‹ Le missionnaire des enfants [microforme]Chapitre 94 sur 228 · LES LIEUX DANGEREUX · texte numérisé non relu

LES LIEUX DANGEREUX

Une jeune fille au cabaret. — Vous avez sans doute appris, mon enfant, ce qui est arrivé à une jeune fille qui était allée dans un cabaret avec un jeune homme, Celui-ci, dans sa malice,

. l'excita tellement à boire qu'elle s'enivra et perdit la raison.

Alors plus rien ne retint le libertin. Lorsque la fille reprit ses sens, elle quitta le cabaret: mais il était trop tard, elle avait perdu son hc"eur. Un violent désespoir la saisit; elle alla se Jeter dans ur : : vière et s'y noya,

Ce lui semblait bien peu de chose que d'entrer pour un moment dans un cabaret. Elle était sans défiance en s'y attablant avec ce jeune homme; celui-ci au contraire ne cherchait qu’à la perdre. Quelques heures rapides s'étaient à peine écoulées, qu'un grand changement s'était opéré en elle : elle avait perdu à la fois son honneur et la grâce de Dieu, son cadavre gisait au fond d’une eau boueuse et froide et son âme brûlait en enfer. — Jeune fille, soyez donc sage, ayez un peu d'intelligence et apprenez. à être prudente avant qu’il soit trop tard. Tenez-vous loin, le plus loin possible du cabaret. Si un homme ou un jeune homme vous invite à aller avec lui dans un lieu semblable et que Vous soyez assez folle pour consentir à y entrer, du moins arrêtezvous un instant avant d'en franchir le seuil ; rappelez-vous cette malheureuse fille dont le cabaret a entrainé la perte. Dites-vous à vous-même : Peut-être que si j'y entre, pareil malheur m'’arrivera. » n'y à qu'un pas entre moi et la mort.1

Que dire de ceux qui portent de petits enfants au cabaret ?

Le petit enfant qui pleure. — I] se pratique une chose horrible en certains endroits, Le croirait-on ? On a vu des mères verser du rhum dans le thé qu'elles donnent à leurs enfants. N'est-ce pas leur donner du poison ? Voyez cette femme qui vient d'entrer chez un débitant de boissons pour y boire du genièvre ou de l'eau-de-vie. Elle a un petit enfant au bras. Le pauvre petit pleure de froid et de faim. Cette femme veut l'apaiser, que fait-elle? Elle verse du genièvre ou de l'eau-de-vie dans la bouche de la pauvre petite créature.

Pour vous, jeunes gens qui travaillez et gagnez un salaire, éloignez-vous du cabaret et des maisons où l'on donne à boire de

(1) 1 Rois, xx, 3.

l'eau-de-vie, de la bière, du genièvre, de l'alcool, Ne savez-vous

pas que la mort est dans ce vase?1 Oh! n'allez pas dans la voie.

de la perdition.?

Le cabaret est le chemin qui conduit à un autre lieu, lieu que le démon appela un jour sa propre maison.

Le théâtre. — La maison du diable. — Au rapport de saint Augustin, une dame qui était au théâtre se trouva tout à coup possédée du démon. On adjura Satan au nom de Jésus-Christ de dire pourquoi il était entré dans cette personne, quoiqu'elle fût chrétienne. « Le théâtre est ma maison, répondit-il ; puisqu'elle y est entrée de son plein gré, j'ai le droit d’habiter en elle. » — Le démon érige des théâtres à bon marché pour la commodité de ceux qui ne peuvent pas dépenser beaucoup d'argent. Il en a à vingt centimes, à dix centimes.

Il ÿ a en outre beaucoup de lieux d’amusements semblables aux théâtres, souvent beaucoup plus mauvais, qui portent d’autres noms. Dans ces sortes d'établissements, il se passe des choses abominables qui sont un scandale pour tous les chrétiens. Ainsi dans un de ces bouges infâmes, au sein d'une grande ville d'Angleterre, on donnait aux jeunes personnes une espèce de gaz à respirer. Quand elles s'étaient soumises à cette opération, une sorte d'ivresse s'emparait d'elles et dans cet état, sans le savoir, elles disaient et faisaient les choses les plus honteuses en présence de tout le monde! . Je jetterai sur vous, dit le Seigneur, vos abominations et je vous couvrirai d'infamies » — Ne vous approchez donc pas de ces lieux abominables; fuyez à l'aspect même des rues où ils se trouvent ; soyez sûr que vous troûverez l’écume des mauvaises compagnies près des portes de ces lieux de débauche. « N'allez pas dans la voie de la perdition.4 » Encore une fois, éloignez-vous des théâtres, des casinos, des cirques, etc. Fuyez à leur aspect et ne passez point prés d'euc.s

