents leur dit : « Vous êtes de petites ingrates, Nous vous avons trouvées dans la rue lorsque vous mouriez de faim, nous vous avons amenées dans cette belle école, nous vous avons donné à manger à satiété; et maintenant vous ne voulez pas déclarer que le Pape est l’Antechrist! » Nous n’en dimes pas davantage; mais lorsque le liseur de Bible vint à l'école, on eut soin de les mettre toujours près de lui. D'abord elles parurent très-choquées de l'entendre parler contre la Vierge Marie; mais après l'avoir souvent entendu, elles commencèrent à s'y habituer, Nous ne les laissâmes jamais aller à une église catholique, de sorte qu'au bout de quelque temps elles s'enhardirent à parler contre la Vierge Marie avec les autres enfants. Voyant qu'elles se plaisaient à parler contre la Vierge et à manger de la viande le vendredi, nous leurs dimes : « Maintenant vous êtes de bonnes élèves, et nous allons procurer à chacune de vous un état avantageux, »
“ Deux &: ces filles sont en apprentissages chez une couturière, et les deux autres sont également bien placées. Les maîtresses de ces demoiselles ont soin de veiller à ce qu’elles n'aillent jamais à une église catholique et à ce qu'elles ne parlent à aucun catholique; en outre, leurs parents demeurent loin d'elles, de sorte que je suis heureuse de vous dire qu'il n'y a aucun danger que ces filles redeviennent papistes. Mais il est une remarque que nous avons faite, et je ne saurais vous en faire part sans tristesse : dès que ces enfants prosélytes sont devenues de bonnes protestantes, dès qu'elles se mettent à manger de la viande le vendredi et à parler contre la Vierge Marie, nous constatons qu'elles sont beaucoup plus méchantes qu'auparavant, Nous avons cherché quelle en pouvait être la raison, il nous a été impossible de la trouver, » — Alors une petite fille toute candide, ayant une Bible ouverte devant elle, se lève et dit :
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“ Permettez, Madame; je pense avoir trouvé un texte à ce sujet dans la Bible, c'est le 14° verset du 23e chapitre de saint Matthieu : « Malheur à vous, hypocrites qui parcourez la terre el la mer pour trouver un prosélyte! Et lorsque vous l'avez trouvé, vous faites de lui un enfant de l'enfer !1 »
Autre chose, — Un jour, un Monsieur alla visiter une école de donneurs de soupe. L'école était vaste, propre, bien aérée, Les petits garçons apprenaient leur leçon. Le Monsieur avait parcouru la classe, il allait sortir, lorsqu'il remarqua un enfant debout sur une chaise, ayant les mains liées derrière le dos, 11 demanda au maître quelle faute cet enfant avait commise pour mériter une telle punition, « Oh! Monsieur, lui dit le maitre, c'est un garçon que nous avons acheté; nous avons donné pour lui une paire de draps. Nous sommes convenus avec sa mère qu'elle aurait les draps et que nous aurions son fils pour faire de lui un protestant. » — « Quoi! fit alors le visiteur, c'est là votre manière de faire des protestants? Vous liez à un enfant les mains derrière le dos avec une corde de deux sous, et alors le voilà protestant? » — « Oh! non, Monsieur, pas tout à fait comme cela, quoique ce soit souvent une bonne manière; mais je vais vous dire ce qui est arrivé. Ce garçon était dans une école catholique tenue par des maitres appelés Fréres chrétiens. Dans cette école, on apprend aux enfants à faire le signe de la croix quand l'heure sonne. Le nouvel élève apporta ici la mauvaise habitude de faire le signe de la croix. Il était en classe à peine depuis un instant quand l'heure étant venue à sonner, je le vis, chose horrible ! je le vis lever la main et faire le signe de la croix. Je courus à lui et lui dis : « Petit vilain papiste, nous ne voulons rien avoir ici de ton idolâtrie; si je te vois encore faire le signe de la croix, je te lierai les mains et alors tu seras bien dans l'impossibilité de recommencer. » Lorsque l'heure fut sur le point de sonner, je surveillai l'enfant; le croiriez-vous, Monsieur? au premier coup de l'horloge, sa main se leva et traça de nouveau le signe de la croix. J'allai à lui, je le mis debout sur cette chaise et lui liai, comme vous voyez, les mains derrière le dos. Et maintenant, Monsieur, si vous voulez rire un peu, attendez que l'heure sonne ; vous verrez l'enfant s'efforcer en vain de mettre ses mains en liberté pour faire le signe de la croix. » — Le visiteur tira un coup de chapeau et partit.
Comment plusieurs enfants échapperent aux écoles des donneurs de soupe. — Un fait vraiment edmirable s'est passé il y a quelque temps dans une des villes centrales de l'Irlande, Un jour les donneurs de soupe firent un marché avec une femme pauvre. Ils convinrent qu'ils lui donneraient des draps de lit et qu’elle, de son côté, enverrait à leur école sa petite fille, appelée
(1) Matth. xxurr, 14.