Les bals, — La danseuse. — Le roi Hérode donna un grand festin le jour de sa fête. A la fin du repas, une jeune fille entra dans la salle du festin et dansa devant les convives, Tous furent charmés de ses grâces, C'est pourquoi Hérode dit à la jeune danseuse : « Demande-moi tout ce que tu veux, je te le donnerai. » « Ce que je demande, répondit la danseuse, c'est la tête de Jean-Baptiste, Je veux qu'on me l’apporte sur un plat, » — Hérode envoya couper la tête de saint Jean-Baptiste, et la lui fit apporter sur un slat! Voyez-vous la danseuse? elle ne recule pas devant un meurtre! « Ne fréquentes donc pas la danseuse, ne prêtes pas l'oreille à sa parole, de Peur que vous ne périssies.6 » Connaissez-vous un jeune homme ou une jeune fille qui

(1) IV Reg. 1v, 40. (2) Eccli. xxxrr, 25. (3) Nahum. 11, 6, (4) Eccli, xxxrr, 25. (5) Prov. 1v, 15, (6) Eccli. 1x, 4.

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Ecoutez ce qui arriva dans une salle de danse.

Le crâne brisé. — On donnait une mission aux enfants d’une grande ville d'Angleterre. Le missionnaire occupait chez le curé de la paroisse une chambre qui avait vue sur le cimetière. Un jour la porte du cimetière s'ouvre et une foule de personnes y entrent. Tous les yeux semblent fixés sur un objet noir qui s'avance porté par plusieurs personnes. Qu'est-ce que cela peut être ? La distance était encore grande et il était difficile de distinguer la nature de l’objet. La foule s'avance lentement : elle s’approche de plus en plus jusqu'à ce qu’enfin on peut voir distinctement ce qui attire les regards : c'est un cercueil couvert d'un drap mortuaire. Mais Pourquoi tant de monde ? Pourquoi tous les yeux tournés vers ce cercueil ? — Le fossoyeur, c'est-àdire celui qui creuse les fosses, vient à passer en ce moment. Le missionnaire l'appelle et lui demande quelles sont ces funérailles qui ont attiré tant de monde. — « Je vais vous le dire, mon Père, dit le fossoyeur, Nous allons enterrer un jeune homme qui est mort il y a deux ou trois jours. Il assistait à un bal. Malheureusement, dans la salle de danse, il se prit de querelle avec un camarade. D'abord ce n'étaient que des mots, ensuite vinrent les coups. L'un des deux saisit un tisonnier et en frappa son adversaire si violemment à la tête que celui-ci en eut le crâne brisé ; il tomba sans connaissance et peu d'instants après il expira! » — Pauvre jeune homme! Mourir dans une salle de danse! Mourir par suite d’une rixe dans un bal! Quelle préparation à la mort! Son âme passa directement de cette salle de danse au tribunal de Jésus-Christ!

Petit enfant, si vous voulez faire une bonne mort, n'aimez pas la danse. — Le jeune homme une fois enterré, le peuple se retira le visage triste, le cœur serré ; et certainement beaucoup de jeunes gens promirent à Dieu en ce jour de ne jamais plus mettre le pied dans une salle de danse.

Enfants élevés dans les collèges, ou dans des pensionnats tenus par des religieuses. — I] ÿ a des jeunes gens et des jeunes filles qui ont reçu leur éducation dans des pensionnats chrétiens. Ce que je viens de dire des bals ne s'applique pas à eux : les gens bien élevés ne vont pas dans les salles de danse, Les cafés dansants ne sont guère fréquentés que par ceux qui se livrent au travail des mains et qui gagnent leur pain à la sueur de leur front. À ceux qui sont nés de parents riches et qu'on voudrait entrainer dans ces cafés, je ne dirai qu’un mot : « Mes enfants, leur dirai-je, lorsqu'on vous a enseigné vos devoirs envers Dieu, ne Vous a-t-on pas parlé d'une vertu appelée /« modestie chrétienne? — Or, je vous le demande, avez-vous jamais vu une danse où l'on gardait la modestie chrétienne? Vous ne sauriez

vous faire illusion sur ce point. Les choses parlent d'elles-mémes. La rougeur qui vous a monté au front, la première fois que vous avez été présents à ces danses et la voix de votre conscience vous ont suffisamment avertis que ces divertissements ne se concilient point avec la modestie chrétienne. « N'allez donc pas dans la voie de la perdition.\ »

La fête nocturne. — Un prêtre de Londres fut appelé au milieu de la nuit auprès d'une personne mourante, Sur son chemin il rencontra une petite fille de sept ans environ qui pleurait. «“ Qu'avez-vous, dit le prêtre à la pauvre enfant ? pourquoi pleurez-VOus ? » — L'enfant leva la main et indiqua une fenêtre où il y avait de la lumière, en disant : « Ils font fête dans cette maison de la mort, et ils m'ont mise à la porte! » — Jésus-Christ se rendit un jour à la maison de Jaire pour ressusciter sa fille qui venait de mourir à l'âge de douze ans. Il y avait fête lugubre autour du cadavre. Notre-Seigneur ne voulut point entrer dans la maison, tant que ceux qui prenaient part à la fête ne furent pas sortis.? — Gardez un deuil convenable, dit l'Ecclésiastique.3 N'est-ce pas un scandale qu'au moment où l’âme d’une personne vient de quitter son corps pour comparaître au tribunal de Jésus-Christ, ses amis boivent et dansent autour de son cadavre, et s’y livrent à des scènes burlesques et à des actes indignes et déshonorants?

Courses, luttes et amusements du dimanche. — Les endroits où il y a des courses. des luttes ou joûtes et choses semblables, fourmillent généralement de mauvaises compagnies, et ne conviennent point à des chrétiens qui ont la crainte de Dieu et qui veulent se mettre à l'abri de la tentation. N'allez pas dans la voie de la perdition.4 :

Ce n’est pas un péché sans doute de prendre part à un jeu innocent, qui ne vous détourne pas de vos devoirs. Mais je fais une question à ceux qui ont quelque expérience en cette matière. N'est-il pas vrai que ceux qui passent leurs dimanches dans les

jeux, surtout dans les jeux de hasard, dans les salles de danse ou de concerts; etc., sont généralement d'une réputation douteuse ? Parmi les jeunes gens qui vont régulièrement à la messe et qui fréquentent les sacrements, y en a-t-il un seul qui soit ce qu’on appelle un joueur du dimanche? Ceux qui se livrènt à ces amusements en sont bientôt tellement épris qu'ils ne trouvent plus le temps d’aller à la messe, Ils y dépensent l'argent qui devrait servir à procurer du pain et des vêtements à leurs petits frères et à leurs petites sœurs. ne

Les petits garçons et les petites filles ne doivent pas jouer ensemble, surtout à des jeux plus ou moins dangereux povr la modestie, N’allez pas dans la voie de la perditions

e (1) Eceli, xxxur, 25. (2) Matth. 1x. (3) Eccli. xxxvur, 18. (4) Eccii, xxxu, 25. (5) Ibid.

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Endroits solitaires. — Marchés et foires, — Commissions. — Ecoles mixtes. — Visites, — « Et voila que se présente une femme parée comme une courtisane, prête à ravir des âmes, Causeusé, vagabonde, inquiète, ne pouvant dans sa maison se tenir sur ses pieds, se tenant tantôt dehors, tantôt dans les places publiques, tantôt aux coins des rues, tendant partout ses pièges.\ Les jeunés filles doivent éviter de se tenir dans des endroits solitaires, et surtout de se trouver tout à fait seules en certains endroits tels que chemins isolés. champs, bois, plages et rochers. Levez-vous, sortez de ce lieu.? Si elles sortent la nuit ou dans l'obscurité à l'insu de leurs parents, qu’elles craignent de rencontrer ce démon qui circule dans les ténébres.3 — Si elles sont dans la nécessité d'aller à des marchés, à des foires, à des fêtes patronales, elles doivent s'attendre à rencontrer en ces circonstances beaucoup de sujets de dissipation et de tentations, tels que mauvais amis, cabarets, guinguettes, bals. Elles auront soin surtout, si elles sortent de leur village, de ne pas y rentrer tard, de crainte d’être surprises par la nuit et de tomber en de mauvaises mains. — Prenez garde aux mauvaises gravures exposées aux fenêtres des boutiques ou ailleurs. — On recommande aux filles de s’écarter du chemin lorsqu'elles ont à passer à côté de gens qui ne paraissent pas «avoir la crainte de Dieu, ni la tenue qui convient à des chrétiens.

Surveillez de pres votre fille, dit l'Esprit-Suint.4 Les parents doivent être très-prudents quand il s’agit d'envoyer leurs filles seules en commission. L'expérience a prouvé qu'elles sont quelquefois envoyées chez des personnes qui leur font un mal considérable, En pareil cas, les enfants ont généralement peur d’avertir leurs parents. Un étranger vous renversera, dit l'Ecclésiastique.Ÿ — On recommande aussi aux parents de ne pasenvoyer leurs enfants à des écoles où les garçons et les filles sont réunis ensémble, là du moins où le curé a pu organiser des écoles séparées, Saint Alphonse recommande en outre aux parents de ne pas envoyer leurs filles à des écoles dirigées par un maître, du moins lo’squ’il existe une école tenue par une maitresse. Là ou ils ne peuvent pas faire autrement, ils sont obligés de veiller sur leurs filles avec d'autant plus de sollicitude. On doit comprendre qu’en maintes occasions il serait inconvenant et dangereux de laisser des jeunes filles seules lorsqu'il s’agit de faire ou de recevoir certaines visites. Par exemple, le bon sens et l'usage du monde disent assez qu'il convient que quelqu'un soit avec elles lorsqu’elles ont à consulter les médecins ou les chirurgiens, ete, ou à recevoir leur visite,

(1) Prov. vu, 10-11-12, (2) Gen. x1x, 14. (3) Ps, xc, 6. (4) Eccli. xxvr, 13. (6) Hccli, zr, 9-6,

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