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Brigitte. Brigitte était une excellente enfant ; elle allait à l'école des Sœurs de la Merci, Un soir que, revenue de l'école, l'enfant chantait un des cantiques que les bonnes religieuses lui avaient appris, sa mère lui adresse la parole, « Brigitte, lui dit-elle, les donneurs de soupe sont venus ici aujourd'hui, » — « Qu'ont-ils dit, ma mère? demande Brigitte, » — , Ils ont dit que, si je voulais t'envoyer à leur école, ils me donneraient de bonnes couvertures de laine, » — « Je suis bien sûre que vous les avez envoyés promener, » — « Pas du tout, mon enfant; nous sommes tréspauvres : j'ai prom : que je t'y enverrais, » — « Quoi! s'écrie Brigitte en entendant ces paroles, vous voulez réellement que j'aille à l'école des donneurs de soupe et que pour un peu de linge je devienne protestante? Les Sœurs m'ont dit que Jésus- Christ a racheté mon âme au prix de son précieux sang, et vous laisserez ces protestants l'acheter pour une paire do couvertures? » — « N'importe, dit la mère; il faut te préparer à aller à l'école des donneurs de soupe demain à dix heures. » — L'enfant devient pâle comme la mort. Elle tombe à genoux, lève ses petites mains et ses Jeux vers le ciel et fait cette prière : “ O Marie, ma bonne sainte Vierge, les Sœurs m'ont toujours dit que vous êtes ma tendre mère et que vous m'aimez; donc pour l'amour de l'Enfant-Jésus, ne permettez pas que j'aille à l'école des donneurs de soupe et que je devienne protestante, Faites-moi mourir plutôt que de me laisser devenir protestante! » — La mère envoie son enfant au lit. Le lendemain matin, elle va l'appeler, et lui dire de ge Préparer à aller à l'école des donneurs de soupe; pas de réponse, Elle l'appelle à voix plus haute : « Brigitte, s'écrie-t-elle, lève-toi, > Pas encore de réponse, La mère alors s'approche du lit; elle regarde; elle trouve la petite fille morte dans son lit, Elle avait les mains croisées sur la poitrine; vous eüssiez cru voir un ange. La trèssainte Vierge avait exaucé sa prière et son âme innocente était allée au ciel.
Un petit garçon suivait un chemin isolé ; un Monsieur vient à sa l'encontre : « De quelle religion es-tu, mon garçon ? » lui dit-il. — «Je suis catholique, répond l'enfant, » — Le Monsieur tire alors un franc de sa poche et lui dit : « Vois, mon garçon; tu pourras acheter beaucoup de bonbons avec cet argent. Je te le. donne si tu veux aller à l’école des donneurs de soupe et devenir protestant, » — « Eh quoi! Monsieur, réplique l'enfant, ne serait-ce pas une chose indigne à moi de vendre ma religion pour un franc? » — Le Monsieur tire alors de sa poche un louis et lui dit : « Si tu veux te faire protestant, je te donne ce louis de vingt francs. » — « Monsieur, reprend le petit garçon, j'ai une question à vous faire. Jésus-Christ a-t-il offert aux hommes de l'argent pour les faire changer de religion? »
Qu'est-ce que veulent les donneurs de soupe ? — Chers petits
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enfants, vous êtes pauvres, vous souffrez de la faim; les douneurs de soupe viennent vous inviter à aller à leurs écoles, en vous promettant du pain. Mais ils ne vous disent pas qu’au prix
‘de ce pain, ils veulent vous faire abandonner la foi de vos pères,
la foi catholique. Ils veulent vous attirer dans leurs écoles pour vous faire devenir protestants.
Maintenant, mon enfant, écoutez pourquoi ils veulent vous faire protestant; je vais vous dire la vérité. Les donneurs de soupe ont iu dans leur Bible que le démon était jaloux de nos premiers parents, parce qu’il les voyait vivre. heureux dans le paradis terrestre, en honorant Dieu par la pratique de la vraie religion, Ils y ont lu comment le démon tenta nos premiers parents d'abandonner la vraie religion en leur présentant une pomme à manger. Eh bien! ces donneurs de soupe ont pensé qu'ils feraient bien d’imiter le démon ; c’est pourquoi ils tentent les enfants d'abandonner la vraie religion en leur offrant de la soupe.
Petits enfants, que ferez-vous ? — Voulez-vous vendre votre sainte foi pour un peu de ;soupe, pour un peu de charbon? Perdrez-vous vos âmes pour un morceau de pain? « Que servira-t-il à l’homme de gagner le monde entier, s'il perd son âme? » Avant donc d'aller à une école, tâchez de savoir si elle est bonne ou non. N'allez pas dans une école où vous entendriez blasphémer contre la Mère de Dieu et calomnier votre religion. Si quelqu'un vous tente d'abandonner la foi catholique, ayez en horreur ses propositions ; fuyez bien vite en disant : « Jésus et Marie, à mon secours. »
Chers enfants, vos ancêtres, dont les cendres reposent dans les cimetières de votre patrie se seraient coupé la main droite plutôt que de la faire servir à recevoir le pain d’un donneur de soupe en échange de leur foi, marchez vaillamment sur leurs traces.
Il y avait un homme pauvre et malade appelé Lazare, Assis à la porte d’un magnifique palais, il mendiait les miettes qui tombaient de la table du riche qui l’habitait, et personne ne voulait les lui donner. Mais les chiens venaient lécher ses plaies. Le pauvre Lazare mourut et, à sa mort, les anges du ciel vinrent chercher son âme et la portèrent dans le lieu du repos, dans le sein d'Abraham.? — Petit enfant, peut-être êtes-vous pauvre et malade, n’acceptez pas néanmoins le pain des donneurs de soupe ; que si vous mourez de faim, les anges viendront aussi chercher votre âme pour la porter au ciel !
(1) Matth. xvi, 26. (2) Luc, xvr.
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